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Me Julius Briskin et Me Jacques Marchessault totalisent à eux deux 110 ans d'expérience! Ils figurent parmi ceux de nos confrères et consœurs célébrant leur 50e, 60e ou 70e anniversaire d'admission au Barreau qui furent honorés à l'occasion de la Journée du Barreau en septembre dernier, marquant la rentrée judiciaire.
Dotés d'une vitalité remarquable, ils demeurent tous deux actifs dans la profession. Voici un aperçu de leur parcours respectif et des enseignements qu'ils tirent de leur longue feuille de route professionnelle.
Monsieur le bâtonnier Richard Wagner remet à Me Julius Briskin un certificat attestant de ses 60 ans d'admission au Barreau |
Me Julius Briskin vient de célébrer ses 85 ans. Il en paraît facilement 20 de moins. Admis au Barreau en 1941, il amorce dès ce moment sa pratique en cabinet privé, en droit criminel, laquelle sera cependant entrecoupée par son service outremer à titre d'officier de l'Artillerie royale canadienne, de 1943 à 1945.
Au cours de la décennie suivante, il demeure en pratique privée, tout en agissant, de 1857 à 1963, à titre de procureur spécial pour le ministre fédéral de la Justice, dans des dossiers d'évasion fiscale. Il opte ensuite pour une pratique de litige commercial plus vaste, pour finalement se spécialiser dans les crimes économiques, en défense, ce qui demeurera son domaine de prédilection pendant les 30 dernières années de sa pratique.
Depuis 10 ans, il est partiellement retraité, tout en continuant d'occuper comme avocat conseil dans divers dossiers.
Quel regard jette-t-il sur cette plage impressionnante de temps? « J'ai commis toutes mes erreurs dans mes premiers 10 ans de pratique », se remémore-t-il avec amusement.
Et comment la fonction d'avocat s'est-elle transformée? « La cadence de la pratique s'est beaucoup accélérée. Les avocats ne bénéficient plus du luxe du temps ni de la collégialité qui existaient jadis. Cette accélération s'est initialement manifestée avec l'avènement des règles de pratique introduites en 1982 par le juge en chef Gold. Et elle s'est accrue avec les pressions économiques actuelles qui s'exercent sur les praticiens. »
Me Briskin observe toutefois de façon concomitante un plus grand professionnalisme dans la profession juridique, incluant chez les juges, qu'il trouve d'ailleurs plus près des gens qu'autrefois.
À son avis, le Barreau doit continuer de défendre avec insistance la réputation des avocats, qu'il considère injustement malmenés dans l'opinion publique. « La population ignore à quel point la fonction d'avocat requiert un travail et un engagement de chaque instant. Car l'avocat se place littéralement sur la ligne de feu pour son client. »
Il ajoute au surplus que l'avocat moyen ne gagne pas un salaire faramineux, tandis que sa fonction est cruciale pour la société dans son ensemble. « L'avocat est le seul rempart contre la violence dans les rapports humains. Il permet de résoudre les conflits d'une manière civilisée », déclare Me Julius Briskin.
Sur une note plus personnelle, à quoi impute-t-il sa santé exceptionnelle? Me Briskin répond qu'il s'est toujours maintenu en forme, ayant pratiqué régulièrement plusieurs sports toute sa vie. Sa recette? Avoir de bons gènes, ne pas en abuser et être accompagné par la chance!
Monsieur le bâtonnier Richard Wagner remet à Me Jacques Marchessault un certificat attestant de ses 50 ans d'admission au Barreau |
« J'ai 74 ans mais j'en admets 50! », déclare Me Jacques Marchessault, qui maintient lui aussi sa bonne forme par des exercices quotidiens.
Admis au Barreau en 1951, il a débuté comme avocat à Granby, dans le district de Bedford, dont il fut plus tard bâtonnier. Outre sa pratique au sein d'un grand cabinet rural, il exerce à temps partiel à la Couronne et plus tard comme juge municipal pour les villes de Farnham et de Waterloo.
Me Marchessault se transporte ensuite à Montréal, où il se spécialise en droit du travail. Il joint en effet les rangs du cabinet Geoffrion Prud'homme, où il exercera de 1969 à 1984, soit pendant toute la durée d'existence de cette étude.
Il pratique ensuite au sein de divers cabinets privés et se réoriente vers le « droit de l'emploi », puisqu'il agit depuis 15 ans pour les syndicats et les employés, plutôt que pour les employeurs.
Depuis quatre ans et demi, il a établi sa pratique à son domicile de l'Île-des-Sœurs. « J'ai encore une pratique active, à raison de 30 heures/semaine, tout en siégeant comme arbitre en vertu du Code canadien du travail. Je fais tout moi-même, incluant mes recherches, ce qui me permet de demeurer au fait. »
Me Marchessault est en outre connu au Barreau pour ses talents de pianiste de jazz, se produisant lors de congrès et de diverses manifestations publiques. « La musique me procure un véritable plaisir », déclare celui qui a notamment joué avec le contrebassiste de Oscar Peterson.
Quel constat porte-t-il sur ses cinquante ans de vie professionnelle? « C'est comme si c'était hier, sauf que j'ai maintenant acquis une expérience qui facilite mon travail et le rend plus agréable. »
Quelle transformation a-t-il observé dans la pratique? « Je déplore l'accroissement du manque de courtoisie entre confrères. Et je constate que les rapports avec les juges étaient autrefois plus respectueux, et ceci des deux côtés. »
Il voit quand même l'avenir de la pratique de manière ensoleillée. « J'ai toujours eu des dossiers intéressants dans mon domaine de pratique. Il n'y a rien de plus important que de se sentir utile, c'est très sain. Je n'oserais jamais quitter ce monde sans régler les dossiers de mes clients », conclut avec humour Me Marchessault.
Doris Larrivée, avocate
L'établissement d'un réseau de contacts, les aspects déontologiques de la pratique, la valorisation et la motivation en milieu de travail, l'accession à la société (partnership) ou les conseils en recherche d'emploi sont des sujets qui vous préoccupent et sur lesquels vous aimeriez échanger? Vous êtes un avocat d'expérience et vous aimeriez en faire profiter les plus jeunes membres de la profession?
Le Barreau de Montréal et l'Association du Jeune Barreau de Montréal (AJBM) ont uni leurs efforts pour offrir, sans aucuns frais, un service d'appui professionnel et de mentorat. Pour en savoir davantage sur ce service, les membres sont conviés à une conférence (gratuite) qui aura lieu le 19 février, à 17 h 30, à la salle 113 de la Maison du Barreau, (445, boul. Saint-Laurent). Les conférencières invitées seront Christine Cuerrier, conseillère en développement et auteure de l'ouvrage Le mentorat et le monde du travail: un modèle de référence, Me Françoise Dufour, personne-ressource, et Me Mireille Vincent, bénéficiaire du programme de mentorat.
Pour information et inscription, veuillez communiquer au (514) 866-9392, poste 29, ou par courriel à general@barreaudemontreal.qc.ca.
* L'auteure est membre du Comité des communications du Barreau de Montréal.
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