ATTENTION : Les archives du Journal du Barreau vous sont présentées telles qu'elles ont été déposées sur le Web au moment de leur publication. Il est donc possible que certains liens soient non fonctionnels et que certains renseignements soient périmés.

Pour toute question ou commentaire concernant le Journal, communiquez avec journaldubarreau@barreau.qc.ca

Visitez la page officielle du Journal du Barreau sur le site Web du Barreau du Québec.

 

Concilier travail et famille

Louise Vadnais, avocate

Les femmes composent aujourd'hui 42 % des membres du Barreau. Parmi les avocats comptant moins de 15 ans d'expérience, 55 % sont des femmes. L'arrivée massive des femmes dans la profession a-t-elle changé la donne de la conciliation travail-famille? Pour le bâtonnier Claude G. Leduc, invité à la table de discussion Comment prendre le temps entre les enfants les parents et les clients?, animée par la juge France Thibault de la Cour d'appel, la loi du nombre va influer sur la profession. « D'ici quelques années, les femmes composeront 50 % des membres du Barreau. Si les femmes ont le contrôle du nombre, elles pourront changer les choses. »

Il n'est toujours pas facile de concilier travail et famille. L'arrivée massive des femmes dans la profession pourrait cependant changer la donne
Il n'est toujours pas facile de concilier travail et famille. L'arrivée massive des femmes dans la profession pourrait cependant changer la donne

L'écart de la pratique privée

Le bâtonnier a présenté un bref aperçu de la progression des femmes dans la profession. Admises au sein du Barreau en 1941, il s'est écoulé 30 ans avant qu'elles atteignent, en 1971, 5 % des effectifs. Trente ans plus tard, en 2001, elles seront huit fois plus nombreuses et composeront 41 % des effectifs. Les avocates sont jeunes, et 70 % d'entre elles ont moins de 10 ans de pratique. On les retrouve en majorité (61 %) dans les secteurs de l'administration publique, l'entreprise et l'enseignement. Seulement 39 % d'entre elles occupent des postes en cabinet privé, laissant une forte avance à leurs confrères qui occupent 57,2 % des emplois de ce secteur.

Pourquoi cet écart important dans le secteur de la pratique privée? Est-ce dû aux responsabilités familiales ou au marché du travail qui impose sa loi du nombre d'heures à facturer? « Il faut changer les choses individuellement certes, mais la discussion doit aussi venir des dirigeants de cabinets et de l'entreprise », a fait remarquer le bâtonnier Leduc. Me France Bergeron, du cabinet Cain Lamarre Casgrain Wells au bureau du Saguenay, a exposé sa propre expérience comme mère de trois enfants et avocate associée au sein d'un cabinet formé de 13 bureaux au Québec, dont la moyenne d'âge est de 35 ans et où l'on compte une moyenne de trois enfants par famille. « Il n'y a pas eu de virage conciliation travail-famille au sein de notre société. C'est venu tout naturellement. Les avocats et avocates qui y travaillent ont le souci de faciliter l'accomplissement des obligations familiales, notamment en faisant montre de souplesse dans la gestion de l'horaire de travail, allant même jusqu'à la semaine de quatre jours pour des avocates mères de jeunes enfants. Empêcher l'exode des jeunes et satisfaire leurs préoccupations de qualité de vie font partie de nos préoccupations. » Sa société fut citée en exemple en matière de politique familiale puisqu'elle est récipiendaire du prix d'excellence Iso-Familles 2001 décerné par le Conseil du statut de la femme.

Place aux parents et aux enfants

Comment les parents font-ils pour naviguer entre la maison et le travail et comment réagissent les enfants face au travail de leurs parents? Trois conférencières ont répondu à ces questions au centre du second volet de l'atelier. Louise Maranda, psychologue, a d'emblée invité les participants, à l'aide de simples exercices de respiration, à prendre contact avec leur espace intérieur, « une présence à soi-même ici et maintenant » essentielle au règlement des situations conflictuelles. Aussi, la psychologue a-t-elle mis en garde contre le pire des scénarios « être au bureau à la maison et à la maison au bureau ». Elle a conclu par un conseil d'une grande sagesse: « Soyez patient avec vous-mêmes. Quand on se sent débordé notre culpabilité déborde sur les autres. »

Deux autres psychologues, le Dr Suzanne Barry et Louise Towner, ont par la suite présenté un court vidéo d'extraits d'une entrevue avec cinq enfants âgés de six à 12 ans dont les deux parents occupent des emplois exigeants. Trois principaux messages des enfants en ressortent: primo, ils sont curieux et fiers du travail de leurs parents; secundo, ils souhaitent que la famille passe en premier lorsque les parents sont de retour à la maison; tertio, ils désirent faire davantage d'activités avec leurs parents et passer plus de temps « relax en famille ». Ce sont là des messages qui s'accordent avec les besoins fondamentaux des enfants d'avoir des relations chaleureuses et stables, dans un cadre parental structuré par des limites et des attentes, soulignent les psychologues.

Dans l'assistance, la bâtonnière Jocelyne Olivier, présidente du Comité des femmes du Barreau du Québec, s'est réjouie de la participation du bâtonnier Leduc. « Sa présence et son témoignage démontrent une ouverture du Barreau et une volonté de faire quelque chose afin d'améliorer la situation de l'avancement des femmes dans la profession. » Un signe visible que les hommes sont également partie prenante à la recherche de la difficile harmonie entre le travail et la maison.

 

 
 

Retour au haut de la page

© Barreau du Québec 1996-2012