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NDLR - Le Barreau de Montréal et la Centrale des syndicats du Québec présentaient en avril dernier la douzième édition du concours annuel de composition La justice a bonne mine. À l'intention des élèves du troisième cycle primaire, du premier cycle secondaire et du deuxième cycle secondaire, des secteurs francophone et anglophone de l'île de Montréal, le concours avait pour but cette année d'engager une réflexion sur l'intimidation et la violence, verbale et physique.
La remise des prix avait lieu le 11.
Laurence Bich-Carrière,
Villa Ste-Marcellin
5e secondaire
La violence, dans sa rougeur impitoyable, s'étend sur la blancheur irréprochable et immaculée de l'innocence. Némésis aurait-elle occis Thémis? Algarades, incartades, altercations, empoignades, belligérances, hostilités, animosités, guerres, massacres, boucheries, carnages, ravages, hécatombes, génocides, anéantissement, annihilations! Vengeance séquestre Justice.
Est-ce la lame aiguisée d'une rapière qui a eu raison de Thémis? Non, c'est un vil - mais néanmoins tranchant murmure de raillerie. Car la violence verbale blesse plus que son équivalent physique.
Persécutée par une violence psychologique, Thémis mourra dans un raffinement de cruauté, dans la solitude, dans la putrescence de ses plaies ouvertes et d'une haine subreptice.
La violence verbale est pire que la violence physique parce qu'elle est plus subtile, plus recherchée, plus pénétrante. Les marrons en pleine poire ne sont que l'expression bestiale d'un mécontentement non-réprimé. La violence psychologique suppose une lucidité intellectuelle: pour faire mal, l'injure doit toucher un point faible, elle suppose une stratégie de la cruauté. L'insulte est une manipulation psychologique: le viol de la conscience personnelle de l'estime de soi à grande échelle, c'est le viol collectif de l'éthique des civilisations. Une gifle ou un coup de poing est un mécanisme animal: une bête peut griffer ou mordre, frapper ou piétiner. Elle ne peut cependant insinuer le peu de vertu d'une mère, la hideur spirituelle d'un père ou les déficiences mentales d'un proche: ce sont là des caractéristiques humaines. Le concept est plus complexe, la douleur l'est également.
La violence psychologique est une violence typiquement humaine; c'est également une violence solitaire. Or, l'homme est une créature grégaire, ce qui rend les préjudices à l'âme plus douloureux encore.
La violence verbale est la violence de la déréliction. Une ecchymose attire la sympathie: «Pauvre enfant, quelle brute t'a fait ça?» La brute en question n'a peut-être réagi qu'en défense à une offense: mais personne ne l'en plaint. La balafre au cœur n'est pas apparente, l'écorchure de l'âme est invisible. Les coups et contusions que l'œil perçoit envoient un message de détresse; les fractures à l'amour-propre ne provoquent pas la compassion. Ce qui est au su et au vu de tous importe, les meurtrissures internes sont secondaires, seul le superficiel compte. C'est plus facile à soigner ainsi.
Car on peut toujours badigeonner de mercurochrome, panser et becquer un bobo. Il n'y a pas de diachylons Walt Disney pour les excoriations de l'âme. La tête peut toujours dire au corps de résister à la douleur, de cesser de souffrir, le corps ne peut intimer à la tête d'arrêter de penser; le temps est le seul baume des blessures psychologiques. On peut toujours ignorer une égratignure au cœur, mais au rythme où s'accumulent les mortifications, le stoïcisme dont on s'est caparaçonné s'érode. Le heurt n'en est que plus déchirant.
La violence verbale, pernicieuse, perverse et attentatoire, mène à une succession -ô cercle vicieux!- de sévices aussi véhéments qu'implacables et de férocité irascible et inexorable.
