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Les avocats de Québec sont sensibles aux personnes démunies », affirme la bâtonnière de Québec, Me Lise Malouin. Le comité des avocates dans la profession a eu l'idée de solliciter des dons auprès des membres pour créer La bourse des avocates. Les sommes recueillies seront remises à une femme seule qui élève des enfants et qui est dans le besoin pour l'aider à poursuivre sa scolarité ou effectuer un retour aux études. « Les avocats n'atendent rien en retour de ce don », précise Me Malouin.
Le conseil du Barreau de Québec. Première rangée, de gauche à droite : Me Sophie Gauthier, présidente du Jeune Barreau, Me J. Michel Doyon, c.r., premier conseiller, Me Luc Chamberland, secrétaire, Me Lise Malouin, bâtonnière, et Me Hélène Fortin, conseillère de l'administration publique. Deuxième rangée : Me Jean-Louis Lemay, 1er vice-président du Jeune Barreau, Me Pierre Lemieux, doyen de la faculté de droit de l'Université Laval, Me André Reinhardt, ancien bâtonnier, Me Jacques Parent, c.r., conseiller, et Me Chantal Gosselin, conseillère de pratique privée. Troisième rangée : Me Claudia P. Prémont, trésorière, et Me Michèle Thivierge. |
Le Barreau de Québec couvre les districts judiciaires de Beauce, Montmagny et Québec. Chacun de ces districts possède son propre palais de justice. Le territoire du Barreau de Québec s'étend à l'est jusqu'aux limites de Charlevoix, englobant à l'ouest la région de Portneuf ; au nord il va jusqu'à l'entrée du Parc des Laurentides et, au sud, s'arrête aux frontières du Maine. Près de 1400 membres de la section oeuvrent en pratique privée, et 800 dans la fonction publique ou parapublique ; les autres pratiquent en entreprise privée ou dans d'autres domaines.
« La population pense que les avocats cherchent à retirer un profit dans tout ce qu'ils font. Notre comité donne l'exemple contraire », soutient Me Hélène Fortin. L'avocate préside depuis cinq ans le comité sur les services à la population avec une dizaine de collègues. Une cinquantaine d'autres donnent bénévolement de l'information juridique aux jeunes du secondaire, personnes âgées, groupes communautaires, membres de communautés culturelles ou justiciables impliqués dans une cause à la Cour des petites créances.
La trentaine d'avocats affectés aux petites créances offrent en moyenne deux heures par mois de leur temps sous forme de rencontres d'une demi-heure chacune. Ils expliquent aux justiciables comment présenter chronologiquement leur dossier à la cour, assigner leurs témoins et se comporter devant le juge.
« Nous ne pouvons pas donner d'opinion juridique sur le dossier, mais les gens sont très contents et sortent de la rencontre rassurés, mentionne Me Fortin. Aider quelqu'un de cette manière, est très gratifiant pour les avocats. »
L'été dernier, le Barreau de Québec a créé un nouveau comité. Ce dernier a pour mandat de faciliter l'intégration dans le système judiciaire de personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale, de déficience intellectuelle ou d'adaptation psychosociale.
« On veut développer une formation sur les problématiques que ces gens vivent dans le système judiciaire et expliquer comment aborder ces personnes et les représenter, explique la bâtonnière. La formation pourrait s'adresser aux juges, aux avocats et aux intervenants. »
Le comité se questionnera aussi sur ce que peuvent faire les avocats lorsque les problèmes de leur client relève plus de la santé mentale que du domaine juridique. Le président du comité, Me Louis-Michel Côté, pratique depuis 10 ans en droit de la santé mentale : « Ce n'est pas si simple de référer une personne à un organisme ou à un médecin, explique-t-il. Avec le secret professionnel, les informations que l'avocat peut communiquer sont limitées. »
En dehors des comités du Barreau, les avocats de Québec, dont Me Claude D. Gélinas, s'investissent dans diverses causes sociales. « Au collège, j'ai reçu une éducation humaniste qui nous incitait à nous impliquer dans la société, raconte-t-il. C'est devenu pour moi naturel de le faire. »
En 1985, Me Gélinas a participé à la fondation de la Maison d'hébergement jeunesse Sainte-Foy. La Maison accueille des jeunes filles en fugue ou ayant des difficultés à communiquer avec leurs parents. Elle a été récipiendaire du prix Persillier-Lachapelle, décerné par le ministère de la Santé et des Services sociaux à des organismes communautaires qui innovent dans leur domaine.
Me Gélinas se décrit comme un « mordu » de la jeunesse. Depuis 1994, il est président de la Commission scolaire des Découvreurs qui a la réputation d'être avant-gardiste. À l'École des Compagnons de Cartier, des élèves participent à un programme intégrant l'ordinateur portable dans leurs apprentissages. L'École Fernand Seguin, elle, intègre la méthode scientifique à l'apprentissage des étudiants.
Me Gélinas fait un parallèle entre sa pratique du droit et la capacité de rester à l'avant-garde en éducation. « Si on veut exceller en droit, il nous faut avoir le désir de nous renouveler constamment, constate-t-il. Cela devient naturel de le faire dans tout ce qu'on fait. »
Un autre avocat de Québec, Me Clément Samson, s'est engagé dans le mouvement coopératif. Dès l'âge de 17 ans, il tente une première fois de se faire élire au conseil d'administration de la Caisse populaire de Lévis, la première caisse, fondée en 1900 par Alphonse Desjardins. « Mon arrière-grand-père a participé à l'assemblée de fondation de cette caisse, souligne-t-il. La coopération dans notre famille c'est génétique. »
Durant ses études de droit, il participe à titre de coopérant à Haïti, puis est nommé administrateur d'un organisme non gouvernemental voué au développement international. En 1986, il est finalement élu au conseil d'administration de la Caisse populaire de Lévis dont il préside aujourd'hui le conseil d'administration. Il est également administrateur sur le Conseil des représentants des Caisses Desjardins de la région de Québec-Ouest et Rive-Sud.
Dans son engagement à l'intérieur du mouvement coopératif, Me Samson apporte sa culture juridique. « Nous les avocats, véhiculons le respect de la loi, des encadrements juridiques que les organisations se sont donnés. »
Une page d'histoire
À la fondation de la première caisse populaire en 1900, le Barreau de Québec existait déjà depuis des décennies. Le Barreau de Québec a été créé en même temps que les sections de Montréal et Trois-Rivières lors de l'incorporation du Barreau du Haut-Canada, le premier ordre professionnel indépendant regroupant les avocats du Québec.
Les racines du Barreau de Québec remontent dans l'histoire, jusqu'à la Communauté des avocats de Québec qui, en 1779, a été la première association à représenter les intérêts des avocats et de la justice.
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