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Le Barreau du Bas-Saint-Laurent, Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Louis Baribeau, avocat
Plusieurs avocats originaires de la section du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine renouent avec leurs racines et s'impliquent résolument dans leur communauté. C'est le cas de Me Rodrigue Joncas, d'abord conseiller municipal à Gaspé de 1991 à 1994, puis maire de cette ville. Il marchait ainsi sur les traces de son ancien associé, le juge en chef en chef associé à la Cour supérieure, Robert Pidgeon, qui fut lui-même maire de Gaspé.

Le conseil 2002-2003 du Barreau du Bas-Saint-Laurent, Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine : dans l'ordre habituel Mes Charles Bernard, James Rondeau, Aline Dion, Julie Gagné, Carol Abud (1er conseiller), Sylvie D'Amours (qu'on aperçoit brièvement derrière M<sup>e</sup> Abud), Andrée Rioux et le bâtonnier Richard Guay
Le conseil 2002-2003 du Barreau du Bas-Saint-Laurent, Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine : dans l'ordre habituel Mes Charles Bernard, James Rondeau, Aline Dion, Julie Gagné, Carol Abud (1er conseiller), Sylvie D'Amours (qu'on aperçoit brièvement derrière Me Abud), Andrée Rioux et le bâtonnier Richard Guay

Avec Rimouski et Rivière-du-Loup, Gaspé est l'un des trois pôles où se concentrent la grande majorité des 220 avocats de cette immense section, qui s'étend de Sainte-Anne-de-la-Pocatière jusqu'à Gaspé et incluant les Îles-de-la-Madeleine, précise le bâtonnier de section, Me Richard Guay. « Les trois palais de justice les plus importants sont à New Carlisle, Rimouski et Rivière-du-Loup, rappelle-t-il. Les juges siègent aussi occasionnellement à Mont-Joli, Matane, Amqui, Sainte-Anne-des-Monts, Percé et aux Iles-de-la-Madeleine. »

Au début des années 1990, alors qu'il songe à faire le grand saut vers la politique, Rodrigue Joncas constate que Gaspé est bien loin des centres de décisions. Il a le sentiment que les députés locaux sont laissés pour compte par les gouvernements et qu'il peut être plus utile au conseil municipal qu'au parlement à Ottawa ou à l'Assemblée nationale à Québec. Pour lui, les politiciens municipaux sont plus près des citoyens que les députés. « Un maire est continuellement sollicité par les citoyens qu'il visite un hôpital ou fait ses emplettes ».

Me Martin Gagnon, lui, s'est fait élire conseiller municipal à Matane parce qu'il contestait des décisions importantes de la municipalité. Dans son deuxième mandat, interrompu par sa nomination à la magistrature, il a pris part à la création d'un organisme qui gèrera des fonds importants pour attirer des entreprises dans la région. « C'est un précédent, remarque-t-il. Avec les villes immenses qui viennent d'être créées, il faut s'unir pour faire compétition avec elles. »

Les politiciens municipaux doivent être capables de travailler dans l'affrontement, une habileté que la profession d'avocat aide à développer, considère Me Joncas. « En politique, on doit donner notre point de vue tout en respectant quelqu'un qui pense différemment, estime-t-il. On ne garde rancune contre personne. »

La profession d'avocat prépare aussi le futur politicien à maîtriser des informations pour répondre rapidement à des questions. Depuis son saut en politique municipale, Me Joncas utilise les médias pour se rapprocher de ses concitoyens. Au moins une fois par mois, il apparaît à la télévision pour expliquer les enjeux des principaux dossiers. Il participe également à des entrevues et répond aux questions des citoyens lors de lignes ouvertes. Rappelons aussi que les réunions du conseil de ville sont télédiffusées en direct.

Lorsqu'il était maire de Gaspé, Me Rodrigue Joncas était de tous les comités. À la fin de son mandat, il a mis en veilleuse son implication communautaire et pris quelque temps pour réfléchir, puis a rejoint le Centre communautaire juridique de Rimouski. Aujourd'hui, il est maintenant prêt à s'engager dans un nouveau projet qui lui tient à cœur, doter la région de Rimouski d'un centre d'hébergement pour les hommes sans-abri. « Ici, dans le Bas-Saint-Laurent, ce n'est pas comme à Montréal où on tolère les itinérants, note-t-il. Si quelqu'un traîne trop longtemps dans un parc, les policiers procèdent à son arrestation. Je le sais, je les défends. Les hommes qui perdent leur chez-soi n'ont pas d'endroit où aller. Il y a des organismes d'hébergement pour les femmes, mais pas pour les hommes. »

Me Gaston Desrosiers n'a pas eu non plus beaucoup de temps à lui durant les trois années où il a présidé le Comité organisateur des Jeux du Québec à Rimouski. « Les journées étaient longues; j'ai fait un trait sur les hobbies et les fins de semaine, se souvient-il. Cela a valu la peine de vivre cette expérience sportive et culturelle qui a réuni quelque 2500 jeunes. » Il n'aurait pas pu mener à bien ce projet sans le soutien de ses collègues. D'abord, ses associés qui l'ont appuyé puis ses collègues de la section en droit commercial qu'il dirige qui ont accepté de revoir pour un temps, la répartition du travail.

Une fois l'an, des avocats de la section prennent une pause dans leurs activités professionnelles et communautaires pour participer à leur congrès régional du printemps qui dure immuablement quatre jours. « Nous sommes une des rares sections à organiser un tel congrès », souligne le bâtonnier Me Richard Guay. Compte tenu que la section couvre 4 districts judiciaires, Kamouraska, Rimouski, Bonaventure et Gaspé, le congrès a lieu dans une ville différente chaque année.

La section a donné naissance à plusieurs familles de juristes, notamment celle de Paul-Arthur Gendreau, juge à la Cour d'appel du Québec, dont le père a également fait partie de la magistrature après avoir pratiqué le droit à Rimouski, note la secrétaire-trésorière de la section, Me Aline Dion.

 

 
 

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