ATTENTION : Les archives du Journal du Barreau vous sont présentées telles qu'elles ont été déposées sur le Web au moment de leur publication. Il est donc possible que certains liens soient non fonctionnels et que certains renseignements soient périmés.
Pour toute question ou commentaire concernant le Journal, communiquez avec journaldubarreau@barreau.qc.ca
Visitez la page officielle du Journal du Barreau sur le site Web du Barreau du Québec.
Quand arrivent les mois de mai et juin, le bâtonnier en titre sait qu'il est temps pour lui de faire un retour sur la dernière année et de passer le relais au bâtonnier élu et à son équipe d'administrateurs pour la prochaine année.
C'est le temps de faire le bilan de l'année qui vient de s'écouler et de procéder aux remerciements appropriés. C'est donc dans cette optique que j'ai choisi le titre de ce propos, afin qu'il soit le plus neutre possible et éviter ainsi une certaine banalité qui aurait pu m'amener à intituler le texte Bilan et remerciements.
De plus, en ne choisissant pas un titre aussi formel, je participe également aux opérations de démystification de notre ordre professionnel, pour rappeler aux membres que les gens qu'ils choisissent pour diriger leur ordre ne sont pas enfermés dans une tour d'ivoire, mais sont des gens qui, par leurs expériences diverses au niveau de la pratique, tentent, au meilleur de leurs connaissances et de leurs moyens, de faire avancer des dossiers pour le bénéfice de l'ensemble de nos membres, avec l'obligation, imposée par la législation, de faire en sorte d'assurer la protection du public.
Je commence mon bilan en rappelant que, dès l'annonce que je faisais de mon intention de briguer le poste de vice-président1, j'indiquais le thème sous lequel j'entendais qualifier mes années à la tête du Barreau: La continuité et le changement.
Je faisais allusion au fait que ceux qui m'avaient précédé avaient mis beaucoup d'efforts, et que ce n'était pas mon intention de mettre de côté ces efforts, mais au contraire de les continuer. Quant au changement, je référais davantage aux suggestions faites en 1996 dans le Rapport sur l'avenir de la profession, dans lequel il était recommandé d'adopter une attitude différente en ce nouveau millénaire, pour rappeler que nous étions comme professionnels davantage des entrepreneurs et qu'à ce titre nous devions être plus ouverts à nos clientèles et procéder comme le font les entrepreneurs: en analysant notre clientèle et ses besoins, de même qu'en préparant un plan d'affaires adéquat. Mon intention était également que cette recommandation soit suivie par notre ordre professionnel.
J'avais choisi également, dans mon programme comme candidat à la présidence2, d'orienter mes objectifs autour des points suivants: utilisation des nouvelles technologies, modernisation de la pratique, mise à jour des services offerts, actualisation de la formation et accès à la justice.
J'avais également mis l'accent sur un sujet qui m'a toujours préoccupé, soit l'importance de l'avocat dans notre société, avec comme corrélatif l'image de l'avocat, du Barreau et de la justice en général.
J'ai été heureux de réaliser, dans le cadre des congrès internationaux auxquels j'ai participés, qu'il s'agit d'une préoccupation mondiale.
Comme organisation, je pense que nous avons envisagé le problème d'une façon différente cette année et que nous ne nous sommes pas contentés de viser à obtenir un simple plan de communication ou de publicité ponctuel, mais avons exigé et obtenu un plan de mise en valeur qui nous a été proposé par des spécialistes, et qui pourra nous servir de guide dans les activités que nous entreprendrons dans les prochaines années. Un plan de mise en valeur n'est pas un carcan; il s'agit d'orientations suggérées pour faire en sorte de changer, dans la mesure du possible, certains des éléments négatifs rattachés à l'image de l'avocat. Ce plan, adopté par le Conseil général du Barreau au mois de mars 2002, fait en sorte que nos activités de communication et de publicité devraient graviter autour des thèmes suivants: protéger le public, augmenter la propension du public à utiliser les services de nos membres, créer un sentiment d'appartenance chez les membres et attirer les meilleurs candidats à la profession.
Nous avions également confié le mandat à une firme externe de nous préparer un rapport préliminaire sur la situation de l'École du Barreau. Cet examen visait à déterminer si notre système de formation professionnelle était encore adéquat. Ce rapport nous permet de penser que nous sommes généralement dans la bonne direction, mais que nous devrons faire des modifications pour « moderniser » notre système.
Le Barreau du Québec a également été très impliqué au niveau des activités internationales, ne serait-ce que par son implication avec le ministère de la Justice du Québec et les barreaux des autres provinces dans l'élaboration de concepts et de principes qui permettront d'ici peu de favoriser la mobilité professionnelle des avocats.
Que dire des autres dossiers qui nous ont tenu occupés tout au long de l'année: le CAIJ, le portail du Barreau, la multidisciplinarité, l'incorporation des bureaux d'avocats, les règles de régie interne, la médiation civile et commerciale, les études de marché concernant la représentation des citoyens devant les tribunaux administratifs et les règles de protection et de garantie pour le public devant ces tribunaux. Que dire également de la législation qu'on ne peut réellement prévoir en début d'année, mais qui a un impact important sur nos activités tout au cours de l'année: nous n'avons qu'à penser à la réforme de la procédure civile et aux règles sur le blanchiment d'argent et ses conséquences sur le secret professionnel.
Un bref regard vers le passé me permet de conclure que la dernière année en a été une d'action et je suis fier de passer les rênes au bâtonnier élu Me Claude G. Leduc. D'ailleurs, dans son éditorial du 1er mai 2002, il annonçait déjà ses couleurs: la réflexion a été faite, il faut maintenant agir. Je partage ce point de vue. Il faut à l'occasion s'arrêter pour réfléchir et vérifier nos orientations. La réflexion ne peut pas durer éternellement, il faut par la suite mettre en branle et compléter des projets concrets.
Comme dernière étape, il me reste donc à remercier tous ceux qui au cours de l'année m'ont aidé dans mes activités. Je ne voudrais pas les nommer de crainte d'en oublier, mais mes remerciements s'adressent particulièrement aux membres du Conseil général, du Comité administratif, de la Direction générale du Barreau, ainsi qu'aux différents services, incluant tous les employés du Barreau qui, durant la dernière année, m'ont fait sentir que je faisais partie d'une grande famille.
Mes remerciements vont également vers d'autres personnes qui, de façon plus obscure, sont présentes en tout temps dans les pensées des bâtonniers, soient les associés, les clients et la famille.
Finalement, je vous remercie, vous les membres du Barreau, de m'avoir donné le privilège de vous représenter et de diriger les affaires de notre ordre professionnel. Je l'ai fait au meilleur de mes connaissances et de mes moyens, et je tiens à vous remercier de m'avoir permis de vivre une expérience exaltante et combien enrichissante.
À bien y penser, si j'avais eu un titre à inscrire en début de texte, je l'aurais tout simplement intitulé: MERCI.
Le bâtonnier du Québec,
Francis Gervais
batonnier@barreau.qc.ca
1 Journal du Barreau, 1er avril 2000, page 12.
2 Journal du Barreau, 1er avril 2001, page 13.
© Barreau du Québec 1996-2012