ATTENTION : Les archives du Journal du Barreau vous sont présentées telles qu'elles ont été déposées sur le Web au moment de leur publication. Il est donc possible que certains liens soient non fonctionnels et que certains renseignements soient périmés.

Pour toute question ou commentaire concernant le Journal, communiquez avec journaldubarreau@barreau.qc.ca

Visitez la page officielle du Journal du Barreau sur le site Web du Barreau du Québec.

 

Barreau de l'Abitibi-Témiscamingue

Louis Baribeau, avocat

En Abitibi-Témiscamingue, les liens sont tissés serrés entre le Barreau de section et la vie sociale et économique de la région. « Chez nous, il n'y a pas un organisme où un avocat n'est pas impliqué. Des maisons d'hébergement pour les femmes et la famille, en passant par les centres hospitaliers, jusqu'aux chambres de commerce, les avocats sont considérablement représentés. C'est un signe de santé », affirme le bâtonnier Me Marc Lemay, qui pratique dans la région depuis 27 ans.

L'équipe du conseil de section du Barreau de l'Abitibi-Témiscamingue. Dans l'ordre habituel: Mes Isabelle Breton, Sylvie Roy, Henri Kelada 1er conseiller, Denise Descoteaux, Louis-Marie Chabot, Jocelyn Geoffroy (bâtonnier sortant) et le bâtonnier Marc Lemay. Absent sur la photo, M<sup>e</sup> Claude Cossette
L'équipe du conseil de section du Barreau de l'Abitibi-Témiscamingue. Dans l'ordre habituel: Mes Isabelle Breton, Sylvie Roy, Henri Kelada 1er conseiller, Denise Descoteaux, Louis-Marie Chabot, Jocelyn Geoffroy (bâtonnier sortant) et le bâtonnier Marc Lemay. Absent sur la photo, Me Claude Cossette

Me Bernard Barrette, du cabinet Flynn Rivard Provencher Barrette, avait à peine 31 ans quand il s'est mis au service de la communauté de Rouyn-Noranda en tant que président de la Chambre de commerce en 1989. Sous son impulsion, le nombre des membres de la Chambre a fait un bon extraordinaire. « Aujourd'hui, c'est la 3e plus importante chambre de commerce de la province compte tenu de la population et du nombre de places d'affaires. Elle est l'une des seules qui est propriétaire de ses propres locaux qui sont d'ailleurs entièrement payés », fait valoir Me Barrette. C'est notamment sous sa présidence que la Chambre a organisé le premier salon de la sous-traitance dans la région. La directrice générale de la Chambre, Julie Bouchard, précise que l'implication de Me Barrette a été tellement importante que son nom, avec celui d'une autre personne, a été retenu pour désigner la salle de conférence de l'organisme.

En raison de sa formation et de son expérience, l'avocat est l'un des professionnels les mieux préparés pour contribuer au développement d'une chambre de commerce. « Quand on va à la cour, on développe notre aptitude à expliquer un événement et à communiquer un message. On n'est pas gêné de s'adresser au public », souligne Me Barrette.

L'apport de l'avocat est précieux aussi en raison de son statut. « Il est vrai que l'avocat est de moins en moins sur un piédestal. Mais le mot avocat bénéficie encore d'une certaine aura. Cela ouvre des portes, il faut ensuite s'organiser pour la garder ouverte », dit-il.

Aujourd'hui, Bernard Barrette met au service de la Fondation de la Bibliothèque de Rouyn-Noranda, dont il est le secrétaire, sa crédibilité d'avocat et celle de son cabinet ainsi que son réseau de contacts dans le monde des affaires. Au nom de l'organisme, il sollicite les entreprises de la région pour financer l'achat de livres. De plus, comme président de la Bibliothèque de Rouyn-Noranda, utilise ses connaissances légales pour gérer les services, les fonds et l'expansion de la bibliothèque de même que pour appliquer les normes gouvernementales.

En Abitibi-Témiscamingue, l'implication individuelle des avocats dans les conseils des organismes régionaux est sans doute plus facile à réaliser que les actions concertées, puisque ces dernières se heurtent à l'obstacle de la distance. En effet, les 137 avocats de la section sont dispersés sur un immense territoire allant du Témiscamingue-Sud jusqu'à Kuujjuaq. Ils pratiquent dans six palais de justice permanents, sans compter les cours itinérantes qui couvrent le nord du territoire sur trois grands districts judiciaires: Témiscamingue, Rouyn-Noranda et Abitibi.

Autant est vaste la section d'Abitibi-Témiscamingue, autant est vaste le champ de pratique de chaque avocat. « Tous les avocats d'ici sont des omnipraticiens, pour prendre une terminologie médicale. Donc, il faut une grande ouverture d'esprit. Le revers de la médaille est qu'il faut être constamment à jour et profiter des cours de formation professionnelle », explique le bâtonnier Lemay.

Avocat à l'aide juridique, Me Jean-Claude Latraverse, qui est le seul membre du Barreau de l'Abitibi-Témiscamingue à pratiquer le droit dans la communauté de 2000 âmes de Kuujjuaq, est un modèle d'ouverture d'esprit.

Arrivé de Montréal il y a quelques années pour mieux connaître la culture inuite et pour mettre en pratique une approche sociale du droit, Me Latraverse a orienté sa pratique principalement en droits civil, familial, pénal et en droit de la jeunesse. Il qualifie davantage sa pratique de sociale et communautaire que de pratique d'avocat. « En habitant ici, je suis devenu un membre de la communauté, et ça fait partie de mon mandat d'avocat de l'aide juridique de m'impliquer dans sa vie quotidienne. Je fais la tournée des écoles pour expliquer le travail du barreau et pour susciter des carrières chez les Inuits. La culture est tellement différente. Ce serait plus facile si un Inuit était à ma place », constate-t-il.

Faire du droit en région est un travail très accaparant en dehors des heures de bureau. « Les gens peuvent m'appeler chez moi pour toutes sortes de raisons, notamment lorsque surviennent des problèmes familiaux. Cela ne m'embête pas d'être sollicité », de dire Jean-Claude Latraverse. « Par contre, l'avocat se doit de garder une certaine distance et neutralité, afin de pouvoir représenter les gens à la cour lors de conflits. »

Et quand il y a un conflit, il s'efforce toujours de concilier l'application de la loi et les droits des clients avec l'harmonie de la communauté. « Si on n'atteint pas un consensus, les Inuits risquent de se rebuter contre le système », constate-t-il. Aussi, il s'ajuste à la réalité culturelle des Inuits. Par exemple, dans la communauté, lorsqu'un inuit dit la vérité, il est pardonné et sa faute est effacée. Alors, « ils ne mentent jamais, c'est pourquoi c'est difficile pour un avocat d'appliquer la Charte. Notre système juridique n'est pas adapté à cette culture ».

 

 
 

Retour au haut de la page

© Barreau du Québec 1996-2012