ATTENTION : Les archives du Journal du Barreau vous sont présentées telles qu'elles ont été déposées sur le Web au moment de leur publication. Il est donc possible que certains liens soient non fonctionnels et que certains renseignements soient périmés.
Pour toute question ou commentaire concernant le Journal, communiquez avec journaldubarreau@barreau.qc.ca
Visitez la page officielle du Journal du Barreau sur le site Web du Barreau du Québec.
L'École du Barreau du Québec est au diapason de la mondialisation de la pratique du droit. C'est dans cette optique que l'école a présenté la conférence d'ouverture du premier Séminaire d'étude sur les organisations internationales qui s'est déroulé en juillet dernier. Autre nouveauté, ce séminaire est le fruit d'un partenariat entre l'École du Barreau, le ministère des Relations internationales et l'Organisation mondiale du travail (OMT). Il aura attiré près d'une centaine de participants, étudiants et universitaires.
C'est en 1995 que l'article 38 était ajouté au Règlement sur la formation professionnelle des avocats. Cette disposition permet aux étudiants du Barreau d'effectuer leur stage professionnel, en tout ou en partie, à l'extérieur du Québec. L'École du Barreau a par la suite développé un programme de stages internationaux qui s'est avéré une grande réussite. Depuis 1995, plusieurs étudiants ont effectué avec succès leurs stages à l'étranger, dont certains au sein d'organisations internationales prestigieuses comme le Tribunal pénal international pour l'Ex-Yougoslavie, le Conseil de l'Europe ou l'Organisation internationale du travail.
En mai 2001, à la suite d'une mission d'évaluation réalisée par l'École du Barreau auprès des organisations internationales, il fut convenu de fournir aux stagiaires davantage d'informations sur les organisations internationales afin qu'ils soient plus opérationnels lors de leur stage.
C'est ainsi qu'est né le projet d'organiser un Séminaire sur les organisations internationales, en partenariat avec le ministère des Relations internationales et l'OMT, explique Me France Mainville, alors responsable des services aux étudiants et des stages à l'École du Barreau et instigatrice du Séminaire.
Le Séminaire d'étude sur les organisations internationales a été mis en place pour fournir aux stagiaires désireux de faire leur stage dans une organisation internationale une formation de base afin de mieux les préparer à travailler au sein d'une telle structure.
Cette formation de base comprend plusieurs étapes. « Dans une première étape, explique Me Mainville, des jeunes professionnels réalisent différents travaux sur une plate-forme Internet. » Une deuxième étape, soit celle du « séminaire résidentiel », comprend douze heures de cours et deux conférences. Par la suite, une journée est consacrée à des travaux préparatoires pour ceux qui partent en stage à l'étranger. Enfin, un dernier exercice est prévu sur le site Web pour les matières touchant la déontologie. « Par ailleurs, en plus des séances de formation, une documentation complète de 200 pages est remise aux participants pour accompagner les cours », poursuit France Mainville.
La conférence d'ouverture du Séminaire réunissait quatre conférenciers, soit Bernard Gernigon, Chef du Service de la liberté syndicale au Bureau international du travail à Genève, Daniel Turp, professeur de droit à l'Université de Montréal, Gérald Larose, professeur au Département de travail social à l'Université du Québec à Montréal, et James Thwaites, professeur à l'Université Laval au Département des relations industrielles. Leurs interventions étaient consacrées au thème Les droits fondamentaux au travail face au défi de la mondialisation.
L'objectif des douze heures de cours est très ambitieux. Il ne vise pas à donner un cours d'université mais plutôt à donner des pistes de réflexion sur ce qui est attendu des stagiaires dans une organisation internationale. À cet égard, « peu importe le profil de l'étudiant, biologiste, juriste ou autre, je pense qu'il y a un corpus de base qu'ils doivent avoir, c'est-à-dire des connaissances de base se rapportant à votre savoir-faire et à votre savoir-être », explique Me Anne-Marie La Rosa du Centre international de formation de l'Organisation internationale du travail à Turin.
« Nous avons divisé la matière en quatre parties, explique-t-elle. Le premier bloc traite du système international dans lequel s'insère l'organisation que vous allez intégrer. Le deuxième bloc est la prise de décision au sein des organisations internationales, c'est-à-dire la manière dont une organisation internationale s'exprime. Les étudiants auront en effet un grand rôle à jouer dans ce domaine, car derrière ces prises de décision, il existe un grand travail préparatoire qui est fait généralement par les secrétariats. Ce qui est d'ailleurs d'autant plus important que plusieurs étudiants intégreront les secrétariats des organisations internationales lors de leur stage. »
Le troisième bloc de la formation concerne le contrôle, la mise en œuvre, le respect et l'application des décisions adoptées par les organisations internationales. Enfin, le quatrième bloc touche la question de la déontologie et de l'éthique en milieu international. « Les avocats ont appris la déontologie en milieu national, mais il est important de connaître les règles déontologiques en milieu international car il existe certaines particularités », précise Me La Rosa.
Le Séminaire d'études sur les organisations internationales est le fruit d'un travail intense et constitue une formation très enrichissante pour les participants. Le bâtonnier du Québec, Me Claude G. Leduc, a animé la conférence d'ouverture et invité les étudiants à en profiter pleinement. « Tout ce qui touche à l'international m'a toujours excité et je trouve que vous avez une chance en or de participer à ce séminaire. J'aurais voulu participer à ce genre d'atelier et pouvoir m'ouvrir sur le monde. Profitez de ces heures de formation, impliquez-vous! De plus, la documentation qui accompagne le séminaire est un outil très précieux qui va vous être utile pendant de nombreuses années. Y a-t-il plus beau champ de pratique que la planète? Je suis fier que le Barreau du Québec ait été innovateur dans cette démarche car il est important de former les jeunes d'aujourd'hui dans ce domaine-là », d'affirmer Claude G. Leduc.
Me Luc Bergeron, du ministère des Relations Internationales du Québec, a travaillé pendant de longues années dans le milieu international et partage l'opinion du bâtonnier. « Quand j'étais étudiant en droit, les personnes comme moi qui s'imaginaient traiter des dossiers en droit international étaient considérées comme des extra-terrestres. Aujourd'hui, les choses ont évolué et nous assistons présentement à la rencontre de deux bonnes idées. D'une part, celle de Me France Mainville et du Barreau du Québec qui ont cherché à introduire la dimension internationale dans une profession qui en avait largement besoin et, d'autre part, celle du ministère des Relations internationales qui s'est mis à réfléchir sur les moyens d'intéresser les jeunes aux affaires internationales. »
« La mondialisation est aujourd'hui en accélération exponentielle et touche toutes les professions. Le métier que vous allez faire demain va avoir une forte composante internationale et vous avez de la chance de recevoir dès maintenant une bonne formation », conclut Me Bergeron.
© Barreau du Québec 1996-2012