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La Chambre du député

Isabelle Huard*
« Les députés sont élus par les bons citoyens qui ne votent pas. » (Anonyme)

Dans une chronique précédente, nous avons parlé du sénat et de tout ce qu'il sous-tend. Dans un même ordre d'idées, l'autre représentant du peuple, c'est le député, qui n'a pas du tout la même image que le sénateur. Le mot deputatus est infiniment plus neutre et ne donne une impression ni de jeunesse, ni de vieillesse.

Les origines

Au départ, le député était un personnage envoyé en mission par une nation ou un souverain. C'est par la suite qu'il commence à participer aux assemblées électives pour prendre part aux délibérations.

Vers 1871, le député avait l'initiative et le vote des lois, et il contrôlait le pouvoir exécutif dans le cadre du régime parlementaire. Alors qu'il ne portait pas de costume officiel, on limitait à l'époque les signes extérieurs de sa fonction aux insignes, dont l'écharpe tricolore à franges d'or. Le député recevait en outre une médaille qui lui permettait de justifier de son identité.

Le mot « député » vient du verbe latin deputare. Voulant d'abord dire « élaguer un arbre » puis « évaluer, estimer », le terme devient en ancien français députer, qui signifie « déléguer » puis « élire ».

André Birabeau, écrivain et dramaturge français, écrit d'ailleurs à ce sujet: « On devrait prendre des conjoints comme on prend des députés, pour cinq ans; après cela, le conjoint essayerait de se faire réélire. »

Siéger en « Chambre »

Mais il ne suffit pas de se faire élire ou réélire, encore faut-il siéger! Et où siège-t-on? Les députés le font habituellement à l'Assemblée nationale, au Québec, ou à la Chambre des communes, au niveau fédéral.

Le mot chambre a un sens institutionnel depuis bien longtemps, dans les domaines judiciaire et législatif.

Dès le XIVe siècle, la chambre désigne une cour ou un tribunal. Plus tard, le terme traduit les réalités parlementaires anglaises et ce n'est qu'à partir de la IIIe République, en France, que le mot chambre devient le symbole du régime: débats houleux, interpellations à la chambre, etc.

Voilà peut-être une des origines de l'expression « débats en chambre », laissant penser que ces types de discussions ne peuvent être que de combats!

Sources: http://www.citationsdumonde.com, site Internet de l'Assemblée Nationale du Québec, site Internet de Parler au quotidien (Centre national de documentation pédagogique), Larousse du XXe siècle.

* Détentrice d'une maîtrise en études littéraires de l'UQAM, Isabelle Huard enseigne au Collège de Sherbrooke.

 

 
 

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