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Le Mérite Christine-Tourigny 2003 décerné à la bâtonnière Jocelyne Olivier

Une alliée de la cause des femmes

Louise Vadnais, avocate

Bâtonnière du Québec en 1995-1996, engagée dans le féminisme d'état et à la condition féminine depuis près de 25 ans, la bâtonnière Jocelyne Olivier est la récipiendaire 2003 du Mérite Christine-Tourigny. Décerné par le Barreau du Québec, ce prix vise à souligner l'engagement d'un membre ou d'un ancien membre envers la profession, son implication sociale et sa contribution particulière à la progression des femmes dans la profession.

« C'est grâce au travail acharné de Jocelyne Olivier (notre photo), à la profondeur de son engagement et à son enthousiasme inébranlable si la cause des femmes a connu une percée significative dans la profession », a rappelé M<sup>e</sup> Sophie Bourque, lors de la présentation du Mérite. M<sup>e</sup> Olivier a été active au sein du Comité sur les femmes dans la profession depuis le tout début, assumant notamment la présidence de 1996 à 2002
« C'est grâce au travail acharné de Jocelyne Olivier (notre photo), à la profondeur de son engagement et à son enthousiasme inébranlable si la cause des femmes a connu une percée significative dans la profession », a rappelé Me Sophie Bourque, lors de la présentation du Mérite. Me Olivier a été active au sein du Comité sur les femmes dans la profession depuis le tout début, assumant notamment la présidence de 1996 à 2002

Le Mérite lui a été remis par sa successeure à la présidence du Comité des femmes dans la profession, Me Sophie Bourque, à l'occasion de l'ouverture du congrès annuel du Barreau du Québec le 29 mai 2003 à Mont Tremblant. « C'est grâce au travail acharné de Jocelyne Olivier, à la profondeur de son engagement et à son enthousiasme inébranlable si la cause des femmes a connu une percée significative dans la profession. Son apport a été remarquable, notamment dans le dossier de la conciliation travail-famille et dans celui de la représentation des femmes au sein de l'organisation du Barreau et parmi les membres de la magistrature », a fait valoir la présidente.

La bâtonnière Olivier a voulu partager son Mérite, incarné dans une sculpture d'Elizabeth Jelen, en premier lieu avec les membres du Comité sur les femmes dans la profession et le réseau des répondantes régionales. Active au sein du comité depuis le tout début, Jocelyne Olivier en a assumé la présidence de 1996 à 2002. Elle a rappelé la contribution de la bâtonnière Sylvianne Borenstein, qui a mis en place le Comité en 1991 à l'occasion du 50e anniversaire de l'admission des femmes à la profession. Elle a également évoqué l'impact des représentations faites par le Comité sur la nécessité d'introduire des mesures de support pour les avocates de la pratique privée en petits cabinets, désireuses de fonder une famille. « Je me réjouis des mesures adoptées pour la mise en place d'un régime d'assistance parentale et je tiens à souligner l'ardeur du bâtonnier sortant, Claude G. Leduc, dans ce dossier. »

Un féminisme d'état

Admise au Barreau en 1972, la bâtonnière Olivier fait son entrée en pratique privée à Québec au sein du cabinet Philippon, Garneau, Tourigny et associés. Elle n'a pas manqué de rendre hommage à la première récipiendaire du Mérite Christine-Tourigny : « Telle une grande sœur, feu Christine Tourigny a guidé mes premiers pas d'avocate. Ce fut le début d'une longue et solide complicité. Vous comprendrez combien je suis touchée de recevoir ce Mérite alors que cette année souligne le 5e anniversaire de son décès. »

Après avoir complété sa scolarité de maîtrise en droit à l'Université Laval, Jocelyne Olivier joint les rangs du ministère de la Justice, d'abord au Conseil du statut de la femme, en 1979, puis au Secrétariat à la Condition féminine (1980-1981). Associée à la réforme du droit de la famille, du droit des personnes des successions et des biens dans le cadre de la réforme du Code civil, elle travaillera au Bureau du ministre (1981-1983) et par la suite à la Direction des Services juridiques (1984).

Le bâtonnier Michel Jolin, reçu avocat à Québec une année avant elle, se rappelle de l'arrivée de Jocelyne Olivier dans la pratique du droit. « C'était difficile à cette époque de prendre le parti de l'affranchissement des femmes dans la profession. Or, dès son entrée sur le marché du travail, elle était déterminée et dédiée à la cause de l'égalité des femmes. » De retour au Conseil du statut de la femme comme secrétaire générale et directrice des Services juridiques de 1985 à 1993, Jocelyne Olivier assume également la fonction de bâtonnière de Québec en 1990-1991.

Un engagement indéfectible

De 1993 à 1997, la bâtonnière Olivier travaille au sein de divers services du ministère de la Justice (Éducation; Affaires internationales et Industrie; Commerce, science et technologie; et Tourisme). En 1997, elle devient la première présidente de la Commission de l'équité salariale. Elle y est restée cinq ans. La juge en chef de la Cour supérieure du Québec, Lyse Lemieux, a eu l'occasion d'échanger avec la bâtonnière Olivier durant ces années. « Elle a investi beaucoup d'énergies et a fait preuve d'un engagement constant et total dans tout ce qu'elle a entrepris. Démarrer la nouvelle Commission de l'équité salariale, monter une équipe et travailler avec les entreprises et se rendre à la présidence du Barreau du Québec exigeaient beaucoup de détermination, une grande capacité de travail et d'écoute. À chaque fois qu'elle était confrontée à une nouvelle réalité, elle a relevé le défi en ayant à cœur l'avancement des femmes dans la profession. »

Depuis février 2002, Jocelyne Olivier occupe le poste de vice-présidente de la Commission des normes du travail. « Contrairement à certains stéréotypes mère-fille, Jocelyne Olivier a été un modèle qui a motivé sa fille, Me Marie-Christine O.-Frenette, à s'engager dans la même profession », relève Me Bourque, pour qui la bâtonnière Olivier a également été une source d'inspiration et de motivation.

 

 
 

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