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Le Barreau de Richelieu couvre le territoire qui s'étend de Valleyfield à Sorel en passant par Saint-Hyacinthe et Saint-Jean-sur-Richelieu. Il comprend les districts judiciaires de Beauharnois, Iberville, Saint-Hyacinthe et Richelieu, desservis par 4 palais de justice. Les 500 avocats qui en font partie sont des généralistes plutôt que des spécialistes, ce qui fait dire au bâtonnier Me Robert Ally: « Ils font d'excellents juges en raison de leurs expériences dans différents champs de pratique ».
Le Conseil du Barreau de Richelieu: assises, de gauche à droite, Mes Isabelle Boulianne, Chantal Hurtubise (secrétaire trésorière) et Carole Lepage. Debout, Mes Robert Proulx, Stéphane L'Écuyer, Jean-Pierre Boileau (bâtonnier sortant), le bâtonnier de Richelieu, Robert Ally, Jocelyn Rancourt (premier conseiller) et Hélène Bousquet |
Plusieurs membres de la section de Richelieu font leur marque à la direction d'organismes communautaires à vocations patrimoniale, artistique ou culturelle.
En 2002, le maire de St-Jean-sur-Richelieu a demandé à Me Nathalie Madorre de prendre les reines du conseil d'administration de Rues principales Vieux-Saint-Jean, un organisme visant la revitalisation du centre-ville. « En construisant des centres commerciaux près de l'autoroute on a vidé les rues principales. C'est le temps de les refaire. J'ai accepté parce que je crois à l'amélioration du centre-ville », dit-elle. Aussi loin qu'elle remonte dans sa mémoire, Nathalie Madorre se rappelle avoir toujours aimé les vieilles demeures et la décoration. D'ailleurs, elle a fait l'acquisition, pour y établir son cabinet d'avocat, de la Maison Gabriel Marchand, répertoriée comme étant d'intérêt patrimonial dans le plan d'urbanisme.
Après son arrivée à la présidence, elle a réuni une centaine de personnes pour connaître leurs points de vue sur les objectifs de l'organisme. Puis, des comités ont été formés afin de mettre les projets à exécution. Un de ses projets, qualifié d'audacieux par la presse locale, est d'acquérir des édifices et de les rénover pour inciter les commerçants voisins à embellir leur propriété. Une promesse d'achat pour le premier de ces immeubles vient d'ailleurs d'être signée. Il abritera des commerces, mais aussi des logements, car le développement résidentiel est une priorité pour Me Madorre. « En ramenant des logements de qualité dans le centre-ville, on attirera des commerces intéressants », souligne-t-elle.
Elle vise aussi la création d'une banque de professionnels qui connaissent les immeubles anciens. « On veut que les propriétaires apprennent à respecter l'achitecture ancienne et l'histoire », dit l'avocate.
En plus de sa passion pour le patrimoine architectural, Me Madorre apporte au conseil d'administration les habiletés en négociation qu'elle a développées pendant sa pratique juridique. Elles lui sont très utiles que ce soit pour négocier l'achat d'un immeuble, le bail de l'organisme, son financement avec la municipalité ou pour faire du lobbying en faveur du centre-ville.
Une autre avocate de la section, Me Louise Piché, donne libre cours à sa passion pour les arts à la présidence du conseil d'administration d'Expression, un centre d'exposition de grande réputation spécialisé dans les arts visuels actuels et contemporains. Cet organisme du vieux Saint-Hyacinthe occupe un édifice d'une grande valeur patrimoniale mettant à la disposition des artistes des murs d'une hauteur exceptionnelle éclairés par des puits de lumière.
Le plus grand défi de Louise Piché est de maintenir la renommée de sa direction artistique. « Le nom d'Expression dans le curriculum vitae aide l'artiste à valoriser ses oeuvres, mentionne-t-elle. Expression publie un opuscule commentant le travail de l'artiste avec des photos qu'il peut ajouter à son portfolio. »
Ses études en droit lui sont très utiles dans ses fonctions. « C'est une formation de base qui développe l'esprit d'analyse, qui nous permet d'être à l'aise dans tous les milieux et de transiger avec toutes sortes de monde », considère-t-elle. De plus, sa formation en médiation l'aide à gérer les débats qui peuvent avoir lieu occasionnellement au sein de l'organisme.
Me Paul Brunet, directeur général-adjoint de la Ville de Chateauguay, lui aussi concilie ses activités professionnelles avec ses fonctions à la direction d'un organisme communautaire, le Conseil pour la protection des malades, qu'avait fondé son frère Claude Brunet.
Sa formation d'avocat est pour lui un atout majeur. « Elle m'aide à identifier les enjeux et à mieux les expliquer », dit-il. L'enjeu principal est la qualité des soins aux malades. « On fait passer les malades après la satisfaction d'autres intérêts, poursuit-il. Les forces en présence font oublier aux gens ce pourquoi les établissements existent. On est là pour rappeler qu'il faut humaniser les soins de santé. »
Me Brunet conseille aux consoeurs et confrères qui représentent des personnes malades ou inaptes d'utiliser l'expertise du Conseil pour la protection des malades en matière de qualité et de quantité de soin. Par exemple, avant de demander l'hébergement de son client, un avocat peut avoir intérêt à connaître les soins de santé qui seront effectivement dispensés en hébergement. « On peut aider parce qu'on connaît le droit de recevoir les soins et les écarts avec les soins effectivement fournis, fait remarquer Me Brunet. Dans certains milieux, les gens font l'objet de contention. Ils peuvent être parfois plus en sécurité s'ils ne sont pas hébergés. »
Savez-vous que la naissance du Barreau de Richelieu, en 1929, découle des pressions exercées par l'Association du Barreau rural fondée l'année précédente pour décentraliser les services judiciaires dans la province? Plusieurs des fondateurs du Barreau rural, qui est devenu plus tard l'Association des avocats et avocates de province, ont pratiqué le droit sur le territoire de la section de Richelieu.
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