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Le Journal du Barreau a entrepris une grande tournée des barreaux de section du Québec afin d'en traduire les particularités de même que leur travail d'insertion économique et communautaire. Un rendez-vous avec le dynamisme.
Les 240 avocats de la section de la Mauricie ont une pratique hybride. Ils exercent sur un territoire qui regroupe pas moins de trois palais de justice, soit à La Tuque, Shawinigan et Trois-Rivière de même que les districts judiciaires de Saint-Maurice et de Trois-Rivières. « Nos membres vivent à la fois des réalités de barreaux de province et de barreaux de centres urbains, car ils représentent à la fois des particuliers et des clients institutionnels », remarque le bâtonnier de section Me François Vigeant.
Dans cette section qui a plus de 150 ans d'histoire et de tradition juridique, se mêlent donc cabinets nationaux et régionaux. Et aussi de petits cabinets où plusieurs générations de juristes se sont succédés. Rappelons que les avocats et avocates de la Mauricie comptent parmi leur clientèle de grandes entreprises dans le domaine de l'aluminium, des pâtes et papiers ainsi que des centres de service publics et parapublics importants.
Une des priorités du Barreau de la Mauricie est de favoriser l'accès du public à l'information juridique, d'autant plus que la clientèle des particuliers est celle qui a le moins facilement accès à cette information et aux services des avocats. « Pour l'instant, alors que les nouveaux médias n'ont pas terminé leur développement, les médias traditionnels comme la télévision et la radio sont un moyen privilégié de s'insérer dans la société. Il y a plus d'avocats qui donnent des entrevues à TVA et à Radio-Canada. Il y a maintenant une ouverture des avocats à ces médias et les médias sont devenus plus ouverts au monde judiciaire parce que la population s'y intéresse aussi », remarque le bâtonnier Vigeant.
Me Marie-Claude Trudel fait partie de ces juristes qui s'intéressent aux médias. Il y a environ deux ans, elle a proposé à la télévision locale de présenter des capsules juridiques sur le câble. « Souvent, les télédiffuseurs reçoivent des informations culturelles, mais ils manquent de contenu dans d'autres domaines », constate Me Trudel. Ses capsules ont été diffusées de Trois-Rivières à Louiseville en passant par La Tuque dans une émission d'information culturelle et d'actualité d'affaires.
Puis, après avoir été engagée comme avocate au Centre communautaire juridique de Louiseville, elle a fait une série de 6 émissions d'information juridique d'une demi-heure chacune. Comme animatrice, elle rencontre des confrères et consoeurs et elle reçoit des intervenants de domaines connexes au droit. Ainsi, elle fait intervenir un psychologue pour conseiller les parents qui doivent annoncer leur divorce à leurs enfants ou un policier pour expliquer le fonctionnement de l'ivressomètre.
« Je voulais que les gens voient un avocat dans leur salon pour qu'ils se rendent compte du genre d'information qu'ils peuvent obtenir de lui. J'ai dit aux gens "fiez-vous à votre inquiétude. C'est un signe que c'est le temps d'aller vous informer, d'aller consulter un avocat" », exprime Marie-Claude Trudel.
Ces émissions ont été profitables à des clientèles défavorisées n'ayant pas accès à cette information de manière naturelle ou des clientèles qui n'ont pas les ressources financières suffisantes pour consulter un avocat, et à ceux qui n'ont pas la curiosité de consulter un avocat, par exemple pour problème concernant un achat de consommation.
Tout au long de la série d'émissions, Marie-Claude Trudel demandait des commentaires à son entourage. « Je voulais savoir si l'information est claire et abordable. En même temps, je voulais éviter de trop simplifier. J'ai trouvé un équilibre en donnant de l'information générale pour allumer des lumières. Je disais que le droit c'est du cas par cas et j'incitais les gens à aller consulter », raconte-t-elle. Au début, elle se préparait de la même façon que pour donner un cours de droit. « Je trouvais cela compliqué. J'étais stressée parce que j'avais peur d'oublier de l'information ou de me tromper. J'ai appris que plus on fait cela simplement, mieux c'est », dit-elle.
Aux avocats qui voudraient entreprendre la même démarche, elle conseille d'attendre d'avoir pris de l'expérience dans la pratique du droit, afin de s'inspirer pour le contenu des émissions des problèmes marquants soulevés en entrevue par les clients. Pour la préparation de ses émissions, dans les domaines où elle était moins à l'aise, Me Trudel appelait des confrères pour leur demander pour voir ce « qui crée des tensions inutiles chez les clients ».
Les avocats intéressés à investir dans l'accessibilité à l'information juridique peuvent être inspirés par les émissions de Me Trudel.
Les membres du Barreau de la Mauricie peuvent également puiser l'inspiration pour leur pratique dans les figures marquantes de la section de la Mauricie que sont Claude Bisson et Marcel Crête, deux juristes aux qualités exceptionnelles qui ont fait leurs classes en Mauricie et qui furent, tous deux, juges en Chef du Québec. « Ils sont le produit d'une tradition d'avocats qui, depuis la naissance du Barreau de la Mauricie, visent l'excellence. Ils servent de modèles pour les avocats qui veulent atteindre des standards élevés dans leur profession », souligne le bâtonnier François Vigeant. Une salle du palais de justice de Trois-Rivières porte d'ailleurs le nom de Marcel Crête.
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