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Barreau du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Louis Baribeau, avocat

Fondée en 1941 sous le nom de Barreau du Saguenay, devenue en 1986 Barreau du Saguenay-Lac-Saint-Jean, cette vaste section dont Me Lucien Bouchard a été bâtonnier, s'étend aujourd'hui de Baie-Saint-Paul jusqu'à Chibougamau. Elle couvre les districts judiciaires de Charlevoix, Chicoutimi, Alma, Roberval et Abitibi. Les avocats y plaident dans cinq palais de justice différents.

Première rangée (assis) de gauche à droite, M<sup>e</sup> Caroline Ste-Marie, secrétaire, le bâtonnier, M<sup>e</sup> Serge R. Simard, M<sup>e</sup> France Bergeron, trésorière et M<sup>e</sup> André Lalancette, premier conseiller. Deuxième rangée (debout), M<sup>e</sup> Marie-Josée Lafontaine, M<sup>e</sup> Claudine Roy, M<sup>e</sup> Richard Poitras, M<sup>e</sup> Christine Asselin, représentante du Jeune Barreau. Était absent: M<sup>e</sup> Michel Loranger, bâtonnier ex-officio
Première rangée (assis) de gauche à droite, Me Caroline Ste-Marie, secrétaire, le bâtonnier, Me Serge R. Simard, Me France Bergeron, trésorière et Me André Lalancette, premier conseiller. Deuxième rangée (debout), Me Marie-Josée Lafontaine, Me Claudine Roy, Me Richard Poitras, Me Christine Asselin, représentante du Jeune Barreau. Était absent: Me Michel Loranger, bâtonnier ex-officio

La courtoisie caractérise les 295 membres de la section du Saguenay-Lac-St-Jean, c'est pourquoi la qualité de la vie juridique est si extraordinaire, d'expliquer le bâtonnier Me Serge R. Simard. « On ne peut pas se permettre d'être discourtois envers un confrère parce qu'on va probablement le retrouver l'année suivante dans un autre dossier », remarque-t-il. Les avocats de la section ont la même attitude envers les juges.

Dans la section, il y a des avocats et des avocates qui aident des gens qui aident des gens... Une de ceux-là, Me France Bergeron, a amassé cette année 1 145 000 $ pour la communauté à titre de présidente de Centraide Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Au conseil d'administration de Centraide, chaque profession apporte sa couleur particulière, mentionne Me Bergeron. « La couleur de l'avocat est le respect des règles, la rigueur et l'honnêteté, souligne-t-elle. De la rigueur pour diriger les séances du conseil d'administration, mais pas de la rigidité. De la rigueur dans l'administration, car j'essaie de garder la transparence pour que le public sache où va l'argent. »

Elle est surprise par l'étendue des besoins à combler: la pauvreté, les enfants qui ne mangent pas, les sans-abri, les gens malades qui ont besoin de transport... « Mais la population a beaucoup de respect pour les gens démunis et une grande volonté de donner », soutient-elle.

Les fruits de la collecte de Centraide sont distribués à quelque 73 organismes subventionnés. L'un d'eux, la Maison des sans-abri de Chicoutimi, offre de l'hébergement à court et long termes aux personnes itinérantes et un service d'accompagnement à la cour pour les bénéficiaires ayant des démêlés avec la justice. Son président, Me Claude Beaulieu, s'étonne de l'ampleur actuelle des besoins. « Il n'y avait pas de soupe populaire à Chicoutimi il y a 20 ans, maintenant il y en a trois, indique l'avocat. Une partie importante de notre clientèle est constituée de personnes qui avant les réformes dans la santé étaient hébergées dans des institutions psychiatriques. »

Les dirigeants des organismes sans but lucratif s'en remettent aux avocats pour savoir ce qu'ils peuvent faire ou ne pas faire dans toutes sortes de circonstances, affirme Me Beaulieu, qui s'implique dans les conseils d'administration d'organismes depuis 27 ans. « C'est aussi une question de visibilité, considère-t-il. De façon générale, les avocats sont connus dans la société, ils ont de la facilité avec les médias et une certaine aisance à aller cogner aux portes pour obtenir de l'argent. »

Me Beaulieu compte s'impliquer encore plusieurs années dans cet organisme qui fonctionne en synergie avec la Soupe populaire, une friperie et un atelier de récupération de meubles et d'électroménagers, tous les quatre financés par la Fondation Monseigneur Léonce Bouchard.

La Maison des sans-abri compte aussi dans son conseil d'administration, Me Nancy Fillion, qui a étudié en travail social avant le droit et qui est aussi impliquée dans la Soupe populaire. « Les organismes communautaires ont besoin des avocats pour s'occuper de leur encadrement légal, observe-t-elle. Ils nous demandent des informations légales techniques pour faire des demandes de subvention. Ils nous questionnent sur l'interprétation de leurs règlements. »

Un autre membre de la section, la substitut du procureur général, Me Nicole Ouellet, est impliquée dans le Centre d'aide aux victimes d'actes criminels Marthe Vaillancourt. « Souvent, les victimes ou les témoins d'actes criminels qui doivent aller à la cour ne savent pas comment ça se passe, d'expliquer Me Ouellet. Les intervenants de l'organisme leur expliquent le processus judiciaire et les accompagnent à la cour. Ils restent avec eux dans des locaux à part et leur apportent du réconfort. Après la décision de la cour, ils les informent de la sentence et des conditions imposées au délinquant. »

Le point de vue de Me Ouellet est particulièrement important au conseil d'administration lorsqu'une décision a un impact sur le travail des intervenants, lequel a des effets sur le travail des substituts du procureur général.

Lorsqu'il est approprié de suggérer à la cour l'imposition d'un don à un organisme, elle suggère le nom du Centre d'aide aux victimes d'actes criminels Marthe Vaillancourt, étant sensibilisée à sa cause.

D'autres avocats s'impliquent dans des causes sociales parce qu'ils sont directement concernés. En 1995, après avoir a été diagnostiqué diabétique, Me René Durocher, du Bureau d'aide juridique de Jonquière, a constaté que beaucoup de gens dans sa condition avaient peur de s'afficher et il a décidé de faire sa part. Il est devenu président de l'Association diabétique Saguenay avec le mandat de remettre sur pied cette organisation mal en point. Lors de l'assemblée annuelle, il a convaincu les quelques membres présents de parler de l'Association à leurs amis et leurs parents. Il a recruté des administrateurs parmi les médecins et un autre au Centre d'enseignement du diabète. L'Association, aujourd'hui forte de 1 000 membres, tient régulièrement des conférences et des journées d'informations pour aider les personnes diabétiques à améliorer leur condition. C'est une preuve qu' « à l'aide juridique cela fait partie de nos gênes d'aider les gens qui sont dans le trouble », soutient Me René Durocher.

 

 
 

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