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C'est le bâtonnier Claude Masse qui a été choisi pour recevoir, des mains du bâtonnier sortant Francis Gervais, la Médaille du Barreau 2002 à l'occasion de la cérémonie d'ouverture du congrès du Barreau du Québec. La Médaille du Barreau est la plus haute distinction de l'Ordre professionnel et elle vise à souligner l'apport extraordinaire et considérable d'un membre de la communauté juridique qui a contribué au développement de la société québécoise dans le domaine du droit, à l'avancement du droit et à son exercice. Cet honneur revient de droit à Claude Masse; par ses qualités exceptionnelles, il est un exemple de courage, de détermination et d'engagement. Il a beaucoup apporté non seulement à la communauté juridique mais à toute la société québécoise.
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Avocat au Barreau du Québec depuis 30 ans et professeur agrégé, Me Claude Masse a fait carrière dans l'enseignement, d'abord à l'Université de Montréal puis à l'Université du Québec à Montréal jusqu'en décembre 2000. Parallèlement à ses activités, il s'est toujours investi pour l'accessibilité à la justice. Léon Bédard, directeur du Service des communications au Barreau du Québec, qui l'a côtoyé tout au long de son parcours professionnel, raconte: « Dès le début de sa carrière, comme professeur à l'Université de Montréal, il aspirait déjà, dans un souci d'égalité, à instituer un système permettant une meilleure accessibilité à la justice. Je me souviens cependant que sa vision sociale dérangeait son entourage, mais Claude n'a pas lâché et il a fait preuve de persévérance et de ténacité pour imposer ses idées. C'est tout à son honneur d'avoir persévéré car plusieurs des mesures d'égalité sociales que Claude a fait valoir sont maintenant passées dans les mœurs. Et le fait qu'il ait accédé au poste de bâtonnier du Québec témoigne non seulement de l'estime de ses confrères et consœurs, mais également que ses idées ont été reconnues au bout de la ligne. »
Il a ainsi été le cofondateur de la Régie de l'assurance automobile du Québec et de la première clinique juridique au Québec en 1969 (ancêtre de l'aide juridique). Il a aussi créé le Groupe de recherche en droit de la consommation (le GRC) en 1975 et a rédigé divers projets de loi en matière de protection des consommateurs de 1975 à 1980, ainsi que de nombreux textes, ouvrages, traités sur la question du droit de la consommation. Il s'est également impliqué, lors de son bâtonnat, pour la promotion des programmes d'assurances frais juridique et a lutté pour l'intégrité du système d'aide juridique afin de permettre aux plus démunis d'accéder à la justice.
En plus de cette préoccupation, Me Claude Masse a défendu, avec beaucoup de vigueur, l'indépendance et l'unité du Barreau qui, selon ses propres mots, constitue un « un gage de responsabilité sociale et professionnelle (...), de liberté et d'équilibre démocratique ». Cette conviction l'a poussé, tout au long de sa carrière, à s'investir pleinement pour son ordre professionnel. Il a d'ailleurs accepté, en janvier dernier et ce, malgré sa maladie, de s'engager dans le projet Juris Forum visant à débattre des décisions des tribunaux de nature à mettre en œuvre des principes fondamentaux du droit et du système judiciaire.
C'est avec une certaine émotion que le bâtonnier Claude Masse a reçu la Médaille et il a profité de cette occasion pour remercier tous ceux qui ont contribué à sa réussite. « Je partage cette médaille tout d'abord avec ma mère, qui a aujourd'hui même 80 ans. Elle est un exemple de ténacité, de simplicité et de sérieux et ces qualités m'ont beaucoup marqué. Je veux partager cette Médaille également avec la femme de ma vie: on est ensemble depuis 14 ans et c'est avant tout grâce à elle que je suis ici aujourd'hui. Merci aussi à mes trois enfants Pierre-Olivier, Laurence et Béatrice. Merci également au Barreau et à ses membres pour la confiance qu'ils m'ont témoignée en me désignant bâtonnier. Enfin, pour terminer, merci au PAMBA (le programme d'aide aux membres du Barreau) qui m'a donné, à moi et à ma famille, toute l'assistance, l'aide et le soutien nécessaire pendant ma période de crise il y a deux ans. »
Pour Claude Masse, le fait d'être avocat, et notamment d'être membre du Barreau du Québec, constitue véritablement un privilège parce qu'il symbolise la paix sociale et la tolérance. « J'ai eu beaucoup de chance dans ma vie pour avoir été à la fois professeur d'université et avocat. (...) Comme avocat, j'ai eu la possibilité de rencontrer des clients et de partager leurs problèmes. Ces échanges m'ont permis de comprendre rapidement la véritable signification de la profession: nous sommes, comme juristes, des gens qui travaillons à la paix sociale. Et si le Québec se démarque par rapport à d'autres pays occidentaux et d'autres pays du monde entier, c'est selon moi grâce à cette paix sociale et cette tolérance. Je pense qu'en tant qu'avocats, nous en sommes un peu responsables et nous devons nous en féliciter ».
À cet égard, le Barreau du Québec a un rôle primordial à jouer: il doit, par sa neutralité, contribuer à encadrer l'action du gouvernement. « Ce qu'il y a de plus précieux dans le rôle du Barreau du Québec est le fait qu'il soit crédible sur la place publique et qu'il serve de contrepoids au gouvernement. Avec l'expertise et l'expérience de 19 000 membres employés à des intérêts collectifs partisans, je pense que nous avons une place irremplaçable au Québec pour donner un point de vue relativement neutre et objectif sur les projets de lois. Je l'ai déjà dit et je le répète ce soir: le Barreau doit donc avoir les éléments et les instruments pour rester neutre ».
Le bâtonnier Claude Masse a terminé son allocution en soulignant, à juste titre, l'importance de la vie, lui qui souffre pourtant d'une maladie incurable. « J'ai récemment appris qu'un de mes collègues s'était enlevé la vie. J'aimerais dire ceci: même dans les situations les plus difficiles et les plus impossibles, on ne doit jamais oublier que la vie est plus précieuse que tout et il faut la respecter. »
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