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Maximiser la place des jeunes avocats et avocates

Claude G. Leduc
Avec l'évolution rapide de la profession, les jeunes avocats et avocates voient s'ouvrir devant eux un horizon rempli de possibilités. Que l'on parle de la mondialisation et des opportunités que cette transformation du marché des services juridiques suscite ou de la multidisciplinarité qui transformera sans aucun doute la pratique de la profession, les jeunes avocats sont particulièrement bien placés pour saisir la balle au vol.

Encore faut-il leur donner les outils et le soutien nécessaires pour leur permettre de prendre leur envol et de bien démarrer leur carrière. C'est dans cette optique que fut créé un lieu de discussion maintenant appelé Table de concertation des jeunes avocats et avocates, à l'hiver 2002.

Saviez-vous que plus de 40 % des membres du Barreau ont 10 ans et moins de pratique? Il s'agit d'une part importante de notre membership et il m'apparaît que le Barreau doit s'ouvrir de façon plus particulière à leurs préoccupations et leurs besoins. C'est en ce sens que j'ai invité les associations locales des jeunes barreaux à travers la province à déléguer quelqu'un à cette table de concertation, dont la première rencontre remonte déjà à plus d'un an.

Lors des premières réunions, nous avons d'abord procédé à identifier les principales problématiques relatives à leur pratique professionnelle. La plupart des jeunes avocats présents exprimaient le besoin d'avoir davantage de soutien, d'information concernant l'entrepreneurship, le démarrage et la pérennité d'un cabinet d'avocats. Ce besoin sera comblé en partie par des ateliers dans le cadre du prochain congrès du Barreau, lesquels aborderont notamment la question du recrutement de la clientèle et de la comptabilité des travailleurs autonomes.

Par ailleurs, une préoccupation est apparue beaucoup plus criante que les autres : la difficulté pour les jeunes avocates travailleuses autonomes de fonder une famille tout en maintenant une pratique d'avocate. Vous vous rappellerez peut-être de l'article que notre consoeur Sophie Gauthier de Québec avait écrit à ce sujet : « Je suis enfant unique...ma maman est travailleuse autonome », paru notamment dans le Journal du Barreau du 1er janvier 2002 et qui exprimait de façon éloquente cette situation.

En collaboration avec le Comité sur les femmes dans la profession, qui oeuvre à ce dossier depuis de nombreuses années, et avec la table de concertation, nous avons travaillé d'arrache-pied depuis cette date pour tenter de mettre en place un régime d'assistance pour les avocates et les avocats, destiné à compenser partiellement les frais d'opération encourus pendant la période à laquelle les activités professionnelles sont réduites ou inexistantes à cause de la naissance ou de l'adoption d'un enfant.

J'aurai l'occasion de vous en reparler de façon plus élaborée d'ici quelques semaines, mais laissez-moi quand même vous exprimer mon enthousiasme pour ce projet extrêmement novateur.

La table de concertation se veut donc un lieu de consensus où des préoccupations communes à l'ensemble des jeunes avocats y sont exprimées et véhiculées. Elle n'est pas une instance politique et ne se veut pas la représentante provinciale des associations élues de jeunes barreaux de chaque section; parallèlement aux travaux de la table de concertation, ces associations conserveront les liens et relations qu'elles ont déjà avec le Barreau du Québec et avec toutes autres instances gouvernementales ou politiques.

La première année de vie de cette table de concertation me rend extrêmement confiant sur le dynamisme des jeunes et leur capacité à dépasser les structures politiques quelquefois rigides pour échanger librement sur des projets d'intérêt général pour les jeunes avocats et avocates de l'ensemble du Québec.

Il y a là pour les jeunes une opportunité extraordinaire d'abattre des frontières et de travailler pour le bien commun. J'y constate par ailleurs que cette table ne saura conserver son assise et son équilibre que par l'implication de tous les jeunes et non seulement de leurs élus. Les jeunes ont l'obligation de s'impliquer et le devoir de ne pas être indifférents.

Le bâtonnier du Québec,
Claude G. Leduc

 

 
 

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