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NDLR - Le Barreau de Montréal et la Centrale des syndicats du Québec présentaient en avril dernier la douzième édition du concours annuel de composition La justice a bonne mine. À l'intention des élèves du troisième cycle primaire, du premier cycle secondaire et du deuxième cycle secondaire, des secteurs francophone et anglophone de l'île de Montréal, le concours avait pour but cette année d'engager une réflexion sur l'intimidation et la violence, verbale et physique.
La remise des prix avait lieu le 11.
Tristan Barsky,
Collège Jean-de-Brébeuf
Deuxième secondaire
Debout: Jici Lauzon, le bâtonnier Richard Wagner, Me André d'Orsonnens, Me Magdalena Lempicka, Me Béatrice Arronis, Me Catherine Pilon, Me Alexandre Boileau; assis: Vijay Patel, Caitlin DeSeve, Stéphanie Lacroix-Quéry, Vijay Thoppil, Tristan Barsky |
- Alors, monsieur, est-ce grave?
- Madame, je dois vous dire que je suis assez perplexe devant l'état de votre fils, il semble très renfermé sur lui-même, il est distant et semble nerveux. Je vois souvent cet état quand il me vient des enfants traumatisés par un accident ou, principalement par la violence.
- Oh mon dieu! Je le savais! C'est sûrement à son école où de tels actes sont commis. Est-ce que la violence physique peut causer tant de dommages que cela sur un enfant?
- La violence, physique ou psychologique, peut être extrêmement nocive pour la santé mentale et physique d'un enfant ou d'un adolescent. Je peux vous expliquer tout ceci plus en profondeur si vous avez le temps et le désir...
- Oh oui! Je voudrais tant savoir ce qui rend mon fils si renfermé!
- D'accord. Comme je vous l'ai mentionné tout à l'heure, il y a deux types de violence: la violence physique et la violence psychologique. La violence physique est, comme vous le savez, une forme de violence exprimée par l'abus de force. Celle-ci est très dangereuse car elle peut causer à votre enfant des traumatismes autant physiques que psychologiques; autant un bras cassé qu'une dépression nerveuse, ce qui montre que la violence physique est autant dans l'esprit que sur le corps, mais il faut savoir que la quantité de violence physique reçue par l'enfant lui inflige plus ou moins de tort... La violence psychologique, elle, est aussi ou plus dangereuse que la violence physique, dépendamment de si elle est utilisée en abondance ou pas. Un coup de poing est un acte de violence physique, qui peut être très grave, mais si cet acte est répété maintes fois, cela atteint la psychologie de l'individu et devient nocif. Une insulte répétée est un acte de violence psychologique car elle atteint directement les émotions de la personne, qui va intérioriser cette violence. S'il est très confiant et sûr de lui, il va s'en «laver les mains», s'il est émotif, il pourrait le prendre moins bien et cela pourrait l'affecter émotivement, même à très long terme.
- Mais M. le Docteur, de la part d'une mère, une petite insulte pour le «réveiller» ne serait pas un acte grave n'est-ce pas? Vous êtes d'accord avec moi, non?
- Qu'essayez-vous d'insinuer madame? Parlez clairement!
- Eh bien peut-être que je le pousse à être une meilleure personne en lui soulignant ses défauts, ce qu'il croit être des insultes, de temps en temps...
- C'est justement de quoi je voulais vous parler, madame, votre fils ne présente aucun signe de blessures, de marques ou de coups, donc votre hypothèse de violence ne peut qu'être fausse. Je soupçonnais donc que la principale source de l'état de votre fils serait peut-être chez lui?
- Oh! Vous savez, ce ne sont que des mots! Cela ne peut être la cause de cet état, n'est-ce pas?
- N'avez-vous pas écouté ce que je vous ai dit? La violence psychologique est aussi dangereuse que la violence physique parce qu'elle est plus insidieuse, elle ne paraît pas autant et est très souvent cachée par la personne humiliée. Elle peut n'être composée que par des «petites insultes» pour devenir dangereuse.
- Je ne suis pas d'accord: une mère peut faire ce qu'elle veut à ses enfants, cela ne causera pas de tort.
- Madame, la violence de la part de n'importe qui est considérée grave et est grave... Si vous voulez voir votre fils redevenir normal, il faudra arrêter les insultes. Si ceci ne marche pas, revenez me voir dans trois mois.
- Je ne sais comment vous remercier docteur!
- Faites ceci en prenant bien soin de votre fils. Ça me suffit...
Vijay Thoppil,
John XXIII High School,
Secondary 2
Dear Diary,
My sixth grade teacher taught me, that when I have a deep emotion or an overwhelming feeling, I should write to you. Today was a day that opened my eyes and changed my life forever, so this is why I am writing to you at this moment.
This is how I entered this stage reflection. My son came back from school today in tears. I didn't know why, but before I got the chance to ask him, he fell asleep by crying too much. When he woke up, I asked him what was wrong. He said, "Someone hurt me." I thought my son got hurt physically, but when I asked him to show me where he got harmed, he said, "No one could see it, because the pain is in my heart." He told me, a bully was calling him "idiot", "stupid" and saying that he was a menace to this society, which really hurt his feelings. Right at that moment my high school memories flashed through my mind.
I was a normal kid in primary school, but when I entered secondary 1, something ticked inside of me, which somehow made me a bully. I think it was the influence of my friends that made me change. I wasn't hurting many people physically, but I was always attacking them through insults and saying bad things about them. I remember one person that I really picked on. His name was James Banermile. To me he was a small, skinny, ugly kid, whom I called "a stupid kid", "said that he was the ugliest kid in the world" and that his birth was an accident. Day in day out, I saw him going to the bathroom and when he came out, I could see small tears coming out of his eyes, because of all the horrible things I said about him. How dumb was I? I was destroying someone's self-esteem and confidence. Only now, through my son, I see how verbal violence can hurt people as much as physical violence.
I feel terrible for what I've done to James. I know where he lives. My friend, John, is James Banermile's neighbour. I am going to ask John for James's phone number so I can apologize for what I did to him a long time ago. I will explain to him what I had done and tell him how extremely sorry I am for my insensitivity and cruelty. I know it's a little bit too late to apologize, but it is better now than never. I just hope that he can find it in his heart to forgive me.
Well, I am happy to learn, even if it took me a while, that any type of violence, physical or verbal, is a gesture that can break someone's heart or destroy his or her inner spirit. But I am still sad because of what I did. Tomorrow I am going to find the kid who was insulting my son and I will talk to his parents about his actions and how they could hurt someone.
1 Les textes des élèves du troisième cycle primaire sont parus dans l'édition du 1er juillet, en page 20; les textes des lauréats du deuxième cycle secondaire paraîtront dans la prochaine édition.
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