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Co-récipiendaire du Mérite du Barreau de Montréal 2001

Me Michel A. Pinsonnault: un bâtisseur

Julie Latour, avocate
À l'occasion de la Journée du Barreau qui se tenait le 6 septembre dernier, marquant la rentrée judiciaire, Me Michel A. Pinsonnault se voyait décerner le Mérite du Barreau de Montréal. Cette distinction vise à souligner la contribution exceptionnelle d'un membre du Barreau de Montréal à son ordre professionnel et à ses activités. Dans le cas de Michel A. Pinsonnault, outre ses états de service hors du commun - il a siégé au Conseil pendant neuf ans ­ c'est principalement pour signaler son implication soutenue dans le dossier des bibliothèques que le Conseil a choisi de lui conférer cet honneur.

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Admis au Barreau en 1975, Me Pinsonnault est l'un des associés fondateurs du cabinet Pinsonnault Torralbo Hudon. Il œuvre principalement dans les domaines du droit bancaire et de l'insolvabilité. Et, en parallèle, il est le principal bâtisseur de la société autonome unifiée pour la diffusion de l'information juridique qui vient de voir le jour, au terme de dix ans d'efforts.

En effet, le Journal du Barreau a fait grandement état, au cours des récentes semaines, de la création du Centre d'accès à l'information juridique. Ce nouveau centre est le lointain successeur du Réseau des bibliothèques de droit, fondé en avril 1981 par Me Philippe Casgrain, qui visait à permettre à tous les avocats du Québec de bénéficier des bibliothèques de droit solidement implantées dont Montréal et Québec étaient dotées. Me Casgrain a d'ailleurs reçu conjointement le Mérite du Barreau de Montréal 2001 pour son rôle d'instigateur historique dans ce dossier.

Rencontre fortuite avec une cause à défendre!

Malgré sa nature scientifique et son intérêt marqué pour les technologies de l'information, il est fort étonnant d'apprendre que c'est par le plus pur des hasards que Michel A. Pinsonnault s'est retrouvé porte-étendard de la cause des bibliothèques!

« Ce n'est qu'au terme de 13 ans de pratique que je me suis impliqué au Barreau, relate Me Pinsonnault. J'ai fait le saut à l'instigation de Me Rolland Boudreau, alors bâtonnier de Montréal, qui fut mon mentor lorsque j'ai effectué mon stage au CN. Après un premier mandat comme conseiller, de 1988 à 1990, je suis ensuite devenu trésorier, sous le bâtonnat de feu Arclen Blakely. Nous sommes en 1990, alors que toute la question du financement du réseau des bibliothèques refait surface. »

Alors que son second mandat au Conseil tire à sa fin, il se rend spontanément, par un bel après-midi d'avril, saluer Me Maurice Boileau, directeur général du Barreau de Montréal. « Du simple fait de ma présence fortuite, j'ai été enrôlé sur le champs par le bâtonnier pour assister dès le lendemain - un samedi - en compagnie de Me Boileau, à une rencontre sur le réseau des bibliothèques », se remémore-t-il avec amusement. Cette première réunion ne sera que la première d'une longue chaîne, étalée sur près de 11 ans, car il deviendra du même coup l'expert désigné du dossier des bibliothèques. Il sera par la suite successivement administrateur et président du Réseau de l'information juridique du Québec, jusqu'à sa démission alors qu'il était premier conseiller du Barreau de Montréal, en 1999-2000. Il devint ensuite bâtonnier en 2000-2001, et donc porte-parole de la section de Montréal dans ce dossier.

Les tribulations et volte-face sur le plan politique, qui ont caractérisé ce dossier au cours de la dernière décennie, sont trop nombreuses pour en faire état.

En 1999, on observe que le Réseau connaît d'importants problèmes au niveau de sa gestion et de son administration. Dès lors, on constate qu'il faut non seulement le réorganiser mais en changer la vocation. Me Pinsonnault reçoit donc le mandat de mettre en place une structure unifiée pour l'ensemble des bibliothèques du Québec, et ce, en une année seulement, soit l'exercice 1999-2000. Il accepte d'emblée, malgré le court délai qui lui est alloué. « Mon intérêt pour cette proposition a certainement émané du fait que je me spécialise en redressement d'entreprises », déclare-t-il.

Sa connaissance du dossier des bibliothèques lui a permis d'y imprimer sa vision. « Je suis devenu de plus en plus convaincu qu'il fallait agir en commun. Il n'y a plus aucun sens à perpétuer le régionalisme en matière d'information juridique, qui n'est plus adapté aux besoins modernes », soutient Me Pinsonnault. Il rappelle d'ailleurs que c'est cette volonté de partage des ressources qui a permis la création, en 1828, de la Société de la bibliothèque, le premier regroupement d'avocats au Bas-Canada.

Principaux buts du nouveau centre d'accès

Dans cette foulée, Me Michel A. Pinsonnault est d'avis que le Barreau du Québec et toutes les sections ont encore, collectivement, un important rôle à jouer au niveau de l'accessibilité à l'information juridique.

Plus précisément, l'individualisme en matière d'information juridique lui apparaît à la fois coûteux et dépassé. « La vision toujours dominante qu'il faut être propriétaire de l'information juridique m'apparaît révolue. Nous en sommes maintenant à l'ère de l'accès à l'information. Il est donc important de se doter d'outils pour promouvoir l'accessibilité. Même les grands cabinets vont y trouver un avantage majeur », affirme Me Pinsonnault.

Dans ce même ordre d'idées, il ajoute que la plus- value de l'information juridique découle de l'esprit d'analyse de l'avocat et non de l'information de base proprement dite.

Me Pinsonnault, qui est l'actuel président du Centre d'accès à l'information juridique, énonce les trois objectifs principaux de la nouvelle entité: organiser et rationaliser l'ensemble des 37 bibliothèques existantes au Québec, soit 35 en région plus celles de Montréal et de Québec; mettre l'accent sur l'accessibilité à l'information juridique par voie de l'Internet; et effectuer la recherche juridique par le biais de spécialistes.

Me Michel A. Pinsonnault explique que le troisième volet permettra d'accroître les recherches à la carte qui sont déjà offertes à la bibliothèque du Barreau de Montréal. La Colombie-Britannique connaîtrait déjà un vif succès avec un système similaire.

Un homme passionné et rassembleur

« Michel A. Pinsonnault, c'est la ténacité d'un homme passionné, doté d'un sens du devoir et de l'engagement hors du commun », de dire Me Maurice Boileau.

Pour sa part, Isabelle Pilon, directrice de la bibliothèque du Barreau de Montréal, qui a travaillé étroitement avec Me Pinsonnault au cours des dernières années, a observé sa force de travail et sa rigueur. « C'est lui qui a amené tous les intervenants ensemble: il est le grand rassembleur. » *

 

 
 

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