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Claire L'Heureux-Dubé, conférencière à la rentrée de l'École du Barreau

S'ouvrir sur le monde

Louise Vadnais, avocate

La rentrée 2003 a cédé la place à une nouvelle École du Barreau : par son environnement résolument tourné vers les nouvelles technologies et par sa culture axée dès le premier jour sur la responsabilisation de l'étudiant, avocate et avocat de l'avenir. Un panneau sobre mais imposant installé dans la salle Jules-Deschênes du palais de justice de Montréal affichait la mission de l'École, Édifier et affirmer l'excellence, aux quelque 250 futurs avocats du Centre de Montréal (sur les 450 inscrits), avec en filigrane l'adresse virtuelle www.ecole.barreau.qc.ca, la référence moderne obligée.

Claire L'Heureux-Dubé
Claire L'Heureux-Dubé

Changement de culture, changement de mode de diffusion, le maître de cérémonie de la matinée, Claude Ducharme, directeur de l'école, a ainsi livré son premier conseil avant de donner la parole à l'invitée d'honneur de la rentrée : « L'École prend la direction des nouvelles technologies : consultez le site Internet pour connaître les activités, le calendrier de l'École et les informations sur les examens et les stages. »

S'ouvrir sur le monde

Juriste d'excellence et conférencière de renommée internationale, Claire L'Heureux-Dubé, animée d'une passion inaltérable et d'un attachement indéfectible à la jeunesse et au Barreau, a sensibilisé les étudiants au défi premier de la profession juridique à l'aube de leur carrière : S'ouvrir sur le monde.

« Le monde a changé : il n'est plus ce qu'il était il y a 30, 20, 10 et même cinq ans. Ce qui est peut-être moins évident, c'est que le monde juridique a aussi changé considérablement. Les juristes font maintenant face à un plus grand nombre de défis. Le rôle de l'avocat exige dorénavant une ouverture sur le monde et une connaissance d'autres systèmes de droit. Que s'est-il passé? » La réponse à cette question passe nécessairement par la compréhension du phénomène de la mondialisation accrue du milieu juridique, a fait valoir madame L'Heureux-Dubé. « Ce phénomène découle en grande partie de la Déclaration universelle des droits de la personne qui, depuis 1945, a transformé l'imagination morale en introduisant une culture commune et universelle des droits de la personne. » La Déclaration n'est pas seule responsable de ce phénomène. L'internationalisation du monde juridique provient également d'une nouvelle interaction entre les juridictions. « Euthanasie, peine de mort, avortement, propagande haineuse, la similitude des débats sociaux au sein de différentes juridictions trouvent leur consécration ultime dans des débats juridiques équivalents, une situation de fait amplifiée par l'ouverture des communications, l'avancement des technologies et la fréquence des contacts entre juristes à l'échelle du globe. »

Le droit de l'avenir

Cette nouvelle interaction entre les juridictions serait-elle l'expression du rêve d'une common law internationale ou celle du rêve d'un monde de droit civil? Sans trancher à la faveur de l'un ou de l'autre système, madame L'Heureux-Dubé affirme que cette conjoncture liée à la mondialisation a largement contribué à modifier « le processus d'influence internationale » qui est dorénavant passé de « l'importation au dialogue ». « Les juges ne se contentent plus d'importer la jurisprudence d'autres pays afin de l'appliquer dans leur propre juridiction, a fait valoir l'ex-magistrat, mais cherchent plutôt un échange sur le plan des idées. Un changement majeur qui favorise une consultation comparative des sources, constitutionnelles et autres, et qui conduit naturellement à une approche comparative du droit. »

« À l'ère de la Charte, il existe en outre une relation de plus en plus étroite entre les droits de la personne et le droit international. Et la tâche revient à vous, plaideurs de demain, de porter les documents internationaux à l'attention des tribunaux. Un défi propice à l'épanouissement des avocats du Québec qui, bilingues ou trilingues et forts de la double culture juridique, possèdent un passeport pour le monde », a conclu madame L'Heureux-Dubé.

S'ouvrir sur sa profession

De retour d'Ukraine où il s'était déplacé pour une commission rogatoire à la suite de la saisie d'un avion au Labrador, Me François Fontaine a chaleureusement applaudi les propos de la juge. « C'est vrai qu'on ne sait pas où le droit peut nous mener et que la pratique internationale est de plus en plus sollicitée, mais de grâce, a insisté le président du Comité, commencez par comprendre le droit d'ici, en vous donnant la chance de vous ouvrir d'abord sur votre profession. »

Le président du CFP a prévenu les étudiants que l'École du Barreau est leur dernière occasion d'effectuer une mise à niveau dont ils sont responsables. « Profitez-en pour approfondir la matière, la réviser ou l'appréhender avec une nouvelle lorgnette. Profitez des avocats et des avocates qui vont vous enseigner, des praticiens aguerris des plaideurs et des négociateurs de premier plan. Vous êtes des professionnels en devenir au jour un de votre profession : participez, engagez-vous! ».

L'École c'est neuf mois de formation qu'a complétés avec succès l'ex-président de l'Association des étudiants et étudiantes de l'École du Barreau, Jean-Philippe Simard, stagiaire qui assure ses collègues que l'École du Barreau est avant tout utile. Pas de débats philosophiques mais une solide formation pratique. Il y a vécu une expérience humaine fondée sur un échange de qualité avec la direction. « Oubliez les histoires d'horreur et les légendes. Le temps est à l'implication responsable, à la crédibilité et aux relations de bonne foi. L'École est réceptive aux solutions », a fait valoir l'ex-président, en invitant les étudiants à s'engager dans la gestion de leur nouvelle école.

Québec, Sherbrooke, Ottawa

Les 142 étudiants inscrits au Centre de Québec, dirigé par Me Mabel Dawson, étaient invités à venir entendre la juge de la Cour supérieure du Québec, Louise Moreau, dans la salle des Assises du palais de justice de Québec. La juge Moreau a sondé la motivation des aspirants avocats à apprendre leur métier et à plonger dans cette année de travail intense qui les prépare à la pratique. Gaétan Rancourt, stagiaire et étudiant du Centre l'année dernière, a présenté le bilan de son expérience : constance, travail et équilibre entre loisirs et études en laissant les préjugés et rumeurs à la porte afin de se faire sa propre idée sur l'expérience de l'École.

Le Centre de Sherbrooke, dirigé par Me François Tôth, accueille cette année 96 étudiants. Le bâtonnier de la section de Saint-François, Me Dominique Guenin, a livré le message de la rentrée, insistant sur la nécessité de s'ajuster aux changements de la société et aux changements juridiques provoqués par l'adoption de nombreuses lois et par les chartes canadienne et québécoise. Marie-Claude Gaudreau, stagiaire et diplômée de l'École 2003, a invité les étudiants à s'investir pleinement dans leurs études.

Enfin, le Centre d'Ottawa, dirigé par Me Jean-Paul Osborne, compte 61 étudiants. La bâtonnière de la section de Hull, Me Jocelyne Méthot, a livré un message en trois volets : travail, discipline et responsabilisation. Se sont joints à la bâtonnière et lui ont fait écho, le doyen de la Faculté de droit civil de l'Université d'Ottawa, Louis Perret, Me Gérard Brouillette, et Geneviève Léveillé, diplômée du Centre d'Ottawa en 2003. (L. V.)

 

 
 

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