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Portrait du bâtonnier de Montréal

La passion du droit

Indra Balassoupramaniane, avocate

Le 7 mai dernier, lors de la 154e assemblée générale annuelle du Barreau de Montréal, Me Stéphane Rivard accédait au poste de bâtonnier de Montréal.

M<sup>e</sup> Stéphane Rivar
Me Stéphane Rivar

Membre du Barreau depuis presque 25 ans, Me Rivard fait partie de ceux pour qui la profession d'avocat est une véritable passion. Issu d'un père avocat, c'est tout naturellement qu'il choisit de s'orienter vers la pratique du droit: « Mon père était avocat et à force de l'écouter, mon goût pour le droit s'est développé. Je pense aussi que c'est une question de tempérament car il faut avoir certains traits de caractère ou aptitudes pour apprécier cette profession. J'aime ce métier et je n'ai jamais pensé faire autre chose », raconte Me Rivard.

Assermenté en 1979, Me Rivard amorce sa carrière dans un cabinet d'une quinzaine d'avocats avant d'être directeur du contentieux de la compagnie d'assurance Alliance Mutuelle-Vie, puis directeur des affaires juridiques à la Banque Nationale, dix ans plus tard. Il choisira cependant d'intégrer l'équipe de litige commercial et insolvabilité du cabinet Pouliot Mercure afin de se consacrer davantage aux litiges et à la plaidoirie. Il y restera dix ans avant de se joindre, en 1999, au cabinet nouvellement fondé de Clément Davignon.

Très vite, au cours de sa pratique, Me Rivard s'intéresse aux activités de son ordre professionnel. D'ailleurs, il deviendra rapidement président de l'Association du jeune Barreau de Montréal et siégera par le fait même, à titre de président sortant, au Conseil du Barreau de Montréal, au comité administratif et au Conseil général du Barreau du Québec. Participant à ces trois instances, il prendra connaissance des grands dossiers touchant les avocats, les droits des clients et leurs problèmes quotidiens. Fort de cette expérience, il reviendra au Conseil du Barreau de Montréal avec l'intention cette fois de devenir bâtonnier, pour s'impliquer plus activement.

Projets pour 2003-2004

Durant son mandat, la priorité de Me Rivard est de régler les problèmes actuels dont le Barreau de Montréal est saisi et qui nécessiteraient une intervention rapide de sa part.

Parmi ces problèmes, Me Rivard cite tout d'abord la réforme du nouveau Code de procédure civile plus particulièrement le délai de 180 jours pour inscrire un dossier : « Nous allons tenter de convaincre le ministre de la Justice, Marc Bellemarre, de revoir ce délai. Il est en effet nécessaire de prévoir des ajustements quant à l'application de ce délai afin de protéger le droit des parties à une défense pleine et entière. En d'autres termes, nous entendons faire pression pour que les échéanciers adoptés respectent ce droit fondamental

Le deuxième problème sur lequel Me Rivard compte s'investir est celui de l'accès à l'aide juridique : « Il faut absolument revoir les critères d'admissibilité afin que l'aide juridique soit plus accessible. La mère monoparentale, qui a deux enfants à sa charge et qui a un revenu annuel de 22 000 dollars, n'arrive manifestement pas à joindre les deux bouts. Pourtant, en vertu des critères mis en place, elle n'est pas assez pauvre pour bénéficier de l'aide juridique. Cette personne n'a donc tout simplement pas les moyens de se défendre et de faire valoir ses droits.»

Me Rivard entend continuer ses discussions avec les autorités de la Cour supérieure quant à la chambre commerciale : « Nous aimerions qu'il y ait plus de dossiers en gestion d'instance, surtout pour les affaires complexes. Par ailleurs, nous aimerions que soit mis en place une liste de juges qui ont une réelle expertise ou une expérience pour intervenir sur de gros dossiers comme celui d'Air Canada ou de Téléglobe. Tout récemment, ces dossiers ont été entendus en Ontario pour ces raisons, alors que le forum aurait dû être la chambre commerciale de la Cour supérieure du Québec, qui compte de nombreux juges pouvant mener de tels dossiers. »

Quant à la question de la Bibliothèque de Montréal, Me Rivard a fait les démarches nécessaires pour que le CAIJ mette en place un point de service au palais de justice : « La Bibliothèque fait actuellement l'objet d'une réorganisation et elle sera bientôt transférée dans l'édifice Ernest-Cormier. Or il est important de conserver, dans les locaux du palais de justice, un point de service rapide, efficace et accessible afin de permettre aux plaideurs de faire une recherche rapide avant de se rendre dans leur salle d'audience ».

Enfin, Me Rivard aimerait améliorer la communication et l'échange d'informations avec ses membres, notamment en communicant par courriel en temps opportun les diverses interventions du Barreau de Montréal.

 

 
 

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