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Suzy Basile, vice-présidente de l'Association des femmes autochtones du Québec, souhaite vivement que les capsules d'information juridique soient entendues: « Nous espérons que ce projet puisse rejoindre les femmes autochtones et les aider à protéger leurs droits. » |
Comme le soulignait le bâtonnier du Québec, Me Ronald Montcalm, « Éducaloi est une composante importante du Barreau du Québec, dont un des mandats est de vulgariser la loi et la rendre accessible au public. » Et c'est exactement le mandat des quatre capsules juridiques destinées aux femmes autochtones. Chacun des thèmes touche les femmes en général, mais les femmes autochtones en particulier.
Concrètement, ces quatre capsules se présentent sous la forme de scénario, de mise en contexte. Ainsi, celle sur le harcèlement en milieu de travail met en scène une discussion entre Maria, une Autochtone, et une de ses amies avocates. Maria se fait harceler par son patron depuis la fête de Noël et les choses vont en empirant. Elle pense même remettre sa démission jusqu'à ce que son amie lui indique que des ressources existent, tant aux niveaux fédéral que provincial. Les noms et coordonnées des organismes sont donnés par la même occasion.
On compte à peu près un million d'Autochtones au Canada sur une population de 30 millions d'habitants. Au Québec, on retrouve 11 nations autochtones, une inuite et 10 indiennes, soit quelque 70 000 personnes (60 % des Autochtones du Québec ont moins de 30 ans), ce qui représentent un peu moins de 1 % des 7,2 millions de Québécois.
Les femmes autochtones, on le sait, vivent des situations qui ne sont pas étrangères à celles des autres femmes québécoises. Mais la réalité spécifique des Autochtones, tant dans le vécu quotidien que dans la loi, fait que les enjeux et les solutions juridiques peuvent être différents de ceux des autres femmes québécoises.
Dans ce contexte, les capsules d'Éducaloi n'auraient pu voir le jour sans l'apport de l'Association des femmes autochtones du Québec (www.
microtec.net/qnwafaq/home.
htm). Cette association (la FAQ), la seule qui regroupe l'ensemble des femmes autochtones au Québec, représente les femmes des Premières nations du Québec (Abénaquis, Algonquins, Atikamekw, Cris, Hurons-Wendat, Malécites, Micmacs, Mohawks, Montagnais et Naskapis) ainsi que les femmes autochtones vivant en milieu urbain. Bilingue, sans but lucratif, membre de l'Association des femmes autochtones du Canada, l'Association siège à l'Assemblée des Premières nations du Québec et du Labrador, au conseil d'administration des Services para-judiciaires autochtones du Québec, à la Commission sur le développement des ressources humaines des Premières nations du Québec et sur plusieurs autres commissions et comités autochtones et non autochtones.
Comme il est expliqué sur le site de la FAQ, « ce sont des femmes autochtones de tous les milieux qui ont senti le besoin de se regrouper afin de faire connaître leurs besoins et leurs priorités. Elles ont constaté que les problèmes des femmes des différentes nations se ressemblaient beaucoup et elles se sentaient isolées les unes des autres ». L'Association compte aujourd'hui environ 1 200 membres dont 75 % résident dans des communautés autochtones.
Le projet de capsules juridiques cadre parfaitement avec le mandat de la FAQ. En effet, l'Association a identifié trois dossiers prioritaires, soit la promotion de la non-violence familiale, le développement de l'emploi et la justice. Plus précisément, la FAQ veut tenter d'éliminer la violence familiale en milieu autochtone. Elle a, entre autres, créé la Table de concertation des Premières nations sur la violence et la justice, regroupant huit organismes. L'Association a par ailleurs participé à la campagne québécoise de sensibilisation contre la violence faite aux femmes.
En ce qui a trait à la justice, les Autochtones développent depuis quelques années des initiatives de justice autochtone. Dans ce cadre, la FAQ appuie et incite les femmes autochtones à s'impliquer davantage dans ce processus en mettant sur pied un réseau d'intervenantes et en organisant des séminaires et des rencontres.
Outre ces capsules, une ligne ouverte sera mise sur pied pour répondre aux questions des femmes et des capsules additionnelles sont en préparation. On étudie également la possibilité de traduire les éléments de ce projet dans d'autres langues afin d'atteindre différentes clientèles.
Rappelons que la réalisation de ce projet a été rendue possible grâce au soutien financier du ministère de la Justice du Québec et l'appui du Barreau du Québec.
1 Réalisatrice, entres autres, des films Ameshkuatan -- Les sorties du castor (1978) et Tshishe Mishtikuashiht -- Le petit grand Européen: Johan Beetz (1997).
2 Les capsules pourront également être entendues sur le site d'Éducaloi (www.educaloi.qc.ca) à partir du mois de juin.
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