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Les moteurs de recherche constituent aujourd'hui un outil essentiel pour tout internaute. Étant donné le nombre sans cesse croissant de sites et de pages Web, tout usager du réseau aura tôt ou tard à recourir à l'un ou l'autre des moteurs de recherche existants, afin de localiser les sites ou les renseignements qu'il désire consulter.
Le moteur de recherche le plus populaire à l'heure actuelle se nomme Google, qui répertorie près de 1,6 milliard de pages Web. En fait, cet outil d'indexation est à ce point performant que l'on estime que près de 30 % des recherches effectuées chaque jour sur des moteurs de recherche le sont sur Google (le moteur enregistre près de 100 millions de requêtes par jour).
Le moteur Google offre certaines caractéristiques fort appréciées des internautes, soit notamment une interface épurée (dénuée d'annonces publicitaires), plusieurs services connexes et un fort degré de « pertinence » des résultats (soit le fait d'obtenir rapidement des liens vers l'information qui est effectivement recherchée, plutôt que celle qui correspond bêtement aux mots clés utilisés). Et alors, direz-vous, où est le problème?
Toujours en quête de fonctionnalités que ne possèdent pas ses nombreux concurrents, Google se dotait récemment de fonctions additionnelles de recherche, permettant dorénavant d'indexer non seulement le contenu des fichiers texte et html (normalement utilisés sur Internet) mais également d'une foule d'autres formats de fichiers. Ainsi, le moteur Google est aujourd'hui capable d'indexer le contenu de fichiers d'une douzaine de formats, incluant les fichiers pdf (Acrobat), doc (Word), ppt (PowerPoint), xls (Excel) et bien d'autres.
En somme, ce qu'il faut comprendre, c'est que le contenu des fichiers associés à la plupart des suites logicielles de bureautique (pensez à celles que produisent Lotus, Corel et Microsoft) peut dorénavant être analysé, indexé, référencé et affiché par Google.
L'effet pervers de cette efficacité accrue est de permettre la localisation et l'accès par les internautes à une foule de documents qui étaient auparavant (à toute fin pratique) inaccessibles. En fait, pour être précis, le moteur Google ne donne accès qu'aux fichiers qui étaient déjà accessibles par l'entremise du réseau Internet (parce que placés sur un ordinateur relié au réseau de façon non sécuritaire); la différence se trouve dans le fait que les internautes peuvent dorénavant chercher, trouver et accéder à ces documents.
Le problème n'est pas tant dans le fait que de telles recherches puissent être effectuées, mais bien que Google permette, indirectement, d'exploiter la piètre qualité de la sécurité des réseaux privés, ce qui s'avère souvent être une mauvaise gestion de l'accès aux documents informatiques « privés » des organisations.
En conséquence, les entreprises et les organisations de tous genres doivent prendre conscience du fait que la présence de tout fichier sur un ordinateur relié au réseau Internet (de façon durable et non sécurisée) constitue bel et bien un risque. Puisque accessible au « grand public », Google pourra dorénavant en trouver la trace (en suivant les liens et les références qui y pointent), en faire une analyse puis en révéler l'existence et le contenu aux usagers du moteur.
À la base, la solution pour éviter l'indexation de documents prétendument « privés » est relativement simple: aucun fichier contenant des informations dont on désire conserver la confidentialité ne devrait être placé dans un répertoire qui soit accessible par un serveur Web. Que le fichier soit un fichier de « bureautique » ou de base de données, le principe devrait toujours demeurer le même.
Vous voulez éviter de mettre en péril les secrets de vos clients? Vous éviterez les mauvaises surprises en vous assurant qu'il existe toujours une compartimentation de vos serveurs Web et de vos serveurs de fichiers de bases de données et de travail.
Parallèlement à son moteur de recherche, le site Google offre à ses usagers un service connexe de répertoire téléphonique. Comme plusieurs services similaires déjà offerts chez nos voisins du sud, ce service se veut un équivalent du bottin téléphonique auquel on aurait ajouté certains éléments.
Ainsi, le service Google PhoneBook permet dans certains cas d'obtenir, à partir d'un nom et d'une ville (ou du nom de l'État de résidence), l'adresse et le numéro de téléphone du sujet, souvent accompagné d'un lien à une carte géographique pertinente à l'adresse en question et, parfois même, jusqu'à une image satellite de la résidence.
On le conçoit, les détracteurs de ce genre de technologie se font nombreux, bien que les défenseurs du site Google fassent remarquer, quant à eux, que l'information contenue dans la base de données du moteur ne constitue qu'une compilation des renseignements disponibles à grande échelle (en format papier, cédérom ou même par d'autres sites Web).
Quoi qu'il en soit, le site Google comporte maintenant une sous-page permettant aux résidents américains (puisque le service n'est pour l'instant disponible que pour les résidences américaines) de demander leur retrait de la base de données.
Bien que le tout soit compilé à partir de bases de données accessibles au public, on comprend facilement que certaines personnes soient peu enthousiastes à voir de telles informations divulguées et aussi aisément accessibles. En dernière analyse, ce service de Google nous offre une autre illustration du potentiel énorme du Web en tant qu'outil de regroupement et d'indexation des renseignements concernant les entreprises et les individus.
Bien que nous citions ici l'exemple du site Google, les juristes comme les entreprises feraient bien de prendre note des défis que peut
présenter la « toile » pour la sécurité (et la confidentialité) des fichiers, des renseignements et plus généralement de l'information déposée sur des ordinateurs accessibles au réseau Internet. Tout comme pour ce qui est du partage des fichiers Word, dont nous traitions dans un article récent, les technologies de l'information peuvent constituer un outil fantastique, mais encore faut-il demeurer vigilant et les utiliser en toute connaissance de cause!
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