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Un procès simulé par des élèves de sixième année, qui s'est déroulé dans une salle d'audience du palais de justice de Sherbrooke, a servi de coup d'envoi le 27 avril dernier à un projet pilote intitulé Les rendez-vous de la justice en Estrie. Plus tôt en matinée, lors d'une conférence de presse, le ministre de la Justice et Procureur général Paul Bégin avait exposé les détails de cette initiative du milieu judiciaire estrien, un projet qui s'inscrit à merveille dans le plan stratégique 2001-2004 du ministère de la Justice et dont un des objectifs est le rapprochement du système judiciaire avec les citoyens.
Michel Laroche, directeur régional des services judiciaires, Paul Bégin, ministre de la Justice et Procureur général, Claude Boucher, député de Johnson, secrétaire d'État aux infrastructures municipales et délégué régional en Estrie, ainsi que Michel Bouffard, sous-ministre, ont dévoilé l'affiche des « rendez-vous de la justice en Estrie » |
Ainsi, pendant les 12 prochains mois, procureurs, magistrats et divers intervenants professionnels vont donner de leur temps dans le but de faire connaître le système judiciaire à la population. Différentes activités, notamment des portes ouvertes tenues au palais de justice de Sherbrooke et des chroniques d'information dans le quotidien La Tribune, visent à rapprocher la population de l'appareil judiciaire de l'État.
« Les gens ne font pas valoir leur droit puisqu'ils ne les connaissent pas, de dire le ministre en conférence de presse. On cherche des moyens très concrets pour que les gens s'approprient le palais de justice et s'y sentent bien. Tout le monde doit s'y sentir à l'aise. Les gens ont perdu graduellement le contact et ils ne sont plus familiers avec le système. »
« Il y a un sentiment général d'éloignement de la population. Elle ne se sent pas à l'aise avec le palais de justice. Les gens préfèrent ne pas y être que d'y être, alors que pourtant, c'est un endroit où l'on fait exercer ses droits. Les gens du milieu de la région ont senti qu'il fallait poser des gestes et ont mis de l'avant des moyens. »
En fait, comme le souligne le ministre, les rendez-vous sont issus de la conférence administrative régionale de l'Estrie. Ils sont plus précisément l'idée de Me Michel Laroche, directeur régional des services judiciaires et responsable du projet pilote. Lors d'une réunion, on cherchait à exposer des projets pour la région afin de parler de justice et ainsi rapprocher l'appareil gouvernemental et la population qu'il dessert.
Michel Laroche parle de faire le marketing de la justice. « Une expression consacrée dans le secteur privé », indique-t-il. Il veut maintenant que le secteur public se l'approprie.
Comme l'explique Me Laroche, outre les portes ouvertes et les chroniques d'information destinées au grand public, le projet pilote cible plus particulièrement les jeunes. « Toute la communauté juridique est impliquée et donnera de son temps bénévolement. Le projet va donner à tout le monde l'opportunité de participer et tous seront à la disposition de la population. On mise beaucoup sur les projets qui seront mis sur pied dans les écoles grâce à la collaboration du ministère de l'Éducation », explique Michel Laroche.
« Quand on est jeune, on est plus ouvert. On veut expliquer l'appareil judiciaire afin que les enfants, une fois devenus des adultes, soient enclins à se reférer à la justice », ajoute pour sa part Paul Bégin.
Lors des procès simulés, les sujets traités iront droit au coeur des préoccupations des jeunes. On les plongera dans des situations dont les problématiques impliqueront, entre autres, la drogue, le taxage et les voies de faits.
Les victimes d'actes criminels sont aussi conviées
En plus de se préoccuper des jeunes, le projet estrien se penche sur le cas de ceux et celles qui se retrouvent dans les dédales de la justice à la suite de circonstances dramatiques.
« Nous voulons donner de l'information et entretenir le dialogue avec les victimes d'actes criminels. Il faut que ces personnes témoignent de ce qu'elles ressentent, des difficultés qu'elles ont à rencontrer, à vivre le fait d'être victimes. Il ne faut pas oublier que ces personnes restent avec des séquelles longtemps », a souligné Paul Bégin.
Les victimes d'actes criminels seront donc conviées au palais de justice pour apprivoiser le système de justice. On espère ainsi estomper la crainte de porter plainte.
Le ministre a indiqué que l'aménagement, il y a quelques années, de salles permettant aux victimes d'actes criminels de ne pas attendre dans les corridors du palais, particulièrement dans le cas des femmes impliquées dans des causes d'agressions sexuelles, avait déjà été un pas accompli dans cette direction. « Elles évitent ainsi de se retrouver assises en face de leur présumé agresseur et ainsi subir de l'intimidation. »
Si Les rendez-vous de la justice en Estrie répondent aux attentes, ils seront éventuellement appliqués aillleurs dans la province. « J'espère, a fait savoir le ministre Paul Bégin, que ce projet pilote aura du succès et sera exportable et exporté dans les autres régions du Québec. »
Le projet en Estrie est coordonné par le ministère de la Justice à Sherbrooke. Les partenaires du ministère sont la Commission scolaire de la région de Sherbrooke, le quotidien La Tribune, le ministère de la Sécurité publique, le Service de police régional, la Sûreté du Québec, la magistrature, le Barreau Saint-François et l'organisme Le Pont.
Le bâtonnier du district Saint-François, Me Michel Dussault, a profité de la visite du ministre de la Justice en Estrie pour procéder au lancement du site Internet du Barreau de Saint-François |
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