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Ma profession évolue...et j'y participe

Claude G. Leduc


Lorsque vous lirez ces lignes l'année 2003 sera déjà entamée. J'espère que vous aurez pu prendre un peu de repos, que vous êtes allés vous oxygéner sur les pistes de ski, les patinoires ou les sentiers de nos forêts, et surtout que vous avez su profiter de la présence de vos proches, amis, familles, enfants, ceux-là qui nous donnent l'énergie de recommencer une autre année de travail.

Je profite de ce début d'année pour vous entretenir brièvement de quelques dossiers qui occuperont le Barreau du Québec durant les prochains mois.

La multidisciplinarité

À la suite de l'adoption par le Conseil général du Règlement sur l'exercice de la profession en société et en multidisciplinarité, un comité ad hoc a été formé qui verra à identifier les modifications qu'il faudra apporter à notre Code de déontologie pour l'adapter à la pratique multidisciplinaire et mettre en œuvre le Règlement. Ce comité fera aussi des suggestions pour modifier d'autres règlements du Barreau, comme le règlement portant sur les comptes en fidéicommis ou sur la tenue des bureaux d'avocats. De nombreux groupes de travail, représentant différents types de pratique, seront formés dans le but de circonscrire tous les aspects de la pratique en multidisciplinarité et de recueillir tous les commentaires. Le but de cet exercice est d'apporter les modifications nécessaires, mais aussi de s'assurer que les aspects spécifiques et essentiels à notre profession soient préservés. Je pense ici, entre autres choses, à l'indépendance de la profession d'avocat et au secret professionnel.

De plus, afin d'identifier de façon plus précise les problèmes pouvant survenir dans ce nouveau contexte et les meilleures manières de les résoudre, des cabinets multidisciplinaires fictifs seront créés. De « vrais » professionnels vivront ensemble des situations et des dossiers auxquels ils sont confrontés individuellement à l'heure actuelle.

Même au congrès du Barreau du Québec, qui aura lieu à la fin du mois de mai 2003, vous aurez l'occasion de vous familiariser et d'en apprendre davantage sur cette réalité nouvelle de la « multiprofessionnalité » et sur les avantages que vous pourrez en retirer. Ne ratez pas cette chance de vous donner des opportunités d'affaires.

Un régime d'aide pour les travailleuses et travailleurs autonomes

Nous savons tous que la profession d'avocat se féminise et que dans très peu de temps, ce sera une profession d'avocate. Dans à peine quelques années, la grande majorité du membership, soit probablement plus de 65 %, sera composé de femmes et ce chiffre continuera à croître. Sous l'impulsion du Comité sur les femmes dans la profession et de la Table de concertation des jeunes avocats et avocates, le Barreau, avec l'aide d'un économiste, a préparé une première ébauche d'un programme d'aide pour les travailleurs et travailleuses autonomes en congé de maternité ou de paternité. Pour le moment, la proposition ne vise pas à instaurer un régime de remplacement du revenu, mais plutôt à aider ces travailleuses et travailleurs à assumer une partie des coûts fixes nécessairement engendrés par la pratique en cabinet privé.

Une première présentation a été faite au Conseil général du 6 décembre dernier, et ce dernier a donné un accord de principe au projet qui, comme vous pouvez le deviner, demande certains ajustements. Ceux-ci seront effectués dans les prochaines semaines, à la suite des remarques qui nous ont été faites et j'espère proposer au Conseil général du mois de mars prochain un projet de règlement pour instaurer ce programme d'aide.

Il me semble qu'il s'agit là d'une belle occasion pour l'institution qu'est le Barreau du Québec d'être un précurseur dans ce domaine et de donner l'exemple. Nous sommes donc à examiner l'opportunité de créer un tel régime et les moyens de le financer. Une première analyse générale et préliminaire nous indique qu'une cotisation de 25 $ à 30 $ par membre pourrait être envisagée.

Le SIIJ

Le Système intégré d'informations de justice (SIIJ) sera probablement appelé à voir le jour au cours des prochaines années. Il s'agit d'un projet qui, une fois bien implanté, permettra à tous les avocats et avocates de communiquer avec l'ensemble des intervenants du système judiciaire via le Web. Des projets-pilotes seront développés au cours des prochaines années et vous serez bien sûr tenus au courant de l'évolution de ce dossier. Je vous invite d'ailleurs à lire l'article d'André Giroux en page couverture de ce journal.

Le Barreau du Québec se montre intéressé à ce projet, mais dans les limites où celui-ci sera profitable pour nos membres. Y trouverons-nous un avantage et cela nous amènera-t-il des économies ? Conjointement avec le gouvernement, nous sommes à examiner les bénéfices potentiels que nous pourrons en retirer. Il s'agit là d'un dossier important, qui pourrait modifier substantiellement nos façons de faire et je vous incite à le suivre de près.

Loto-Congrès

Vous en avez entendu parler et vous en entendrez encore parler et ce, jusqu'au congrès 2003, en fait jusqu'au 31 mai 2003 à 21h, soit le moment où seront annoncés les gagnants des trois fantastiques voyages qui font l'objet de cette loto. Comme je vous le disais dans le dernier Propos du bâtonnier, la somme que nous réussirons à amasser servira exclusivement à inciter les jeunes à participer à notre congrès et à recevoir l'information et la formation nécessaires à leur pratique.

Si nous réussissons à vendre tous nos billets, les jeunes ne pourront plus, mais alors plus du tout, invoquer la raison des coûts d'inscription pour ne pas être présents. Allez, s'il vous plaît, pour notre profession et les jeunes qui ont décidé de suivre nos traces, achetez votre billet et participez à votre congrès et à l'essor de notre profession.

Ma profession évolue... et moi?

Eh bien moi je ne veux surtout pas rester sur le quai de la gare . . . pas encore . . . je suis bien trop jeune, je vais vivre ma quarante-neuvième année et compte tenu que mon espérance de vie est de presque 100 ans, comprenez que je ne suis pas à la veille d'accrocher mes patins. Eh bien moi j'y participe, avec confiance et optimisme, sachant qu'il n'existe pas de société sans avocats et que surtout il n'existera pas de société sans avocates.

Embarquez-vous ?

Je vous souhaite mes meilleurs voeux pour la nouvelle année.

Fièrement avec vous.

Le bâtonnier du Québec,
Claude G. Leduc

 

 
 

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