ATTENTION : Les archives du Journal du Barreau vous sont présentées telles qu'elles ont été déposées sur le Web au moment de leur publication. Il est donc possible que certains liens soient non fonctionnels et que certains renseignements soient périmés.

Pour toute question ou commentaire concernant le Journal, communiquez avec journaldubarreau@barreau.qc.ca

Visitez la page officielle du Journal du Barreau sur le site Web du Barreau du Québec.

 

La justice a toujours bonne mine

Journal du Barreau

NDLR - Le Barreau de Montréal et la Centrale des syndicats du Québec présentaient en avril dernier la douzième édition du concours annuel de composition La justice a bonne mine. À l'intention des élèves du troisième cycle primaire, du premier cycle secondaire et du deuxième cycle secondaire, des secteurs francophone et anglophone de l'île de Montréal, le concours avait pour thèmes cette année le port de l'uniforme, les écoles séparées et les relations sexuelles. Nous vous présentons dans cette édition les textes des élèves qui ont été primés. Bonne lecture.

Les gagnants de l'édition 2003 du Concours La Justice a bonne mine sont Mélanie Proschek (École Sainte-Geneviève Ouest), Alan Smeaton (Collège Jean-De-Brébeuf), Kim Ma (Villa Sainte-Marcelline), Camille Bowness (Allancroft School) et Sonya Fournier (John XXIII/Dorval High School).

Thème pour les élèves du primaire et du premier cycle secondaire

Supposez que le ministère de l'Éducation du Québec étudie la possibilité de faire adopter deux nouvelles lois touchant toutes les écoles primaires et secondaires du Québec, publiques ou privées : la première visant à imposer le port de l'uniforme à tous les élèves et la seconde voulant que les garçons et les filles aillent dans des écoles séparées. Le ministère désire organiser une consultation publique à cet effet. Choisissez l'un des deux sujets et expliquez les raisons pour lesquelles vous êtes d'accord, ou celles pour lesquelles vous n'êtes pas d'accord, avec le ministère.

Thème pour les élèves du deuxième cycle secondaire

Supposez que le gouvernement fédéral entende changer les dispositions du Code criminel de façon à ce que les relations sexuelles ne soient permises qu'entre deux adultes. Toute relation sexuelle entre deux personnes âgées de moins de 18 ans deviendrait un acte criminel passible d'une peine sévère. Pensez-vous qu'il soit opportun de modifier le Code criminel de cette manière ?

Mélanie Proschek
Sixième année,
École Sainte-Geneviève Ouest

proschek picture

Dans les écoles d'aujourd'hui, le port de l'uniforme est un sujet qui apporte beaucoup de controverses. Le ministère veut l'imposer ? Quelle idée géniale ! Je crois que cela apporterait beaucoup à la société d'aujourd'hui, pour plusieurs raisons.

Premièrement, cela éviterait plusieurs conflits entre élèves. Par exemple, lors de la rentrée au secondaire, tout le monde commencerait l'année sur un même pied d'égalité. En effet, la personne la plus convoitée de l'école ne le serait pas parce qu'elle s'habille à la dernière mode, mais plutôt pour sa personnalité. De plus, il en serait terminé de la discrimination envers ceux et celles qui ne s'habille pas à la dernière mode.

Deuxièmement, je crois que nous sommes tous d'accord sur le fait que la mode des années 2000 est assez provocante, je dirais même choquante. Les garçons autant que les filles veulent ressembler à leurs idoles, qui ne sont pas toujours les bons modèles à qui s'identifier. Je crois que le port de l'uniforme pourrait freiner ou du moins ralentir ce phénomène qui prend de plus en plus d'expansion.

Troisièmement, je crois que l'uniforme veut aussi dire discipline. Il entraîne un code de vie, ce qui implique donc le respect des règles de celui-ci. Ces règles nous interdisent parfois des choses auxquelles nous tenons comme les perçages et les couleurs dans les cheveux, et ce, même si nous sommes en désaccord avec quelques-unes de ces règles. Je crois que cela nous prépare à la vie qui nous attend puisque nous ne pourrons pas toujours rouspéter dès que quelque chose ne nous plaira pas.

