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Dans ce contexte, le Barreau du Québec a cru important de mieux connaître et cerner les perceptions et les besoins du monde des affaires, qui représente une clientèle juridique de premier plan.
C'est ainsi que nous avons récemment fait mener une étude auprès de leaders du milieu des affaires au sein de la société québécoise. Les perceptions cachent-elles une réalité? Quelle que soit la réponse, soulignons que les personnes interrogées ont donné aux avocats une cote d'appréciation globale de près de 70 %... contre 75 % aux comptables et aux ingénieurs, et 60 % aux notaires. Un tel résultat, bien que relativement satisfaisant, nous indique que nous devons poursuivre notre recherche de l'excellence.
Si, de façon générale, le milieu des affaires considère la formation des avocats appropriée à la réalité de l'entreprise, il estime par contre trop élevés les coûts reliés aux services juridiques. Ce sont surtout les modes de facturation, qu'on dit mal adaptés aux types de services rendus dans un contexte d'affaires, qui font tiquer. N'y a-t-il pas là matière à réflexion?
On encourage d'autre part fortement le Barreau du Québec à continuer à intervenir auprès des gouvernements afin d'assurer le respect de la règle de droit et la protection du public. Ce rôle de « chien de garde » de la législation, cette mission élargie que le Barreau assume depuis de nombreuses années, semble fort apprécié du milieu des affaires. Quant à la mission stricte confiée au Barreau par le Code des professions, c'est-à-dire le contrôle de la profession (compétence, discipline, etc.), il est considéré comme tout à fait crédible.
L'étude nous fournit d'autres données fort révélatrices dans un cadre de réflexion d'orientation pour l'avenir. Retenons pour l'instant que nous tenterons, notamment dans le cadre du prochain congrès, de poursuivre dans les voies qui nous sont suggérées et, entre autres, d'établir des ponts plus solides entre la communauté des affaires et les avocats.
Ce n'est donc pas le fruit du hasard si la plénière d'ouverture du congrès abordera d'entrée de jeu un sujet brûlant d'actualité: La mondialisation des marchés: une menace à la spécificité du Québec? Cette spécificité culturelle, mais aussi juridique, est-elle remise en question par la nouvelle économie globale? Celle-ci appellera-t-elle à moyen terme une uniformisation des normes juridiques? Des questions qui ne manqueront certainement pas de susciter un débat animé entre les invités, dont Me L.-Yves Fortier, c.r., Me Pierre Marc Johnson, M. Raymond Chrétien, ambassadeur du Canada à Paris, et M. Alain Dubuc, économiste et éditorialiste en chef du quotidien La Presse.
Bien sûr, le congrès abordera d'autres thèmes et offrira encore une fois aux avocats et aux avocates une occasion unique de recevoir une formation de pointe dans une multitude de domaines du droit.
Cela nous rappelle que le Barreau, pas plus que ses membres, ne peut fonctionner en vase clos. À l'intérieur des mandats qu'il s'est donné, le Barreau a toujours voulu s'inscrire au cœur même des débats qui façonnent notre société. Que nous ajoutions à nos préoccupations celle de bien servir le milieu des affaires est tout à fait approprié et mérite que l'on y consacre tous les efforts requis.
Le bâtonnier du Québec,
Ronald Montcalm, c.r.
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