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Me Joan Clark est une femme qui entre par la grande porte. Elle a reçu l'un des Mérites 2002 de Barreau du Québec des mains du bâtonnier Francis Gervais et de son collègue Me Malcolm McLeod, témoignage de son accomplissement professionnel dans la communauté juridique et de l'excellence de sa réputation professionnelle.
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« Un membre du Barreau peut, grâce à son entraînement et à sa connaissance des lois, avoir la chance d'influencer la société et ses moeurs d'une façon toute particulière », estime Me Joan Clark, entourée du bâtonnier Francis Gervais et de son collègue, Me Malcolm McLeod |
« Il y a près d'un demi siècle, 48 ans pour être précise, que j'ai été reçue au Barreau du Québec, a rappelé la lauréate. Depuis cette époque, les changements dans nos lois et dans la pratique ont été multiples. Quand j'ai été admise à la pratique en 1954, une condition pour qu'une femme puisse demander la séparation de corps pour cause d'adultère de son mari était que ce dernier loge sa concubine dans la même maison qu'elle, condition qui n'était pas réciproque. »
Me Clark retient de sa longue pratique au Barreau la collégialité et les liens communs qui ont toujours existé entre les membres. Elle souligne « le fait que l'on représente un client avec toutes ses énergies et toutes ses connaissances, mais d'une façon professionnelle, en respectant son adversaire qui, lui aussi, travaille dans le même environnement où il faut continuer sans cesse de s'informer des changements dans les lois, la jurisprudence et leur subtilité ».
L'avocate a rappelé que notre société démocratique est fondée sur des lois interprétées et appliquées par un système judiciaire qui dépend d'un barreau indépendant. Elle a évoqué la satisfaction de l'avocat qui représente avec succès les intérêts de son client de même que sa capacité à faire avancer les choses. « Un membre du Barreau peut, grâce à son entraînement et à sa connaissance des lois, avoir la chance d'influencer la société et ses mœurs d'une façon toute particulière, par exemple, en faisant la promotion d'une législation pour corriger les maux ou améliorer les conditions de la société. »
Joan Clark obtient un baccalauréat en mathématiques de l'Université McGill en 1950 avec la mention « Grande distinction », à une époque où encore peu de femmes entreprenaient des études universitaires. Puis, preuve de son plus grand respect pour la langue et la culture française, elle s'inscrit à la Faculté de droit de l'Université de Montréal où elle devient la première femme à terminer première de sa promotion. En 1953, elle obtient une licence en droit avec la mention magna cum laude, et remporte la Médaille du Gouverneur général.
Admise au Barreau du Québec en 1954, Me Clark joint l'étude Ogilvy Renault, au sein duquel elle pratique toujours. Elle deviendra tour à tour la première femme associée, la première femme chef de département et la première femme associée senior de ce cabinet montréalais.
La jeune avocate s'intéresse tout de suite au domaine de la propriété intellectuelle qui était, jusqu'à son arrivée, peuplée presqu'exclusivement d'hommes, qu'ils aient été juges, avocats ou ingénieurs. Pionnière en droit de la propriété intellectuelle, elle plaide devant toutes les cours du Québec, de même que devant la Cour fédérale, la Cour de l'Échiquier et la Cour suprême du Canada.
« L'activité professionnelle de Joan a contribué à l'avancement du droit », souligne avec raison Me Malcolm McLeod. Deux des victoires de Me Clark devant le plus haut tribunal du pays se sont révélées être autant d'arrêts de principes en matière de ré-émission de brevet et de la portée d'une licence implicite dans le domaine du droit d'auteur. Dans une troisième affaire, elle a plaidé avec succès l'admissibilité en preuve d'un dossier de poursuite de brevet en cas de fraude. « Ça prenait une femme de la trempe de Joan Clark pour amener notre Cour suprême à faire exception à ce principe. »
Au cours de sa carrière, Me Joan Clark a été membre et bien souvent l'âme dirigeante de nombreuses associations professionnelles. Elle a été la première femme à être nommée Fellow de l'Institut de la propriété intellectuelle du Canada dont elle est membre depuis 1962. Elle deviendra ensuite la première femme à présider les destinées de l'Institut, de 1978 à 1979. Me Clark est aussi la première femme et la première Canadienne à être nommée présidente exécutive de l'Association internationale pour la protection de la propriété intellectuelle, dont elle est maintenant membre honoraire. Au cours de sa carrière, elle aura non seulement pratiqué, dirigé et innové, mais aussi enseigné, d'abord à l'Université de Montréal, puis à l'Université McGill.
Ses amis se rappellent que Joan Clark a déjà refusé d'entrer au Club St-James par la porte alors réservée aux dames, obligeant ainsi cette vieille et prestigieuse institution montréalaise à s'adapter aux temps nouveaux. À la suite de sa demande pour devenir membre du Club universitaire de Montréal, réservé exclusivement aux hommes, le club a changé ses règlements pour permettre l'admission des femmes, dont elle a été l'une des premières.
Joan Clark a également créé la Fondation québécoise pour la sécurité et le bien-être des animaux. Elle a réussi à persuader le gouvernement du Québec d'adopter une première législation particulièrement progressiste visant à assurer la protection des animaux, une réalisation dont elle est très fière. Elle a d'ailleurs remarqué que le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation a annoncé il y quelque temps que des démarches sont entreprises pour que la loi soit mise en application.
Comme l'a déjà dit le président du cabinet Ogilvy Renault, Me Yves Fortier: « C'est une femme qui est à la fois chaleureuse et simple, qui peut exprimer ses opinions d'une manière directe mais sans offenser, qui a un bon sens de l'humour et le don de prendre ses responsabilités au sérieux sans jamais se prendre elle-même au sérieux. »
Un exemple pour tous.
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