En obligeant le port de l'uniforme dans les écoles du Québec, je crois que du coup, nous serions débarrassés de plusieurs problèmes jusqu'ici non résolus. J'espère que dans l'avenir, la question de porter l'uniforme ou non ne sera plus qu'un souvenir et que nous aurons agi en faveur du port de l'uniforme.

vers le haut de la page

Camille Bowness,
Primary 3rd cycle
Allancroft School

bowness picture

I do not think uniforms should be mandatory. Here are my reasons why !

Everyone has a different view of comfort, practicality and style. No matter who picks the uniforms, not everyone will be pleased.

Uniforms restrict physical activity. The typical uniform includes a skirt, suit and tie. This makes it difficult for children to play as they normally would. For example, in a skirt it is unpleasant to ride a bicycle. Typically students have a limited number of uniforms. Parents do not want to launder uniforms on a daily basis, especially Canadian wooly ones. Therefore parents are upset if uniforms are soiled while playing during recess, lunchtime, or to and from school. This results in arguments between parents and children.

School shoes, rather than sneakers, are not comfortable and hurt running or walking long distances to school.

Canadians pride themselves on freedom and multiculturalism. School uniforms would not permit some cultures to wear their traditional costumes, and everyone should have that choice.

Uniforms place too much emphasis on proper appearances, which makes children think that clothes are more important then character or ability. Private schools would have more expensive and flashier uniforms than public schools. People could tell whether you go to a poorer public school or a richer private school, even though Canadian culture is supposed to be "classless".

The long-term effect of giving too much importance to clothes is that people will find it difficult to work or learn when they are not in "uniform". For example, in Australia, where uniforms are mandatory for all schools (public and private), a study showed that adults in the workplace found it difficult to concentrate on their job when they were wearing casual clothes on "dress down" Fridays.

If the Bar makes uniforms mandatory, children will break these rules to express individuality. For example, girls would roll their skirts as they do now in private schools. Boys would un-tuck their shirts to look "cool". Therefore mandatory uniforms will create a situation in which children will learn to break rules to express themselves.

vers le haut de la page

Alan Smeaton
Deuxième secondaire
Collège Jean-de-Brébeuf

smeaton picture

Établir une loi obligeant à tous, aux filles et aux garçons, de mettre un même uniforme ferait probablement la joie des parents qui n'auront plus à dépenser les mêmes quantités d'argent pour des vêtements dispendieux à la mode. Par contre, je crois que ce nouveau règlement ne fera pas l'unanimité chez les enfants et les adolescents.

Dans la société d'aujourd'hui la mode joue un rôle très important. Savoir comment « bien s'habiller » est devenu chez les jeunes une question de reconnaissance et d'esthétique. La publicité aussi joue un rôle considérable dans notre vie. Les marques de commerce que nous portons démontrent nos différents goûts et nos budgets. La plupart des jeunes qui ne s'habillent pas en respectant les contraintes de la mode sont soit rejetés soit mal vus par leurs pairs. Ainsi en abolissant le droit de mettre les vêtements que nous désirons, plusieurs adeptes de la mode seront choqués et furieux.

Ceux qui s'opposeront au nouveau règlement iront se plaindre avec plusieurs arguments qui pourraient avoir du sens, mais qui sont contradictoires. Par exemple, en se plaignant qu'utiliser le même costume priverait notre génération d'originalité et du droit de libre expression, nous oublions que c'est la mode qui dicte comment nous devons nous habiller. En plus, si nous pensons que la mode vient des jeunes, nous avons tort, car ceux-ci sont grandement influencés (un peu trop même...) par les grandes firmes de designers et par le biais de nos idoles, les « célébrités ». En effet, bien que la mode semble venir des jeunes, en réalité, elle nous parvient des grandes firmes. Celles-ci, après avoir fabriqué un vêtement à la « mode », nous bombardent de publicités et d'annonces vulgaires pour nous inciter à acheter leur produit, tout en utilisant l'excuse qu'ils ne font que satisfaire les besoins « essentiels » du consommateur.

