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En plus d'être le thème du congrès, Prendre le temps fut également celui d'un atelier sur le stress, parrainé par le Programme d'aide aux membres du Barreau du Québec (PAMBA) et animé par le Dr Serge Marquis, spécialisé en médecine de travail et actuellement consultant dans le domaine de la santé mentale au travail.
Le Dr Marquis a amorcé sa conférence en confirmant que « le stress devient de plus en plus préoccupant, notamment depuis ces dernières années. Dans les années 1980, le taux d'absence de longue durée en milieu de travail pour problèmes psychologiques était moins de 2 %. En 1997, ce chiffre est passé à plus de 40 %! » Face à ces statistiques, plusieurs questions se posent. Qu'est-ce que le stress? Comment et pourquoi est-il aujourd'hui un fléau qui frappe près de la moitié de la population? Comment le contrôler?
Le stress est indispensable à l'être humain, estime le docteur Serge Marquis. Il suffit de savoir l'apprivoiser |
Le stress en soi n'est pas pathogène et est même indispensable pour l'équilibre et la survie de l'être humain. Il s'agit d'une réaction primitive engendrée par l'organisme afin de préparer le corps à lutter ou à fuir devant un danger. Il est déclenché par toute forme de situation qui constitue une menace réelle ou perçue comme telle par le cerveau. Mais il y a une différence entre le stress primitif qui aide l'homme à faire face à un danger réel et le stress d'aujourd'hui qui est sollicité trop longtemps et de façon répétée, sans qu'il y ait une menace réelle pour la survie de celui qui l'éprouve.
Plusieurs facteurs sont à l'origine de ce phénomène. Les progrès techniques et technologiques ont par exemple transformé notre rapport avec le temps. « Avant, lorsqu'on envoyait une lettre à quelqu'un, on savait qu'il lui faudrait au moins deux à trois jours avant de la recevoir et d'en prendre connaissance. Aujourd'hui, on envoie une télécopie et, deux minutes après, on téléphone pour savoir si la personne a reçu le message, si elle l'a lu et quelle est sa réponse... Et ceci sans parler du courrier électronique! », dit le Dr Marquis.
Les changements dans les valeurs sociales et professionnelles ont également bouleversé la perception de l'identité et de l'estime de soi. « Le travail a pris trop d'importance et beaucoup d'individus confondent valeur personnelle et valeur professionnelle. L'excellence, la performance, la qualité totale et l'amélioration continue orientent aujourd'hui la manière dont notre travail et notre vie sont organisés », explique le médecin. Or, poursuit-il, « le travail s'est complètement transformé au cours des dernières décennies et l'accélération phénoménale des rythmes de production crée une sollicitation de plus en plus grande ». Dans ce contexte, la réaction de stress est sans cesse déclenchée.
« Alors que faire?, demande le Dr Marquis. J'aime le thème du colloque Prendre le temps car le temps, dit-il, c'est la vie. Un jour, une personne m'a dit si Jésus-Christ revenait aujourd'hui, ce ne sont pas les paraplégiques qu'il ferait marcher mais les gens qui courent! Je vais vous donner un coffre à outil pour combattre le stress et gérer le temps. »
Un des principes de base est de développer une certaine « vigilance et conscience » sur tous nos comportements quotidiens qui sont sources de stress et d'agir en conséquence. « Il y a plein de petits gestes qu'on fait sans réaliser qu'ils sont ridicules et absurdes, comme par exemple s'impatienter devant un feu rouge, ré-appuyer plusieurs fois sur le bouton de l'ascenseur, comme si ce geste pouvait l'accélérer. C'est là qu'il faut s'arrêter et se dire: vigilance, conscience. Vais-je en mourir? Ça ne donne rien d'agir ainsi », explique le Dr Marquis.
Un autre principe est de redéfinir ses priorités et d'ajuster ses comportements en conséquence. « Il faut ré-harmoniser notre rapport avec le temps et accepter nos propres limites. Nous sommes sur terre pour un temps limité. Nous ne pouvons pas tout faire, tout posséder, tout réussir, être toujours le plus performant, etc. On n'a jamais été sollicité par autant de choses intéressantes, mais à force de se dire qu'on doit tout faire, on finit par ne rien faire. Il faut apprendre à se contenter de l'essentiel et évaluer ses propres limites. »
Le stress peut être combattu, ou du moins contrôlé, par la respiration et la perception. « Il existe des techniques de respiration pour calmer l'amygdale. L'une des techniques est la suivante: prenez cinq secondes pour inspirer, faites une pause de cinq secondes, puis prenez cinq autres secondes pour expirer. »
Un autre moyen de contrôler le stress est de modifier sa perception. « Beaucoup d'individus pensent qu'ils sont reconnus et aimés pour ce qu'ils sont capables de faire et non pas pour ce qu'ils sont. La survie passe donc pour eux par le besoin d'être appréciés, et ce besoin est conditionné par la réussite et la perfection. C'est l'image qu'on veut défendre. » Or, rappelle le Dr Marquis, la perfection n'existe pas. Il est donc important de changer cette perception.
La méthode d'identification des sources de stress constitue également une autre façon de combattre le stress. « À chaque fois que vous vous sentez stressé, prenez une feuille de papier, dressez un tableau en trois colonnes, conseille le médecin. Dans la colonne de gauche, inscrivez l'événement qui a provoqué votre état. Dans la colonne du milieu, nommez le sentiment déclenché en vous par cette source de stress (hostilité, culpabilité, tristesse, anxiété, etc.). Et enfin, dans la colonne de droite, faites l'examen de cette perception. Est-elle juste ou erronée? Est-il normal de ressentir une telle émotion et quoi faire pour la combattre ou s'en protéger? »
Un tel travail sur soi-même et sur son environnement permet de réagir d'une manière saine et efficace au phénomène de stress.
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