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Barreau de Montréal

Louis Baribeau, avocat

La section de Montréal s'est donné la mission de pousser les justiciables à faire valoir leurs droits, explique Me Pierre Fournier, président du comité de liaison avec le public du Barreau de Montréal. « Pour cela, le citoyen a besoin de se questionner et de questionner un expert du droit », dit-il. Le comité met en oeuvre chaque année un éventail d'activités pour sensibiliser le public à la prévention juridique et l'informer de la disponibilité des membres du Barreau. « Si les gens n'ont pas d'argent pour payer leur avocat, il y a toujours l'aide juridique et les membres sont ouverts à donner des consultations pour un prix nominal par l'intermédiaire du service de référence », considère le bâtonnier de Montréal, Me Alan M. Stein. Sans compter que les justiciables ont accès à une clinique de consultation juridique gratuite pendant la Semaine du Barreau de Montréal.

Le Conseil du Barreau de Montréal. Dans l'ordre habituel, assis, M<sup>e</sup> Pierre Séguin (trésorier), le bâtonnier Alan M. Stein, Mes Stéphane Rivard (premier conseiller) et Michèle Moreau (secrétaire). Deuxième rangée : Mes Julie Latour, Éric Dufour, Guylène Beaugé, Steven Slimovitch, Martha Shea, David Collier, Denis Mondor, Caroline Ferland (représentant l'Association du Jeune Barreau de Montréal), Martin F. Sheehan et Doris Larrivée (directrice générale)
Le Conseil du Barreau de Montréal. Dans l'ordre habituel, assis, Me Pierre Séguin (trésorier), le bâtonnier Alan M. Stein, Mes Stéphane Rivard (premier conseiller) et Michèle Moreau (secrétaire). Deuxième rangée : Mes Julie Latour, Éric Dufour, Guylène Beaugé, Steven Slimovitch, Martha Shea, David Collier, Denis Mondor, Caroline Ferland (représentant l'Association du Jeune Barreau de Montréal), Martin F. Sheehan et Doris Larrivée (directrice générale)

Durant ces activités, le Barreau s'efforce aussi de mettre en valeur son rôle de protection du public sur son territoire couvrant l'Île de Montréal. « C'est important d'envoyer le message à la population qu'on s'occupe, par l'entremise du Barreau du Québec, de la surveillance des avocats, de l'inspection professionnelle et des comptes en fiducie », affirme le bâtonnier.

Cette préoccupation pour la protection du public remonte à l'ancêtre éloigné du Barreau de Montréal, la Communauté des avocats qui, en 1779, a adopté les premières règles de discipline et d'éthique. Dès ses origines, l'histoire du Barreau de Montréal se confond avec celle du Barreau du Bas-Canada. On considère en effet que la naissance officielle du Barreau de Montréal remonte à 1849, lors de l'Acte pour l'incorporation du Barreau du Bas-Canada alors qu'il s'est vu confier la responsabilité des admissions à l'étude et à la pratique du droit. Par la suite, le territoire du Barreau de Montréal a été circonscrit au district judiciaire de Montréal. Il compte aujourd'hui plus de 10 500 membres.

Rejoindre les plus vulnérables

Le Comité de liaison avec le public, qui compte sur la participation directe ou indirecte de 300 avocats, privilégie des activités avec les personnes les plus vulnérables à la perte de leurs droits. « Ce sont principalement les jeunes du primaire et du secondaire et les personnes âgées », souligne Me Pierre Fournier.

Le comité rejoint les jeunes par l'école. Ainsi, il organise dans les écoles des concours oratoires et des concours d'écriture. Depuis un an, dans le cadre du projet Place aux jeunes, le comité sensibilise environ 200 adolescents d'une centaine d'écoles à des problématiques juridiques au moyen d'ateliers de discussions et de mises en situation. De retour dans le milieu scolaire, ils sont des personnes ressources pour les autres jeunes intéressés à en apprendre sur leurs droits.

Des avocats se rendent aussi disponibles pour aller donner des conférences dans les écoles ainsi que dans les centres d'hébergement pour personnes âgées et les clubs d'âge d'or.

Semaine du Barreau de Montréal

Pour se faire entendre de la population, le Barreau a choisi de réunir plusieurs activités en un seul événement, la Semaine du Barreau de Montréal, qui se tient annuellement vers la fin d'avril et le début de mai au Complexe Desjardins, explique Me Pierre Fournier. « Nous y présentons des conférences pour le grand public, des procès simulés et des cliniques de consultations juridiques gratuites », précise-t-il. Le but de ces consultations gratuites n'est pas de vendre les services des avocats, mais d'aider les justiciables, dit Me Nadine Marchi, présidente du sous-comité responsable de cette activité. « Le mot d'ordre est d'éviter de donner nos cartes d'affaires », rapporte-t-elle.

Le recrutement des quelque 180 avocats qui participent bénévolement à ces cliniques se fait aisément. Le gros des efforts du sous-comité va à la coordination des horaires pour réunir en même temps des avocats de différentes spécialités.

La section de Montréal, qui correspond au seul district judiciaire de Montréal, donne accès au plus grand nombre de spécialités juridiques dans la province. Le droit des affaires prédomine alors que le droit matrimonial prévaut en région, remarque Me Doris Larrivée, directrice générale au Barreau de Montréal. « C'est d'ailleurs en région plutôt qu'à Montréal qu'a commencé la levée de bouclier contre le projet de réforme du Code de procédure civile touchant aux causes en droit matrimonial », souligne-t-elle. Si Montréal est reconnue pour avoir les plus grands cabinets juridiques de la province, elle regroupe aussi un fort pourcentage d'avocats pratiquant seuls. Les avocats les plus riches sont sans doute à Montréal, mais ... « les plus pauvres aussi », a tendance à penser Me Larrivée.

Lors de la clinique de consultation juridique de la Semaine du Barreau de Montréal, les questions les plus souvent posées ont trait au droit de la famille et au droit du travail. « Il y a des gens qui viennent chercher des conseils de base, certains songent à se séparer et veulent connaître leurs droits, d'autres viennent faire des vérifications sur un dossier en cours », mentionne Me Nadine Marchi.

Un nouveau projet va bientôt démarrer, permettant à des associations communautaires ou des entreprises d'inviter un avocat à l'heure du midi pour répondre à des questions ou prendre la parole.

Malgré le nombre d'activités organisées par son comité, Me Pierre Fournier considère qu'il touche encore une bien petite partie de la population. « Il reste à obtenir plus de visibilité, souligne-t-il. Étant donné la population de l'île de Montréal, on pourrait remplir des endroits bien plus vastes que le Complexe Desjardins. Tant qu'il
y aura beaucoup de monde qui perd ses droits, on n'aura pas une société juste. Et tant que ce sera ainsi, on fera le maximum avec les moyens qu'on a. »

 

 
 

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