En incitant tout le monde à acheter un nouvel uniforme, on pourrait croire que cette loi affecterait négativement les grosses familles ayant un faible revenu. Mais, au contraire, je crois que ça leur viendrait en aide. Si l'on achète trois complets d'uniformes à chaque enfant, celui-ci pourra ensuite les donner à son petit frère et ainsi de suite. L'investissement initial pourrait nous semble quelque peu significatif, mais en fin de compte, il est évident que les vêtements de marques sont beaucoup plus chers.

Un uniforme présente aussi des avantages chez nous, les jeunes. Nous n'aurons plus à dépenser beaucoup d'argent pour avoir une variété de vêtements. Ainsi, nous sauvons un peu d'argent et aussi du temps puisque le matin nous n'aurons plus à choisir les vêtements parfaits pour la journée. Nous ne serons quand même pas obligés à porter notre uniforme hors de l'école pour aller voir un film; nous pourrons alors porter ce que nous voulons et ainsi exercer notre droit à la libre expression. À l'école tout le monde portera le même uniforme, ce qui diminuerait le taux de taxage (qui est un problème croissant dans les écoles), car les voleurs ne sont pas intéressés par les vêtements fabriqués en série. Nous sauvons de cette manière du temps, de l'argent et surtout, on gagne un sentiment accru de sécurité à l'école.

Finalement, je crois qu'une des raisons sous-entendues de ne pas vouloir instaurer un uniforme obligatoire pour tous serait le fait que beaucoup se sentiraient poussés vers le communisme. Mais quand on y pense bien, les vêtements que la mode et le style imposent sont juste une autre sorte d'uniforme plus « cool ». Moi, personnellement, ça ne me dérangerait pas de porter un uniforme puisque j'ai toujours eu à en porter un. Au primaire, j'avais un uniforme très défini tandis que présentement (au secondaire), j'ai un code vestimentaire.

vers le haut de la page

Sonya Fournier
Secondary 1
John XXIII Dorval High School

fournier picture

It is my opinion, as a first year high school girl student, that boys and girls should be able to attend the same schools for many different reasons. I agree that they are naturally and definitively different. They learn in different ways, and they mature in different ways. However, they need to learn to understand one another. In the following paragraphs, I will explain to you why I believe that they should go to the same school.

Government studies supposedly have shown that girls in single-sex schools demonstrate greater success in science and math and develop more self-confidence. Also, boys in single-sex schools show an increased interest in art and literature and, are not distracted by the presence of adolescent girls. They are better able to focus on their schoolwork and less likely to show off. Nonsense, most of the single-sex schools are private schools and entrance exams are often required. Also, most students attending those schools are from richer families and better-educated parents. They have greater parental interest, smaller class sizes, more resources, and higher student ability and motivation.

It is only in coeducational schools, that boys and girls learn to respect one another's strengths and abilities. Only in coeducational classes, can boys and girls really get to know and understand one another. They might not get the opportunity to meet and become good friends if they were in single-sex schools.

Some people believe that girls are smarter in languages and arts and that boys are better in mathematics and sportier than girls. However, in my class, there are some boys better than girls in languages and arts and there are girls better than boys in maths and even better in sports. I believe that I am student that does not fit in the gender stereotype. Therefore, belonging to a coeducational school, I feel that I get more competition and I can improve more in sports and other subjects.

In conclusion, single-sex schools are not the right choice for every student, but students should be able to make their own decision on what they prefer. I for one, am glad to attend a coeducational school and I am all for it. Each student has his/her own individuality and should not be forced to become part of a gender group or religion group or race group. If we learned in schools to get along with each other at an early age, we would live in better harmony later on in life. In the real world, men an women work together, play together, live together. Life should not be divided by sex or any other kind of groups of classifications.