Contre une invective, on catapulte un affront: les outrages et les avanies volent de toutes parts. On passe ensuite aux agressions corporelles: à un coquart, on répond par un horion. De dégelée en correction, de rixe en esclandre, les antagonismes s'entrechoquent. Derrière la voie de fait sur la voie publique, on trouble le microcosme de l'escalade des violences internationales. La séparation des pugilistes n'efface pas le désir de vengeance; une blessure à l'âme persistante entraîne un ressentiment constant: toutes les occasions seront bonnes pour retourner le fer dans la plaie, pour y enfoncer profondément le kriss de ses représailles.
La violence verbale, déjà porteuse d'incommensurables algies, engendre souvent une recrudescence de la violence physique. Aux blessures du cœur, on ajoute les blessures du corps. Bien que la croix des humiliations, brimades et vexations soit plus lourde que la croix des hématomes et des estafilades, les deux croix se valent, dans leur abjecte infamie.
Thémis est gisante, étendue sur le carrelage des turpitudes humaines: vainquons son geôlier, la violence, afin qu'elle puisse continuer à resplendir sur le monde.
Vijay Patel
College Prep International
Secondary 5
" Mom, Mom, Mom, wake up please... Please Mom I can't sleep, I can't stop crying Mom. Please hold me ", cried Mike.
Mike was seventeen at the time he was shedding those tears of homicidal pain caused by abuse. Who was he suppose to go to when his mom was helpless? When he had no one to trust, and most importantly, when he had no one who cared for him?
At the age of three, Mike was at the hospital with nine stitches on his innocent face, too young to discuss with anyone.
At the age of seven, Mike was beaten, thrashed against brick walls, and thrown onto concrete sidewalks and abused for nearly ten minutes. At the age of nine, Mike was thrown out of the house without his shoes or pants, in a wild snowstorm, simply for being unable to memorize his multiplication tables on time. At the age of fourteen, Mike was expelled from school for doing poorly in class, behaving violently, and most importantly, for carrying 7 _ inch knife with him to school. Mike was so scared that he couldn't even think about what was going to happen to him at home. Yet he still faced his punishment in the form that one can never even imagine.
Mike cried to the Lord day and night, to have him taken away from the horrible nightmare. Unfortunately, no one was able to show Mike the love for which he prayed. Mike's own words tell the story.
" Dad was always mad at me... Never cared and he always called me stupid... Never was proud of me... but who is he to judge me when he never gave his child a chance to even speak! "
" I was able to deal with the physical abuse and minor injuries such as the scars, cuts, bruises, and burn marks... those things didn't bother me. What did kill me inside deeply was daddy's lack of love, the verbal abuse, always calling me brainless, careless, helpless, and hopeless... Dad always felt good about making me feel like I was nothing in this world... Well Dad, you've accomplished your mission.
After all, I believe that he is right. I mean no one loves, cares or even feels for me. No one has ever been there for me, and most of all no one wants to understand or listen to me. Where could I go, where should I go, or is there even anywhere out there to go? I am not different, that is not what I want to be. I want to be looked after, I want to be loved and I want to be free. Perhaps, one day I will be. "
Mike was free at last because that day did come. His freedom was granted, but in a way that most teens do when thinking blindly; he achieved his freedom in the form of suicide.
The utmost important question is: " Is verbal abuse more dangerous than physical abuse? " Well, here's the answer. Healing is the cure to continue the journey of life, but how is one to survive the journey of life with the verbal abuse blinds one into believing he's not worthy enough to live.
Some can heal faster than others can and often society can help some heal from physical abuse. Can they help you heal from verbal abuse and the emotional abuse that is derived from physical abuse, however? I believe that emotional abuse is the most damaging form of abuse out there because it destructs one's mind by creating fear, encouraging bad behaviour and insecurity which can never be healed. Can they go back in time and erase the pain, humiliation and intimidation that Mike experienced? Could they have revived his soul that was already killed at the age of three?
1 . Les autres textes primés dans le cadre de ce concours ont été publiés dans les éditions du 11 août.
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