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Appui professionnel et mentorat

Indragandhi Balassoupramaniane, avocate

Depuis août 1999, un service d'appui professionnel et de mentorat, mis sur pied par l'Association du Jeune Barreau de Montréal (AJBM) et le Barreau de Montréal, est à la disposition des avocats du district de Montréal. Un tel programme était déjà offert par l'AJBM dès 1996 mais la collaboration avec le Barreau de Montréal a permis d'en renforcer la structure. Ce service consiste à jumeler des avocats afin de créer une relation d'entraide d'une durée minimale de six mois, dans le but de guider les avocats, jeunes ou moins jeunes, dans la pratique du droit et de briser leur isolement.

Concrètement, un avocat (personne-ressource) d'au moins 10 ans de pratique, et approuvé par le Conseil du Barreau de Montréal, agit bénévolement à titre de mentor à l'endroit d'un collègue (avocat-bénéficiaire). Ce service est offert aussi bien pour les jeunes avocats au début de leur pratique, que pour les avocats moins jeunes pratiquant depuis quelques années mais qui se sentent isolés. Outre l'établissement d'un réseau de contacts, le jumelage permet à l'avocat-bénéficiaire d'obtenir divers conseils sur la pratique en général (aspects déontologiques, conciliation travail-famille, valorisation et motivation en milieu de travail, organisation personnelle du travail, etc.). Quant à l'appui professionnel prodigué par la personne-ressource, il est établi pour une durée minimale de six mois et repose sur une série de rencontres informelles, discussions téléphoniques ou échanges de courriels, afin de discuter des sujets qui concernent l'avocat-bénéficiaire.

Jusqu'à ce jour, 62 jumelages ont été réalisés, mais ce nombre n'est pas suffisant car il existe beaucoup d'avocats qui auraient besoin de ce service. De plus, les témoignages démontrent que ce service constitue également une expérience positive et stimulante pour le mentor et profite à la profession en général.

Quelques témoignages

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Me Mireille Vincent, bénéficiaire du service de mentorat, a été jumelée à Me Marie Gaudreau. Membre du Barreau depuis 1999, Me Vincent est à son compte depuis avril 1999 et travaille en droit de la famille. Elle a développé sa clientèle via des contacts et a assimilé l'essentiel de sa pratique en apprenant toute seule, au fil des dossiers. Elle a cependant éprouvé le besoin de recourir à un mentor pour bénéficier d'un certain encadrement. « La relation de mentorat s'est déroulée exactement comme je l'avais espéré. Nous nous sommes rencontrées à quelques reprises mais comme j'avais l'impression de la déranger, nous avons décidé de communiquer par courriel et cette formule a fonctionné à merveille. Je lui expliquais, dans mes messages, la mise en situation et lui donnais toutes les réponses possibles. En fait, son aide m'était surtout utile pour valider mes résultats. » Pour Me Vincent, cette expérience a été très bénéfique, tant sur les plans professionnel que personnel. « La relation établie avec Me Gaudreau m'a amenée à avoir de l'assurance, car au début, même si on maîtrise le sujet, on a l'impression de marcher sur des œufs. Par ailleurs, au-delà de la relation de mentorat, cette expérience m'a permis de découvrir une personne exceptionnelle sur le plan humain: Marie est douce, agréable et disponible. J'étais à l'aise et jamais je me suis sentie diminuée par le fait qu'elle avait plus d'expérience. Le bilan est positif sur tous les plans et je félicite les gens qui ont mis ce service en pratique. Je suggère que les barreaux des autres régions prennent l'exemple sur le Barreau de Montréal et institue un tel programme. »

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L'expérience de son mentor, Me Marie Gaudreau, associée chez Lavery de Billy et oeuvrant principalement en droit de la famille, rejoint le témoignage de Mireille Vincent: « Avec Mireille Vincent, le contact s'est établi très vite. C'est une personne très motivée et qui veut apprendre. Quand elle me consultait pour une question de droit substantif, elle avait déjà fouillé et elle ne cherchait qu'à valider sa réponse. (...) J'ai peut-être dû passer un peu de temps pour répondre à ses courriels, mais personnellement, j'ai trouvé cela stimulant, car ce sont des questions très pertinentes. Dans l'ensemble, c'est une relation qui s'est bien intégrée dans mon travail.