vers le haut de la page

Kim Ma
Quatrième secondaire,
Villa Sainte-Marcelline

« Dans le bon vieux temps » est une expression employée dans presque tous les domaines de la société. Quelles que soient les innovations que conçoivent les hommes « modernes ». Il semble que les maîtres à penser trouvent toujours à redire des idées nouvelles et des changements de notre monde contemporain. Et quel point n'est plus chaudement rebuté que le laxisme chez les jeunes? « Moeurs dissolus » et « débauche » semblent être les qualificatifs péjoratifs par excellence attribués à la jeune génération. Si nous devions prêter foi à nos véritables philosophes conservateurs, il semble que chaque vague de jeunes qui foulent la terre est plus corrompue que la dernière. Les remontrances pleuvent (et se répètent) : manque de respect, comportement irrépressible, et oui, liberté sexuelle scandaleuse. En effet, bien que nous ayons acquis une certaine tolérance envers les relations sexuelles hors-mariage, il demeure que le sujet pointilleux des relations sexuelles entre les jeunes est loin d'être réglé.

Parmi les nombreux points de vue divergents adoptés, certains conservateurs et intégristes envisagent même l'élaboration d'une loi qui interdirait toute relation sexuelle parmi les jeunes, et dont l'effraction s'ensuivrait d'une peine sévère.

Cette mesure satisferait peut-être les usagers assidus de « dans le bon vieux temps » mais ne me satisfait nullement.

En effet, non seulement l'adoption d'un acte aussi rigide va à l'encontre de l'image sexuelle que notre société contemporaine elle-même nous présente, mais plus flagrant encore, une telle mesure réprimerait un élément de la nature même de l'être humain : le désir sexuel.

Tout d'abord, les conservateurs qui souhaitent si fervemment l'adoption d'une loi qui fermerait les portes du « monde sexuel » aux jeunes semblent inciter beaucoup sur l'importance de contrôler les mœurs dissolus, de régir leur comportement déplorable et de sceller leur désir de « mieux connaître l'un et l'autre ».

Or, ces prêcheurs du conservatisme ne réalisent-ils pas qu'au moment même où ils discourent sur la chasteté et le contrôle, les programmes de télévision exhibent des couples impudiquement étalés à travers l'écran, que les radios entonnent des chants où sexualité et amour deviennent synonymes, que les revues clament à grands cris la liberté sexuelle? Où pensent-ils que les jeunes puisent leur « mentalité débauchée » sauf dans ce monde fabuleux qu'est celui des adultes?

Prenons, à titre d'exemple, Britney Spears, symbole par excellence du milieu hollywoodien. Sinon officieusement, du moins officiellement adulte (N'a-t-elle pas plus de dix huit ans?), elle pratique ce que certains conservateurs pourraient intituler de vie débauchée, ou du moins, c'est l'image qu'on retire de ses vêtements « guenilleux » et de ses vidéo-clips osés, pour dire le moindre. Cependant, elle est adulte ; il n'y a pour ainsi dire rien à lui reprocher : la liberté sexuelle a, après tout, été acquise depuis une bonne trentaine d'années. Or, son comportement « irréprochable » est observé de près par des milliers de jeunes filles et d'adolescentes et, pourquoi pas, d'adolescents à travers le monde ! L'impression qu'elle donne, l'image qu'elle reflète quand à la sexualité sont ouvertement exposées à la terre entière.

Il n'est donc pas surprenant qu'avec des modèles idylliques comme Britney Spears, les jeunes puissent pencher vers cette supposée « débauche ». En effet, qu'est-ce que le monde des jeunes sauf le reflet du monde des adultes? Veut, veut pas, les homo sapiens sapiens font après tout partie du règne animal, dont une des règles fondamentales veut que les jeunes observent et apprennent de leurs prédécesseurs. Ainsi, la « débauche » dont les conservateurs accusent les jeunes serait logiquement mieux réglée par le changement, non pas de la mentalité des jeunes en premier lieu, mais celle des adultes. Après tout, n'est il pas dit que l'exemple vient d'en haut et non pas d'en bas?

La contradiction, dont est taxée l'adoption de la loi interdisant les relations sexuelles aux jeunes, demeure, cependant, un travers mineur par rapport à la conséquence bien simple, mais d'autant plus grave de la mise en œuvre d'une telle mesure : elle réprimerait un des désirs les plus fondamentaux de l'homme, et broierait un des derniers vestiges de notre « héritage » animal que l'évolution n'a pas encore su évincer. Je parle, bien sûr, du désir sexuel.

