ATTENTION : Les archives du Journal du Barreau vous sont présentées telles qu'elles ont été déposées sur le Web au moment de leur publication. Il est donc possible que certains liens soient non fonctionnels et que certains renseignements soient périmés.
Pour toute question ou commentaire concernant le Journal, communiquez avec journaldubarreau@barreau.qc.ca
Visitez la page officielle du Journal du Barreau sur le site Web du Barreau du Québec.
Chaque bâtonnier de Laval se donne la mission d'organiser durant son mandat au moins une activité pour venir en aide à la communauté. Cette tradition a commencé en 1996 avec le bâtonnier Robert Hayes, quelque 5 années à peine après la fondation du Barreau de Laval, le 24 octobre 1991.
Le conseil du Barreau de Laval. Assis: Me Jean L. Beauchamp, secrétaire, le bâtonnier Yves Majeau, Me Donato Centomo, premier conseiller. Debout: Me Annie Breault, conseillère, Me Normand Sauvageau, conseiller, Me Jean-Claude Dubé, conseiller, Me Jean-Pierre Archambault, trésorier, Me Michel B. Fournier, bâtonnier sortant |
Plusieurs années plus tôt, en 1974, les premiers avocats à pratiquer à temps plein à Laval fondaient une association visant la création d'un district judiciaire distinct desservi par son propre palais de justice. Ces objectifs sont maintenant atteints. L'actuelle section du Barreau de Laval, qui regroupe 600 avocats, couvre le territoire de la municipalité de Laval et le disctrict judiciaire du même nom où se trouve le dernier né des palais de justice de la province.
L'émotion qui a poussé le bâtonnier Robert Hayes et ses successeurs à s'impliquer dans leur communauté a inspiré, cette année, au bâtonnier Me Yves Majeau la tenue d'activités pour les jeunes sous le thème « La justice et la jeunesse: une alliance pour l'avenir ». « Dans notre quotidien, nous entendons dire que des jeunes ont commis tel délit, telle infraction, sont irrespectueux de la loi, des règlements, des normes de bienséance et souvent se confrontent avec l'autorité parentale, judiciaire ou autre, faisait-il observer dans son discours de la rentrée judiciaire. Que faire pour tenter d'enrayer ce phénomène? »
Il existe déjà des organismes communautaires donnant aux jeunes de niveaux secondaire et collégial de l'information sur leurs droits et responsabilités, mais rien pour le primaire. Pourtant, il n'est jamais trop tôt pour s'informer.
La proposition de Me Yves Majeau d'organiser pour des jeunes du primaire un procès simulé de garde d'enfant au palais de justice de Laval a été accueillie favorablement par les directeurs de cinq écoles primaires de l'Ile Jésus et les titulaires de classes. Ce procès, auquel assisteront 375 jeunes de 56 année le 31 mars prochain, sera joué par des élèves sous l'oeil d'un véritable juge de la Cour supérieure.
Après ce procès d'une durée d'une heure environ, des jeunes formés spécialement pour la circonstance dirigeront une visite guidée du palais, notamment au bloc cellulaire du Tribunal de la jeunesse. Les écoliers assisteront ensuite à une présentation du site de vulgarisation juridique Éducaloi. Le lendemain, ils reviendront au palais de justice pour entendre le juge prononcer son jugement.
Si l'expérience est satisfaisante, le ministère de la Justice et le ministère de l'Éducation pourront décider de la renouveler d'année en année.
La cause de la jeunesse touche de près les avocats qui pratiquent en droit familial, le champ de pratique le plus développé dans la section de Laval. « En droit de la famille, un des premiers soucis est de veiller aux intérêts des enfants lors d'une rupture, pense la bâtonnière de Laval en 2000-2001, Me Brigitte Gauthier. Je suis donc très sensibilisée à l'éducation des jeunes ». Elle préside d'ailleurs le conseil d'administration de l'Association des parents du Collège Laval et à la demande de l'orienteur elle se rend dans les classes pour parler de la « merveilleuse » profession d'avocat.
Elle souhaite voir un jour des cours de droit dans la formation de base des jeunes. « On devrait les informer de leurs droits et obligations et du respect des autres, estime-t-elle. Cela pourrait prévenir dans certaines écoles le taxage ou les tensions entre groupes ethniques. »
Me Gauthier a aussi été chroniqueuse pour l'émission de télévision la Marmaille à Canal Vie où elle présentait des capsules juridiques pour les parents d'enfants de moins de 14 ans. Elle expliquait par exemple ce que peut faire un parent dont l'enfant revient à la maison avec un tatouage.
Un autre membre de la section de Laval, Me Mireille Beaudet, partage les préoccupations de Me Gauthier et de Me Majeau. « Les enfants entendent leurs parents échanger sur des problèmes juridiques et en entendent parler aux nouvelles, observe-t-elle. Rarement prend-t-on la peine de mettre de l'ordre pour eux dans les notions juridiques. Des citoyens arrivent à l'âge de la majorité sans avoir eu de renseignements objectifs et ils deviennent des machines à répéter des préjugés. Il n'est jamais trop tôt pour commencer à expliquer les choses. »
Me Beaudet, qui a été sur le conseil d'établissement de l'école alternative L'Envol et continue d'agir comme conseillère juridique pour cette institution, considère que c'est un devoir moral pour les avocats parents de jeunes enfants de s'impliquer dans les conseils d'établissement et de mettre leurs connaissances juridiques à la disposition des enfants. À l'invitation d'une enseignante, Me Beaudet a déjà fait aux élèves de cette école une présentation sur l'organisation politique de la société civile et une autre sur la justice. « Les enfants posent beaucoup de questions et sont tout à fait capables de comprendre le lien entre les règles appliquées dans la société et les règles obligatoires à l'école », souligne-t-elle.
Il importe aussi que le milieu juridique universitaire fasse sa part dans l'éducation juridique des jeunes, estime Me Beaudet, qui est vice-doyenne responsable de la formation professionnelle à la Faculté de droit de l'Université de Montréal. Il arrive que des recherchistes de 275-allô, une tribune téléphonique pour les jeunes du primaire diffusée les soirs de semaine à la radio de Radio-Canada, s'adressent à elle pour répondre à des questions des auditeurs. « Il est important qu'on soit à l'écoute des gens qui se tournent vers nous, même si cela ne semble pas être dans notre mission, estime-t-elle. On a un rôle à jouer dans la communication des connaissances juridiques. »
© Barreau du Québec 1996-2012