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Plumitif, dis-moi d'où tu viens?

Isabelle Huard*

En 1694, la première édition du dictionnaire de l'Académie française fait déjà mention du terme plumitif comme étant le « papier original et primitif sur lequel on écrit les minutes des arrêts, des sentences et des délibérations d'une compagnie ». À cette époque, on « écrit sur le plumitif » ou on « fait apporter le plumitif ».

Le nom de plumitif est en réalité une altération de plumetis (d'après primitif signifiant « original ») et est un dérivé de plumeter qui veut dire « prendre des notes, écrire, noter ». Le terme provient de pluma, c'est-à-dire de « plume ».

De nos jours, ce registre informatisé, sur lequel sont consignés tous les détails pertinents entourant une affaire, fait partie du quotidien de tout juriste qui se respecte.

Le plumitif, parce qu'il indique les sommaires des arrêts et des sentences d'une audience, se distingue de la minute, habituellement signée par le président et le greffier et qui contient le texte complet des jugements.

À une époque où les greffiers « tenaient la plume » à l'audience, le plumitif était le registre sur lequel ils portaient toutes les informations propres à établir la régularité des débats et où ils consignaient les décisions qui y avaient été rendues.

Le plumitif est devenu le « registre d'audience » qui, lui-même, a disparu. Actuellement, le greffier d'audience ne tient plus qu'une « feuille d'audience » qui sert à l'entrée des données dans l'ordinateur du service juridique, qui est mis à jour quotidiennement.

À un niveau plus familier, le terme plumitif fait référence à un commis aux écritures. De là, la référence à la « plume », qui depuis longtemps, est associée à l'écriture, entre autre à cause de la « plume » d'oie qu'on trempait jadis dans l'encrier. « Vivre de sa plume », qui signifie qu'on gagne sa vie avec ce qu'on écrit, s'emploie souvent chez l'écrivain, à qui l'on souhaite d'avoir « une belle plume ». Autrement, il risquerait de se faire appeler le plumitif, ce qui serait péjoratif: étant un mauvais écrivain (ou un médiocre journaliste), le terme de plumitif est réservé au départ pour désigner un greffier ou un employé aux écritures.

Sources : Sites Internet de Parler au quotidien, de l'Université de Paris 8, de l'Université de Nancy (Dictionnaire du droit privé) et du Dictionnaire de l'Académie française, 1re édition, 1694.

* Détentrice d'une maîtrise en Études littéraires de l'UQAM, Isabelle Huard enseigne au Collège de Sherbrooke et collabore à diverses publications à titre de rédactrice pigiste.

 

 
 

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