En effet, le désir sexuel est un phénomène tout à fait naturel, incontrôlable. Même l'Église, resplendissante à son apogée au Moyen Âge, n'a pu éliminer ce « vice » de la nature humaine. Or, ce que suggèrent nos chers conservateurs et intégristes par le biais de l'application de cette loi, c'est non seulement la limitation du désir sexuel, qui est, je le rappelle, incontrôlable, mais son éradication complète à l'intérieur d'un certain groupe d'âge, sous prétexte du manque de maturité des membres de ce dernier. Même l'Église, conservatrice radicale, n'a pas cherché à empêcher les jeunes d'assouvir leur désir sexuel ­ se contentant de le limiter dans le monde matrimonial ­ pour la raison évidente que cela irait à l'encontre même du développement humain. Après tout, théoriquement, un être humain atteint sa maturité physique lors de sa puberté qui se situe de nos jours entre douze et quatorze ans. Ainsi, il est évident que le résultat de la répression de ce désir par l'intermédiaire de l'appareil judiciaire serait... macabre. En effet, l'application d'une telle loi mènerait soit à l'effraction régulière de cette dernière, soit, plus alarmant encore, à l'accumulation d'une énergie (sexuelle) qui devra être canalisée d'une manière ou d'une autre. Et si les jeunesses hitlériennes sont des exemples, il semble que cette force formidable, née de la répression du désir sexuel, puisse être très possiblement utilisée à des fins destructeurs.

C'est donc une aberration que de croire que le désir sexuel est une forme de débauche. Cela fait tout simplement partie du côté plus... primordial de l'homme, un côté qui serait impensable d'éliminer sans risquer de graves conséquences, comme nous le démontre si bien Georges Orwell dans son roman « 1984 » dans lequel l'énergie sexuelle est totalement transformée en un amour maladif pour le Parti.

Bref, l'application de la loi interdisant les rapports sexuels entre les jeunes de moins de dix-huit ans est impensable, non seulement parce que la loi elle-même est en contradiction totale avec la mentalité de la société, mais d'abord et avant tout parce qu'elle porterait atteinte, avec des conséquences funestes, à un désir irrépressible de l'être humain : le désir de « faire l'amour ». Un tel paralogisme de la part de nos politiciens et maîtres à pensée qui souhaitent la mise en vigueur de cette loi me surprend, et je soutiens, une fois de plus, que la loi suggérée est la création de l'aveuglement lamentable de certains hommes dis « éclairés ».

Je vous rappelle que lors de la révolution française en France, puis lors de la révolution tranquille au Québec, les hommes se sont soulevés contre le joug dictatorial de la monarchie et de l'Église. Ils se sont battus pour obtenir leur précieuse liberté. Et voilà que seulement deux siècles plus tard ­ trente ans dans le cas du Québec ­ certains conservateurs et intégristes veulent un retour à ces valeurs anciennes, prêchent la chasteté. Pourquoi ne pas rajouter l'obéissance, pour ne pas dire la soumission, à cela? Il ne faut pas se laisser faire! Victor Hugo avait dit : « Toute idée qui prend racine le passé a pour feuillage le futur ». Or, il n'y aurait pas de feuillage sans racine, tel que dans ce cas-ci, il n'y aurait pas de futur si l'on ne se rappelait pas notre passé. La liberté, quoiqu'on ait pu l'oublier, est une chose fragile, une précieuse rareté. C'est le patrimoine peut-être le plus précieux que nous ont légué nos ancêtres et qui peut encore être si facilement perdu. Protégeons-la. Protégeons notre liberté. Disons à ces conservateurs et intégristes : « Vive la liberté de pensée! Vive la liberté de parole! Vive notre liberté sexuelle! » Après tout, s'il y a bien quelque chose que le bon vieux temps ne pouvait pas nous offrir, c'est bien notre liberté.

 

 
 

Retour au haut de la page

© Barreau du Québec 1996-2012