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Des avocats des quatre coins de la section s'impliquent dans des organismes de soutien aux gens en difficulté », affirme fièrement le bâtonnier d'Arthabaska, Me Jean-Claude Chabot.
Le Conseil du Barreau d'Arthabaska, de gauche à droite : Me Jean-François Royer, conseiller, Me Yvan Corriveau, secrétaire, Me Catherine Brousseau, trésorière, Me Alain Gervais, conseiller, Me Nadine Maltais, conseillère, et Me Jean-Claude Chabot, bâtonnier. Étaient absents au moment de la prise de photo, Me Luc Plante, bâtonnier sortant, Me Luc Ouellet, conseiller, et Me Pierre Labbé, publiciste |
Quand des personnes démunies de Warwick, une municipalité de 5 000 âmes située au centre de la section, ne réussissent pas à trouver l'aide dont ils ont besoin, Me Alain Pard, président depuis quatre ans du comité de bienfaisance, s'en occupe. « Le comité distribue près de 20 000 $ par année en aide de dernier recours sous forme de nourriture, de bons alimentaires ou de chèques », indique l'avocat. Il intervient même après des sinistres. « À la suite d'un incendie, les gens peuvent m'appeler directement et je suis en mesure de les aider dans les 12 heures, jusqu'à ce que la Croix rouge prenne la relève », mentionne-t-il. Plus d'une centaine de bénévoles l'épaulent à la réalisation de cette oeuvre caritative.
Le municipalité de Warwick est située au centre du triangle formé par les trois principales agglomérations urbaines de la section d'Arthabaska : Thetford Mines, Victoriaville et Drummundville qui ont chacune leur palais de justice et sont respectivement chefs-lieux des districts de Frontenac, d'Arthabaska et Drummond. Les avocats de cette section sont très polyvalents, beaucoup pratiquant à la fois en droit matrimonial, civil et pénal.
Le Comité de bienfaisance de Warwick ne recevant aucune subvention, Me Pard organise chaque année une guignolée et sollicite par courrier des contributions financières à quelque 200 entreprises de la région.
Me Pard a changé des façons de faire dans l'organisation. « Les bénéficiaires devaient se présenter chez le président pour obtenir l'aide, se souvient-il. Maintenant, je vais leur porter le chèque en personne. C'est moins embarrassant pour eux, ça me donne une idée de l'endroit où ils vivent et je vois s'il y a d'autres problèmes. Beaucoup de bénéficiaires sont chefs de famille monoparentale. J'en réfère à l'aide juridique pour des questions de pension alimentaire ou à des cuisines communautaires. Je suis vigilant pour reconnaître les signes de violence conjugale. »
Rencontrer des gens vivants des situations difficiles l'aide à mettre de l'ordre dans ses priorités sur le plan personnel. « Ça force l'humilité », souligne l'avocat.
À l'est de la section, deux avocats du Bureau d'aide juridique de Thetford Mines, Me André Gardner et Me Fannie Côtes, s'impliquent auprès des personnes en difficulté dans des organismes communautaires complémentaires aux services juridiques qu'ils offrent. Me Gardner est président de l'Association coopérative d'économie familiale de l'Amiante-Beauce-Etchemin. L'association donne des consultations budgétaires, diffuse de l'information sur le crédit et l'endettement, et défend les intérêts des personnes sur l'aide sociale. « La clientèle des ACEF est la même que la mienne, note-t-il. Si un client sur l'aide sociale n'arrive pas à boucler son budget, je le réfère à l'ACEF. À l'inverse, l'organisme peut me référer par exemple des gens qui ont signé des contrats ne respectant pas la Loi sur la protection du consommateur. »
Au conseil d'administration, il peut donner l'heure juste aux administrateurs quand la discussion porte sur les lois sociales avec lesquelles il travaille quotidiennement, comme le Code civil du Québec ou les législations sur l'aide sociale, la perception des pensions alimentaires, Hydro-Québec ou l'assurance-emploi.
Sa consoeur, Me Côtes, siège au conseil d'administration de La Gitée, une maison d'accueil et d'hébergement à long et court termes à laquelle peuvent recourir les clientes victimes de violence conjugale. Elle s'implique aussi à Domrémy, une maison d'hébergement et un centre de jour pour les personnes ayant des problèmes de dépendance à l'alcool et aux drogues. « Je peux référer à l'organisme des clients au criminel, dit-elle. Cela facilite leur remise en liberté si on dit à la Cour qu'ils ont un endroit où rester. »
À l'ouest de la section, à Victoriaville, Me Marie-Josée Garneau vient en aide à des personnes ayant des difficultés de santé. Depuis 1997, à la suite des juges Gilles Allard et Jean-Guy Dubois, d'anciens avocats de son cabinet, elle siège au conseil d'administration de la Fondation de l'Ermitage attachée au Centre hospitalier de soins de longue durée l'Ermitage où sa grand-mère a résidé une quinzaine d'années.
Aider à améliorer la qualité du milieu de vie quotidien des bénéficiaires est très motivant pour elle. « Ce ne sont pas tous des gens âgés, précise Me Garneau. Il y a des gens invalides dans la vingtaine à qui il faut donner des conditions de vie ressemblant aux gens de leur âge. » Elle est heureuse de participer à l'implantation de méthodes de gestion avant-gardistes misant sur la capacité résiduelle des bénéficiaires. « Nous sommes un des seuls centres de la province à maximiser ce que les résidents sont capables de faire, explique-t-elle. Par exemple, certains bénéficiaires peuvent participer à la préparation de leur repas sur l'étage. La nourriture est amenée des cuisines aux étages en vrac plutôt qu'en cabaret. Ca sent bon, ça ouvre l'appétit et la nourriture est plus chaude. » La Fondation contribue à ce projet en fournissant de l'argent pour l'achat d'équipement.
Le Barreau d'Arthabaska a déjà compté dans ses rangs l'un des plus illustres personnages de l'histoire canadienne, Me Wilfrid Laurier. Premier ministre de 1896 à 1911, Me Laurier était reconnu pour ses qualités exceptionnelles d'orateur. « On retrouve son nom dans le procès-verbal de l'assemblée de fondation de la section d'Arthabaska, qui a eu lieu le 5 juillet 1884, parmi les premiers membres élus du conseil de section », rapporte Me Yvan Corriveau, secrétaire du conseil de section.
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