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Le Barreau de Bedford

Louis Baribeau, avocat

Les avocats de la section de Bedford, qui regroupe principalement les municipalités de Bedford, Granby, Cowansville et Waterloo et dont les frontières se dessinent jusqu'à la frontière du Vermont, appuient les efforts de la population pour améliorer les services de santé. Cette région dépend des hôpitaux de Montréal et Sherbrooke pour obtenir des diagnostics ou des soins courants, ce qui occasionne d'importants frais de déplacement pour les malades et leur famille, observe Me Mario Dionne, bâtonnier de Bedford. « On ne veut pas que nos hôpitaux soient des dispensaires », proteste-t-il.

Le Conseil du Barreau de Bedford: assis, de gauche à droite, le bâtonnier M<sup>e</sup> Mario Dionne, la trésorière et bâtonnière sortante, M<sup>e</sup> Christine Fournier, et la 1ère conseillère, M<sup>e</sup> Francine Morin. Debout: M<sup>e</sup> Éric Cloutier (représentant du Jeune Barreau de section), M<sup>e</sup> Julie Beauchesne (secrétaire), M<sup>e</sup> Éric Choinière et M<sup>e</sup> Lisa Merovitz
Le Conseil du Barreau de Bedford: assis, de gauche à droite, le bâtonnier Me Mario Dionne, la trésorière et bâtonnière sortante, Me Christine Fournier, et la 1ère conseillère, Me Francine Morin. Debout: Me Éric Cloutier (représentant du Jeune Barreau de section), Me Julie Beauchesne (secrétaire), Me Éric Choinière et Me Lisa Merovitz

Parmi les 153 avocats de la section, plusieurs sont impliqués sur des conseils d'administration de centres hospitaliers, de fondations et d'autres organismes oeuvrant dans le domaine de la santé. En tant que président du Centre hospitalier de Granby, administrant un budget de 57 000 000 $, Me Mario Dionne travaille avec son conseil d'administration pour attirer des médecins spécialistes dans la région et acquérir de nouveaux équipements médicaux. Sa plus grande réussite est d'avoir obtenu récemment du gouvernement les autorisations nécessaires pour se procurer des appareils de médecine nucléaire et de résonance magnétique.

Ce projet a nécessité un montage financier spécial auquel a participé la Fondation du Centre hospitalier de Granby. Depuis quelques années, cet organisme de bienfaisance a décidé de solliciter des dons testamentaires et de faire appel à la générosité des entreprises de la région en plus des particuliers. L'organisme a modifié son approche en conséquence, explique Me Éric Choinière, membre du conseil d'administration de la Fondation. « On ne sollicite pas un don de 1 000 $ de la même façon qu'un don de 20 $, indique-t-il. Un membre du conseil d'administration fait personnellement la demande de don à une entreprise et nous transmettons davantage de documentation qu'à un particulier. »

Déontologie de la sollicitation

La Fondation a accepté la suggestion de Me Choinière d'encadrer toutes ses activités de sollicitation par un code de déontologie. Ainsi, l'organisme ne réfère jamais les donateurs à un notaire précis et ne donne pas d'opinions fiscales, ni ne remet sa liste de donateurs à d'autres organismes. On retrouve ces mêmes valeurs éthiques dans la coordination des activités de sollicitation, d'expliquer Me Éric Choinière. « On évite de solliciter trop souvent une personne, précise-t-il. On cible les activités susceptibles de l'intéresser. »

Tout comme les centres hospitaliers, les organismes de réadaptation réclament leur juste part des budgets de la santé. Le Centre en réadaptation en déficience intellectuelle pour la Montérégie reçoit l'appui de Me Lisa Merovitz, ex-éducatrice en réadaptation devenue disciple de Thémis, qui siège au conseil d'administration. « En déficience intellectuelle, les dossiers des organismes ne sont pas sur le dessus de la pile pour l'obtention de l'aide financière, observe-t-elle. On se bat contre de très gros joueurs. Il y a eu des acquis. Il ne faudrait pas les perdre. »

En 1977, alors que Me Merovitz commençait une carrière d'éducatrice en réadaptation, les institutions contrôlaient les personnes handicapées intellectuelles avec des médicaments et les abandonnaient à elles-mêmes. « Le faible niveau d'attente qu'on avait à l'égard des handicapés intellectuels perpétuait leurs incapacités », se souvient-elle. Plus tard, devenue gestionnaire dans un centre de réadaptation, elle a fourni de la formation aux préposés pour augmenter leurs attentes envers leur clientèle. « La stimulation est importante, affirme Me Merovitz. Quand on encourage les personnes handicapées intellectuelles, on obtient une meilleure intégration dans la société. »

Affirmation des personnes

Un autre facteur qui perpétue l'incapacité des personnes handicapées intellectuelles est la privation de leurs droits civiques. Me Merovitz propose qu'elles possèdent, dans la mesure du possible, un compte en banque et signent leur contrat d'emploi lorsqu'elles travaillent dans un atelier protégé.

Elle aborde ces sujets en connaissance de cause. Sa fille trisomique de 27 ans est maintenant autonome et a un emploi à temps plein subventionné. « Quand l'enfant est en bas âge, il faut se retenir de tout faire à sa place », souligne-t-elle. Il s'agit plutôt de lui enseigner à prendre des initiatives et applaudir à ses succès. Actuellement, je récolte les fruits de tous ces efforts. »

Les avocats qui représentent des handicapés intellectuels sont souvent mal à l'aise parce qu'ils ne comprennent pas leur façon de communiquer. « Les handicapés intellectuels ne jouent pas à des jeux sociaux comme nous, observe Me Merovitz. Quand nous communiquons, nous avons besoin de représenter un métier et un statut social. Ils n'ont pas cela. Ils ne se demandent pas comme nous ce que les autres vont penser d'eux. En revanche, ils sont très proches de leurs émotions. C'est une joie de les voir exprimer cette sorte de vérité. »

Un district, deux palais

La section de Bedford, qui couvre le seul district judiciaire de Bedford, partage ses services judiciaires avec d'autres régions. Ainsi, plusieurs magistrats de la Cour supérieure et de la Cour du Québec siègent à la fois dans le district de Bedford et dans les districts de Lac-Mégantic et Saint-François.

La section comprend actuellement deux palais de justice offrant des services judiciaires complets, un à Cowansville et l'autre à Granby. Les avocats pratiquent autant à l'un qu'à l'autre étant donné que la distance les séparant est d'une trentaine de kilomètres seulement. La bâtonnière sortante, Me Christine Fournier, qui s'intéresse à l'histoire de la section, rappelle qu'il y a eu de nombreuses discussions dans le passé pour décider si on conservait les deux palais.

« Jusqu'en 1960, les juges qui venaient de l'extérieur pouvaient loger dans une chambre spécialement aménagée du palais de justice de Cowansville, rappelle Christine Fournier. De plus, une partie de ce palais a servi de bureau à Jean-Jacques Bertrand quand il était député de Brome-Missisquoi ».

 

 
 

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