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L'avocat montréalais et associé chez Stikeman et Elliott a présenté officiellement sa candidature à la présidence du Comité international olympique (CIO) le 2 avril dernier. Membre du CIO depuis 1978, vice-président de 1987 à 1991, puis de 1996 à 2000, l'ex-nageur olympique (Rome, 1960) tentera de succéder à l'Espagnol Juan Antonio Samaranch. Celui-ci avait lui-même succédé à l'Irlandais Lord Kilanin en 1980. Le Belge Jacques Rogge, le Hongrois Pal Schmitt, l'Américaine Anita DeFrantz et le Sud-Coréen Kim Un-Yong sont les autres candidats.
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A priori, le Canadien de 59 ans semble être la personne toute désignée pour guider les reines de l'organisation plus que centenaire. Président de la Commission de négociations des droits de télévision depuis 1983, il a orchestré de brillante façon la mise en valeur du mouvement olympique et on estime à 1,6 milliard US la valeur du contrat de télédiffusion pour les seuls Jeux d'Athènes (2004).
En 1999, il a mené la délicate enquête interne à la suite du scandale de corruption entourant l'octroi des Jeux d'hiver de 2002 à la ville de Salt Lake City. L'exercice a donné lieu à une restructuration du processus de candidature des villes (les 125 membres détiennent toujours un droit de vote mais les dossiers sont désormais évalués par un groupe restreint qui soumet ses recommandations), à l'expulsion de six membres, et à des remontrances envers une dizaine d'autres, dont l'actuel candidat à la présidence, Kim Un-Yong.
Richard Pound préside aussi la Commission internationale antidopage.
Mais voilà, l'homme de la perestroïka olympique, dit-on, ne s'est pas fait que des amis au cours des dernières années. Il est logique de croire que la soustraction de certains privilèges, dont celui de visiter les villes candidates, a laissé un goût amer chez certains des membres appelés à voter le 16 juillet prochain à Moscou. D'ailleurs, la plate-forme électorale du Kim Un-Yong repose sur un retour au bon vieux temps, pas si lointain il faut bien l'admettre, et propose de redonner le droit à chacun des membres du CIO de pouvoir se faire inviter par les comités des villes candidates.
Richard Pound ne s'en formalise pas. « Aucune de mes décisions n'ont été prises en fonction de mes ambitions à la présidence, a-t-il déjà affirmé aux médias. Sinon, il y a bien des choses que j'aurais fait différemment. »
Un autre obstacle: la carte géographique. Les observateurs soulignent que Kim Un-Yong pourrait mériter une bonne part des votes des pays asiatiques. En Europe, le même sentiment d'appartenance continental pourrait favoriser le Belge Jacques Rogge.
Ceci étant dit, si Richard Pound devait convaincre une majorité absolue des membres du CIO qu'il mérite leur confiance, il aura le temps de faire sa marque de façon définitive sur le mouvement olympique: le mandat prévu est de huit ans, renouvelable pour une période additionnelle de quatre ans.
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