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Fidèle à la tradition, le Barreau de Montréal profitait de la récente Rentrée des tribunaux pour remettre ses prix et hommages. Le 4 septembre dernier, le juge à la retraite Charles D. Gonthier a donc reçu des mains du bâtonnier de Montréal, Me Stéphane Rivard, la Médaille de l'organisme. Il s'agit de la plus haute distinction remise par le Barreau de Montréal. Un hommage plus que mérité, selon le bâtonnier de Montréal.
L'ex-juge de la Cour suprême Charles D. Gonthier (à droite) reçoit la Médaille du Barreau de Montréal des mains du bâtonnier de la section, Me Stéphane Rivard.Guylaine Boucher |
Jusqu'à tout récemment juge à la Cour suprême du Canada, Charles D. Gonthier a été admis au Barreau du Québec en 1952, un choix normal pour ce petit-fils de juge. Diplômé de l'Université McGill, il a pratiqué le droit jusqu'en 1974 au sein de divers grands cabinets montréalais, dont Hackette, Mulvena et Laverty ainsi que Laing, Weldon, Courtois, Clarkson, Parsons, Gonthier et Tétreault. Nommé juge à la Cour supérieure du Québec en 1974, il y siégera pendant quatorze ans, soit jusqu'en 1988. Il accédera ensuite à la Cour d'appel de la province, puis, moins d'un an plus tard, au plus haut tribunal du pays, où il officiait jusqu'en août dernier.
Son passage à la Cour suprême a été marqué par de nombreux jugements d'importance, ne serait-ce que l'arrêt Rodriguez concernant le suicide assisté. Sa réputation de magistrat fait l'unanimité. En 2002, alors que l'Université de Montréal lui remettait un doctorat honoris causa, le doyen de la faculté de droit, Me Jacques Frémont, soulignait son influence sur le monde juridique et affirmait que « ses qualités intellectuelles en font l'un des juges canadiens les plus estimés et sans doute l'un des plus influents ». Le doyen affirmait aussi alors que le juge Gonthier « a marqué de façon nette le développement du droit canadien et cela dans les domaines les plus divers ».
De l'avis de Me Stéphane Rivard, ce sont ces mêmes raisons qui ont poussé le Conseil du Barreau de Montréal à lui remettre la Médaille. Le bâtonnier s'est d'ailleurs dit « très fier de souligner une brillante carrière dédiée à la cause de la justice ». D'autant plus que, a-t-il ajouté, « au cours de son impressionnante carrière en droit, le juge Gonthier a participé aux travaux de plusieurs comités du Barreau ».
Sa feuille de route ne laisse en effet aucune ambiguïté quant à son niveau d'engagement dans la communauté juridique. Dès le début de sa carrière, il a agi comme membre du conseil du Bureau de l'aide juridique de Montréal, puis comme président de l'Association du Jeune Barreau de Montréal. Le Barreau du Québec et le Barreau de Montréal ont par la suite pu compter sur sa disponibilité, notamment comme membre du comité de discipline. Devenu juge, il a poursuivi son engagement en devenant, tour à tour, président de l'Institut canadien d'administration de la justice, puis président de la Conférence canadienne des juges.
La Médaille du Barreau de Montréal n'est pas le premier hommage qui lui est rendu. Hormis l'honneur qui lui a été fait récemment par l'Université de Montréal, il devenait, en 1988, chevalier de l'Ordre des palmes académiques de France. Plus ancienne distinction remise à titre civil en France, l'Ordre des palmes académiques vise à reconnaître les mérites des personnes relevant du ministère de l'Éducation nationale de l'Hexagone. Il s'agit du troisième ordre national, après celui de la Légion d'Honneur et celui du Mérite.
Fortement attaché à la communauté juridique montréalaise et québécoise, le juge Gonthier s'est par ailleurs dit grandement honoré de l'hommage rendu par ses anciens collègues juristes. « Malgré les années passées à la Cour suprême, je demeure toujours très attaché à mes racines. Aussi, recevoir un tel hommage du Barreau de Montréal me fait très plaisir. » Rappelons que la Médaille du Barreau de Montréal est remise chaque année à des personnes qui se sont signalées par leur contribution à la cause de la justice.
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