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Soirées bénéfice du Théâtre d'Aujourd'hui

S'investir pour l'amour du théâtre

Louise Vadnais, avocate

Princesse médiévale, amoureux transi, rat de ville, mari libidineux, réceptionniste kafkaienne, vieux oubliés, voilà quelques-uns des personnages incarnés par une juge et six avocats montés sur la scène à l'occasion des soirées bénéfice du Théâtre d'Aujourd'hui, les 12, 13, 14 et 15 mai dernier. En tout, 21 hommes et femmes de différents secteurs professionnels de Montréal ont brûlé les planches l'espace de quelques soirs en jouant eux-mêmes dans le spectacle bénéfice intitulé Mon Amérique.

La juge Céline Lacerte-Lamontagne, de la Cour du Québec, Me Claire Brassard, secrétaire du conseil d'administration du théâtre, Me Louis J. Gouin, Me Laurette Laurin, Me Stella Leney, également membre du conseil d'administration, Me Étienne Panet-Raymond et Me Harold White ont interprété des extraits de pièces jouées au fil des années au Théâtre d'Aujourd'hui. Les comédiens de ces soirées ont répété le spectacle sous l'œil vigilant de la metteure en scène professionnelle, Chantal Beaupré.

De l'expérience...

Me Leney est montée sur les planches pour une septième année d'affilée. « J'encourage tous les avocats qui veulent s'investir dans des causes à choisir des façons originales de le faire. Celle du Théâtre d'Aujourd'hui, en plus d'être originale, est une cause facile à vendre car les gens sollicités sentent une implication véritable de notre part en faveur du théâtre. » Pour sa part, la juge Lacerte-Lamontagne en est à sa quatrième participation : « C'est une belle façon d'exprimer notre amour du théâtre, un art qui a de la difficulté à vivre de ses propres moyens. »

Me White a pour sa part brûlé les planches pour la sixième année consécutive avec la même passion que la première fois. « Le milieu artistique a davantage besoin qu'il y a cinq ans de l'appui du milieu professionnel et de celui des affaires. Je ressens le même grand plaisir à contribuer au maintien du Théâtre à une époque ou le financement est encore plus difficile car plus de gens se partagent les mêmes subventions. »

C'est Me White qui a recruté Me Gouin et Me Laurin, tous deux fort enthousiastes de leur première participation. « Cela m'a permis de sortir du bureau », fait valoir Me Gouin, qui a été à même de constater à quel point le métier de comédien est exigeant. « C'est un travail d'équipe qui développe des liens d'amitié, de la solidarité et de la complicité entre les comédiens. C'est bon pour la cause du théâtre mais c'est également bon pour notre équilibre comme avocat. On s'abandonne, on s'amuse c'est une expérience unique et intense », relève Me Gouin, qui pourra dorénavant partager son expérience des planches avec son frère Benoît Gouin, un comédien professionnel.

Me Laurin voulait devenir comédienne. S'impliquer bénévolement dans la cause du Théâtre la touche particulièrement : « Le théâtre incarne la poésie de la vie. Les 30 secondes avant la levée du rideau on a des crampes d'estomac mais après on se livre et on s'abandonne à la scène », fait valoir l'avocate.

Pour Me Panet-Raymond, qui en était à sa deuxième expérience comme comédien des soirées bénéfice, c'est un retour aux sources. « J'ai fait beaucoup de théâtre du temps où j'étais étudiant. Or, jouer c'est un peu comme plaider : il faut apprivoiser le juge ou le public. Au début, on fait face à un sentiment de panique puis se développent un sentiment d'appartenance au groupe et enfin une réelle complicité avec les autres comédiens », soutient cet avocat plaideur qui se dit prêt à recommencer l'expérience.

Comédien professionnel et directeur artistique intérimaire du Théâtre d'Aujourd'hui, Gilles Renaud, a accompagné les comédiens pendant les 10 jours de répétitions. Il a été leur premier spectateur : « Tous ces professionnels et gens d'affaires ont donné libre cours à leur passion du théâtre sans être des acteurs professionnels. Et ils l'ont fait pour une bonne cause. C'est merveilleux de les voir jouer et de voir des liens d'amitié se tisser entre eux! »

Ces soirées bénéfice ont rapporté près de 170 000 $.

 

 
 

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