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La section de Hull est née de la détermination de 23 avocats qui, malgré l'opposition du conseil général du Barreau de la province, se sont détachés de Montréal en 1889 pour former le Barreau d'Ottawa, lequel deviendra finalement le Barreau de Hull en 1919.
Le Conseil du Barreau de Hull : de gauche à droite, assis, la première conseillère, Me Jocelyne Méthot, le juge Serge Laurin, de la Cour du Québec, alors bâtonnier de Hull, la secrétaire-trésorière, Lucie Lalonde, du Barreau de Hull ; debout, le bâtonnier sortant, Me Michel Isabelle, la présidente du Jeune Barreau, Me Nadine Dupuis, Me Jean-François Bonin, Me Marie-Josée Poirier, Me Michel Lafrenière, Me Martin Côté et Me Miville Tremblay |
Avec ses 1 200 membres, Hull est actuellement le troisième barreau régional en importance dans la province, après Montréal et Québec. La section comprend trois palais de justice, Hull, Campbell's Bay et Maniwaki. Elle couvre les districts judiciaires de Hull, de Pontiac ainsi qu'une partie du district de Labelle délimité par la région de Maniwaki.
« L'implication sociale de la section de Hull est remarquable », indique l'ancien bâtonnier Serge Laurin, maintenant juge à la Cour du Québec1. Depuis 1948, le barreau de section fait un don de charité annuel. La somme est votée à l'assemblée générale annuelle et le bâtonnier a le privilège de décider à quel organisme elle sera donnée. Cette année, elle est remise à la Maison Mathieu-Froment-Savoie, qui héberge des personnes atteintes du cancer en phase terminale.
Les liens du Barreau de Hull avec la communauté se consolident en 1969 par la création d'un programme autogéré d'assistance judiciaire pour les citoyens démunis. Trois ans plus tard, la Clinique juridique de Hull, un organisme sans but lucratif financé par le Centre communautaire juridique de l'Outaouais, prenait la relève du projet d'assistance judiciaire.
La Clinique se démarque des centres communautaires juridiques de la région pas sa spécialisation en droit social. Sur les 650 dossiers acceptés annuellement, environ 300 concernent les prestations de sécurité du revenu. Les autres ont trait à l'assurance-emploi, les accidents de travail, les accidents d'automobiles, les rentes, les programmes gouvernementaux, le logement et les régimes de protection pour les personnes inaptes.
« On est vraiment au service de la veuve et de l'orphelin, dit Me Suzanne Séguin, directrice de la Clinique. C'est très valorisant de faire valoir les droits de ces personnes, parce qu'on règle des problèmes de pain et de beurre. On a l'impression d'être souvent très utile. »
Les avocats de la Clinique adoptent une approche de non confrontation favorisant les règlements hors cour. « Plutôt que de faire des débats judiciaires, on aide le client à compléter ce qui manque dans son dossier et ça suffit souvent pour rétablir ses droits », ajoute Me Séguin.
Les avocats de la Clinique se rendent disponibles pour donner des informations juridiques à des organismes sans buts lucratif, par exemple, au sujet de leur structure corporative. De plus, cette année ils ont participé à une collecte de fonds pour acheter de l'équipement sportif aux jeunes résidents d'un centre de désintoxication.
Certains membres de la section de Hull s'impliquent dans l'essor des entreprises de la région, dont Me Normand Carrière, président de la Société d'aide au développement des collectivités Papineau. La SADC peut faire des prêts aux entreprises en démarrage ou en expansion à même un fonds de 3 M $, de même que les aider à structurer leur financement et préparer leur plan d'affaires.
Me Carrière apporte à l'organisme son expérience en droit des affaires et dans l'analyse des demandes de financement, la prise de garantie et la restructuration d'entreprises. Il a observé que, depuis quelques années, les questions légales sont la deuxième préoccupation des entrepreneurs après la recherche de financement.
Depuis près de deux ans, l'économie de la région est en excellente santé ce qui, paradoxalement, ne favorise pas le démarrage de nouvelles entreprises, car les gens préfèrent profiter des nombreux emplois qui leur sont offerts.
« Par manque de projet, le fonds de notre SADC est sous-utilisé, dit Me Normand Carrière. Alors, pour nous faire mieux connaître, on met l'accent sur la communication et sur le marketing. »
Un autre avocat pratiquant en droit des affaires, Me Philippe Lafleur, s'implique de son côté auprès d'Adojeunes, qui gère trois maisons de jeunes où se déroulent diverses activités sportives et culturelles. Lorsqu'il était adolescent, l'avocat maintenant âgé de 27 ans, avait lui-même bénéficié de l'aide de cet organisme pour graver le disque de musique populaire de son groupe de musiciens. De plus, il représentait les jeunes au conseil d'administration. « J'ai beaucoup aimé mon expérience, dit-il. Je continue de m'impliquer parce que j'aime côtoyer les jeunes. »
Il utilise son expertise en droit commercial et en droit du travail pour négocier et rédiger au nom de l'organisme les contrats de travail, les achats de biens ou la négociation du financement. « On a plus de 30 employés, souligne Me Lafleur. La plupart ont des contrats à durée déterminée, car ils sont rattachés à des subventions. »
Par ailleurs, beaucoup d'avocats de la section s'impliquent dans la mission de l'État fédéral, que ce soit dans l'exécutif, au parlement ou au sénat, comme le sous-ministre de la Justice, Me Mario Dion, ou le sénateur Me Gérald Beaudoin.
D'autres font leur marque en plaidant devant la Cour fédérale et la Cour canadienne de l'impôt et quelques-uns sont correspondants à la Cour suprême du Canada. « On a aussi une pépinière de membres qui ont été nommés à la Cour fédérale », fait remarquer le bâtonnier Serge Laurin, qui a lui-même été nommé à la Cour du Québec après notre entrevue.
1 . Lors de la préparation de cet article, Serge Laurin était toujours bâtonnier de Hull.
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