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Depuis 1995, les règlements du Barreau du Québec permettent aux finissants de l'École du Barreau d'effectuer leur stage à l'extérieur du Québec pour fin d'obtention du permis d'exercice. Ce stage international est d'une durée de six mois s'il est parrainé par un membre du Barreau du Québec. À défaut, il devra être complété par un stage de trois mois au Québec, auprès d'un membre du Barreau.
Me France Mainville. |
Au quotidien, les stagiaires doivent remplir les mêmes critères que s'ils avaient effectué leur stage au Québec. « La personne qui parraine l'étudiant doit assurer le même suivi, remplir les mêmes rapports et faire les mêmes recommandations, précise Me Mainville. Il n'y a ni changement, ni écart. L'objectif, en bout de piste, c'est d'octroyer un permis d'exercice! »
Pas facile de trouver un stage à l'étranger, surtout auprès des organisations internationales. « La planète entière postule pour obtenir des postes au sein de ces organisations. Elles sont sollicitées à outrance, rappelle Me Mainville. Lorsque la maison d'enseignement fait les démarches pour et avec les étudiants, ça ajoute de la crédibilité à l'embauche. Nous démontrons aux organisations qu'il y a une plus-value à embaucher des jeunes professionnels québécois, et pour les jeunes, qu'il y a un atout important à amorcer une carrière internationale. »
Les finissants de l'École du Barreau ont une valeur certaine sur le marché des services juridiques à l'étranger, affirme Me Mainville. Pourquoi? D'abord parce qu'ils sont bilingues et qu'ils ont été formés dans un cadre bijuridique. Mais également parce qu'ils possèdent les habiletés d'analyse, de recherche et de rédaction, mais aussi en représentation et négociation. De plus, ils ont la capacité de travailler en équipe et dans un environnement biculturel. « Les institutions d'enseignement québécoises en droit et l'École du Barreau développent ces atouts. Malgré la jeunesse de nos diplômés, leurs qualités de juristes équivalent à un diplôme d'études supérieures à l'étranger. »
Afin de développer et de promouvoir les stages à l'étranger, l'École du Barreau procède à une présélection des candidats. L'École cherche à connaître leurs atouts et à comprendre leurs objectifs. Conjointement, elle crée des liens avec des organisations d'envergures internationales et des firmes privées. « Les finissants peuvent postuler à titre de procureurs, de greffiers ou même de chercheurs auprès de juges qui oeuvrent dans le domaine international, fait remarquer Me Mainville. Dans le domaine privé, ils peuvent aussi rechercher ce que les Européens nomment des postes 'de jeunes professionnels en développement'. »
La deuxième étape consiste à obtenir le financement nécessaire pour rendre le stage possible. « Il faut bien comprendre que les organisations internationales, à l'exception de la Commission européenne, ne rémunèrent pas leurs stagiaires, tient à souligner Me Mainville. Il faut donc procéder à de nouvelles étapes de démarchage, cette fois-ci auprès des principaux bailleurs de fonds, dont l'Agence canadienne pour le développement international (ACDI), le ministère des Relations internationales du Québec et le programme canadien Emploi-jeunesse. » Ces interventions permettront d'aider les finissants à couvrir les frais inhérents à leurs stages.
C'est pour consolider les liens déjà établis avec certaines organisations internationales et en créer de nouveaux que Me Mainville et Me François Fontaine, président du Comité de la formation professionnelle au Barreau du Québec, se sont rendus en Europe cet automne. « C'est aussi important d'évaluer le terrain afin de voir si nos partenaires comprennent nos objectifs, et de développer de nouvelles avenues », de dire Me Mainville.
Me François Fontaine. |
Dans le cadre de cette mission européenne, Me Mainville et Me Fontaine ont notamment consolidé les relations du Barreau avec l'Organisation mondiale du commerce (OMC), l'Organisation internationale du travail (OIT), le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) et Avocats sans frontières. Ils ont aussi participé à des rencontres exploratoires avec entre autres l'Organisation pour la non-prolifération des armes chimiques (OPCW) et l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN). « Notre objectif est de développer de nouveaux types de stages, dans de nouveaux secteurs et avec de nouveaux partenaires. »
Aujourd'hui, entre 3 et 5 % des finissantes de l'École du Barreau effectuent leur stage à l'étranger. « Le taux de satisfaction des organisations internationales est très élevé, constate la responsable des stages. Des organisations qui étaient hésitantes au début nous rappellent maintenant pour nous demander de leur envoyer de nouveaux stagiaires. De plus, le programme des stages internationaux aura permis à l'École du Barreau une ouverture sur un marché juridique différent et accessible aux étudiants. À tous les points de vue, c'est une réussite! »
Cet été, les 4 et 5 juillet, l'École du Barreau offrira sur son campus de Montréal un séminaire d'étude sur les organisations internationales intitulé « Le droit des organisation internationales: droits et pratiques ». Des experts en droit international du Québec et d'ailleurs donneront des classes de formation aux étudiants de l'École du Barreau qui se prédestinent à un stage à l'étranger. Signe des temps, les étudiants participeront à une véritable classe virtuelle où ils participeront à des discussions et remettront des travaux à l'aide du support informatique. Avis aux intéressés!
Me Marie-Luce Fortier avait un objectif: compléter une formation professionnelle amorcée chez Santé Canada dans une organisation internationale. En septembre 1999, elle s'envole pour Rome vers l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et agriculture (FAO), où elle restera six mois. « J'ai même été assermentée à l'ambassade canadienne à Rome par mon maître de stage de la FAO! »
La jeune avocate aspirait à une expérience différente et le mandat de la FAO répondait à ses attentes. « Je voulais travailler dans le domaine international et les Nations unies m'intéressait », explique-t-elle. Forte de son expérience dans l'alimentation et l'agriculture pour Santé Canada, le saut s'est bien fait. « Ce fut une expérience fantastique. Mes collègues venaient des quatre coins du monde. Il y avait le mélange des cultures, l'ouverture sur le monde, travailler au sein des Nations unies, voir comment ça fonctionne. Et le faire à Rome, dans la ville éternelle! »
Cette expérience, nous dit-elle, a changé sa vie. « Côtoyer des gens d'autres cultures, ça fait tomber des préjugés. Les autres stagiaires voulaient faire le même genre de choses que moi. Nous avions les mêmes idées sur lesquelles nous pouvions échanger. Nous sommes restés en communication et je suis même retournée en Italie cette année pour les revoir. »
Me Fortier oeuvre maintenant dans le domaine pharmaceutique. Elle prépare des contrats pour la recherche sur les nouveaux médicaments, ce qui lui permet de tisser de nouveaux liens en Europe, en Amérique latine et aux États-Unis. « J'encourage les échanges internationaux. Ils nous permettent vraiment de repenser à notre carrière, de voir les choses d'une autre façon, de se rendre compte que la terre est de plus en plus petite. J'encourage aussi les gens à apprendre des langues. À la FAO, j'ai rencontré des stagiaires parlant six langues. C'est impressionnant! »
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