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La justice a bonne mine

Journal du Barreau

NDLR - Le Barreau de Montréal et la Centrale des syndicats du Québec présentaient en avril dernier la douzième édition du concours annuel de composition La justice a bonne mine. À l'intention des élèves du troisième cycle primaire, du premier cycle secondaire et du deuxième cycle secondaire, des secteurs francophone et anglophone de l'île de Montréal, le concours avait pour but cette année d'engager une réflexion sur l'intimidation et la violence, verbale et physique.

La remise des prix avait lieu le 11.

Mise en contexte pour les élèves du primaire

Sandrine est en cinquième année. Depuis quelque temps, Pierre, un grand de sixième année, a décidé de s'en prendre à Sandrine qui ne lui a pourtant rien fait. Dans l'autobus scolaire, à plusieurs reprises, il lui a tiré les cheveux, lui a pincé une oreille et lui a donné des coups de pied. Sandrine arrive souvent en pleurs à la maison et, sur les conseils de sa mère, elle a fait une plainte auprès de la directrice de son école. Elle a aussi tenté d'en discuter avec Pierre qui n'a réagi qu'en se moquant d'elle et a continué de lui faire mal.

Ce soir, dans l'autobus, Pierre a écrit sur le sac d'école de Sandrine avec un stylo. Sandrine arrive à la maison en sanglots. Sa mère lui conseille encore d'aller faire part de son problème à la directrice. Sandrine est découragée. Toutes les solutions qui lui ont été proposées n'ont servi à rien. Édouard, son grand frère qui est en secondaire III, voyant son désarroi, lui donne le conseil suivant: « Sandrine, il ne sert à rien de tenter de discuter ou de faire entendre raison à des gens comme Pierre. Demain, dans l'autobus, lorsqu'il tentera de t'approcher pour te faire mal, prends ta boîte à lunch et donne-lui un coup. Je te promets qu'il ne recommencera plus jamais. »

Que ferais-tu à la place de Sandrine? Devrait-elle suivre les conseils de sa mère ou ceux de son frère? Pourquoi?

Stéphanie Lacroix-Quéry,
École primaire Le Plateau
3e cycle

La solution

Moi, à la place de Sandrine, je ne suivrais pas le conseil de son frère, Édouard. La violence, ça ne règle rien. Surtout pas pour ce genre de situation! Si Sandrine décidait, pour n'importe quelle raison, de suivre le conseil de son frère, ça ne l'aiderait pas: de la violence qui répond à la violence, il n'y a pas une personne moins blâmée lors de cette situation. De toute façon, pourquoi un garçon orgueilleux de 65 année nommée Sandrine parce qu'elle lui donne des coups de boîte à lunch? Il me semble que ça n'a pas vraiment de logique, est-ce que je me trompe?

Pour ce qui est du conseil de sa mère; il est un peu mieux que celui de son frère Édouard, mais il y a sûrement une meilleure solution. Si la directrice de l'école n'intervient pas, il y a une raison, ce n'est pas pour rien. Elle n'a peut-être pas le temps, prend-t-elle ceci à la légère, ou croit-elle que le problème va passer avec le temps?

À la place de Sandrine, cette élève de 5e année, je réessayerais de parler avec Pierre, mais en compagnie d'une personne de confiance qui fait partie du personnel de l'école. Soit un professeur qui connaît les deux élèves et qui serait prêt(e) à aider Sandrine dans cette situation, l'éducateur(trice) spécialisé(e) ou le psychologue de l'école.

Si après tous ces essais, ça ne fonctionne pas, à sa place, je retournerais voir la directrice de l'école, mais avec mes parents. Comme ça, celle-ci va sûrement prendre le problème sérieusement, chose qu'elle n'a peut-être pas fait lors de la première visite de Sandrine. À quatre, ils prendront la décision qui serait la plus équitable pour Sandrine. Peut-être décideront-ils de parler aux parents de Pierre? Nul autre que les personnes concernées le sauront!

Caitlin DeSeve,
Primary ­ 3rd cycle
The Priory School

Write for Justice Contest Essay

That night, Sandrine went to bed confused. If she followed her mother's advice, Pierre would probably tease her even more. Then again, Sandrine couldn't possibly follow her brother's advice, seeing as she wouldn't hurt a fly. Wait a minute. That was it! Pierre was probably picking on her because he knew she wouldn't try to fight back! Maybe she should follow Edouard's advice... Sandrine went to sleep that night without tears in her eyes.

The next morning, Sandrine had a big grin on her face. She sat at her usual place in the school bus, right next to her best friend Karen. Out of the corner of her eye, she spied Pierre and his friends whispering about something, most likely about her. A few seconds later, Pierre stood up and approached Sandrine. Just as he reached out to pinch her ear, she whacked his arm with her lunchbox. Pierre let out a scream. The bus driver turned around and glared at Sandrine. She sank into her seat.

After school, Sandrine was told to have a talk with her school principal, Mr. McCain. He stared at her as she entered the small office. " I heard what happened on the bus this morning", said Mr. McCain. «Has Pierre been teasing you again? »

" Well, yes, and I apologize for my behaviour", answered Sandrine.
"But please don't talk with him, it will only make matters worse. "
" Alright. I'm sure you can handle this. But just make sure no one hurt in the process. "
" Thank you, and don't worry ", said Sandrine as she left the room.

When Sandrine got outside, Pierre was waiting for her. He teased her, hurt her, and said horrible things to her. Sandrine got sick of it and felt like whacking Pierre again, but remembered Mr. McCain's warning. So instead, Sandrine decided to just strike back in words. Pierre stared at her and suddenly burst into tears. He grabbed his schoolbag and ran towards his home. Sandrine didn't know she could hurt Pierre so much by just saying a little something about his father. Inside, she felt horrible. Sandrine picked up her bag and started walking in the opposite direction Pierre had taken.

At supper that evening, Sandrine didn't eat much. Her parents were worried. Sandrine assured them that she was fine. After the meal, Sandrine lay on her bed, feeling miserable. There was a knock at her door.
" There's someone on the phone for you ", Sandrine's mother said. Sandrine got up and took the phone.
" Hello? " she asked.
" It's Pierre ", he said.
" Oh, hi. Listen, I'm sory about this afternoon. It's just that I can't stand you teasing me for much longer. "
" I know. I apologize. I called to say that. I also called to explain why I was teasing you and why what you said hurt me. "
" Alright... "

" Recently, my parents got divorced. Well, not legally. My father just left for no reason. I needed someone to let my anger out on. I chose you. I won't continue, and I'm sorry. " Then, Pierre hung up. Sandrine sat frozen. How could she have been so mean? But, she felt better. Everything was cleared up.

The next morning, on the school bus, Pierre smiled at her as he passed her. He also slipped her a note reading " Thank you for understanding ". From then on, Pierre never teased Sandrine again and Sandrine never hurt Pierre again, physically or verbally.

Moral: Two wrongs do not make a right.

Les textes des autres lauréats paraîtront dans les prochains numéros.

 

 
 

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