« Quand on a de l'expérience, je pense qu'il est important d'en faire profiter les autres. Le droit de la famille est un domaine où les comportements et les attitudes à adopter avec les collègues, les clients et devant la cour comptent beaucoup. Donc, pour que ce domaine conserve ses lettres de noblesse, il est essentiel que les jeunes professionnels soient bien formés. »

La deuxième série de témoignages concerne le duo Me Nathalie McKenzie, avocate-bénéficiaire, et Me Françoise Dufour, personne-ressource.

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Me McKenzie a été reçue au Barreau en 1987 et elle a travaillé en droit corporatif chez Bélanger Sauvé jusqu'en 1990. Elle s'est ensuite retirée du monde juridique pendant une dizaine d'années pour se consacrer à sa famille et élever ses trois enfants. En octobre 2000 cependant, elle décide de revenir dans la pratique du droit mais veut se spécialiser en droit de la famille afin de mettre à profit l'expérience de vie acquise pendant les dix dernières années. À ce stade, il lui était nécessaire de discuter de ses projets de carrière avec un mentor. « Quand j'ai rencontré Me Françoise Dufour, elle a tout de suite compris mes attentes et elle m'a parlé de son expérience ainsi que des différentes formules pour se réinsérer dans la pratique du droit. Elle m'a également présenté diverses personnes susceptibles de m'ouvrir des portes et elle m'a soutenue tout au long de mon processus de réinsertion. Grâce à ses contacts et à ses conseils, je suis actuellement avocate salariée en droit de la famille dans un petit cabinet juridique.

« Cette expérience m'a aidée à avoir confiance en moi, car après ces années d'absence, j'avais l'impression d'être en dehors du circuit. Me Dufour a été la première personne que je rencontrais après ces 10 ans et elle a su me donner de l'assurance et me guider dans mes décisions et choix de carrière. C'est une personne disponible qui a de grandes qualités humaines. »

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Quant à Me Dufour, avocate spécialisée en droit de la famille chez Alarie, Legault, Beauchemin, Paquin, Jobin, Brisson et Philpot, la relation de jumelage lui a procuré beaucoup de plaisir et elle serait prête à renouveler l'expérience. « La relation s'est bien passée. Au début, je sentais que Nathalie McKenzie manquait de confiance, qu'elle était anxieuse, mais elle s'est vite mise dans le bain car elle a un réel potentiel. Personnellement, j'ai aussi tiré profit de cette relation: c'est une expérience qui valait le coup d'être vécue car c'est très valorisant de pouvoir apporter quelque chose à quelqu'un. Surtout avec des avocats comme Nathalie ou des jeunes diplômés. Ce sont des personnes qui se sentent démunies mais qui ont pourtant un énorme potentiel et beaucoup de bagages; elles n'ont besoin que d'un peu d'aide pour pouvoir s'épanouir. Je serais heureuse de revivre cette expérience avec un autre avocat ».

Ainsi, à travers ces témoignages, on remarque que le mentorat apporte une aide précieuse pour les avocats-bénéficiaires mais profite également à la profession en général, tout en constituant une expérience stimulante pour les mentors. De plus, il a l'avantage de donner une image positive d'entraide, non seulement à l'intérieur de la communauté juridique mais aussi à la population en général.

Pour en savoir davantage sur ce service, les membres du Barreau sont conviés à une conférence (gratuite) qui aura lieu le 19 février, à 17 h 30, à la salle 113 de la Maison du Barreau (445, boulevard Saint-Laurent, à Montréal). Les conférencières invitées seront Christine Cuerrier, conseillère en développement et auteure de l'ouvrage Le mentorat et le monde du travail: un modèle de référence, Me Françoise Dufour et Me Mireille Vincent. Pour information et inscription, veuillez communiquer au (514) 866-9392, poste 29, ou par courriel à general@barreaudemontreal.qc.ca

 

 
 

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