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Le bâtonnier Pierre Gagnon termine son mandat

Leadership, efficacité et visibilité

Léon Bédard

C'est la collaboration exemplaire, dont il a fait preuve au cours de son mandat, doublée d'un profond sens des responsabilités à l'égard de sa profession et du public que retiennent ceux et celles qui l'ont côtoyé depuis un an.

Le bâtonnier du Québec, Pierre Gagnon, passera le flambeau à son successeur le 5 juin, mais il laissera une forte empreinte au Barreau du Québec.

L'année 2003-2004 a vu le bâtonnier du Québec intervenir sur la place publique dans plusieurs débats et questions d'intérêt public.
L'année 2003-2004 a vu le bâtonnier du Québec intervenir sur la place publique dans plusieurs débats et questions d'intérêt public.

« Dès le départ, souligne le bâtonnier sortant de Montréal, Stéphane Rivard, il était évident qu'il n'y avait qu'un seul pilote dans l'avion. En quelques mois seulement, des dossiers pour lesquels on cherchait des solutions depuis des mois ont trouvé leur conclusion et d'autres, demandant un suivi avec doigté et bon sens du jugement, se sont concrétisés », ajoute-t-il. Pour Me Rivard, le bâtonnier Gagnon a fait honneur à sa profession, particulièrement comme porte-parole hautement médiatisé.

Michel Doyon, bâtonnier sortant de Québec, parle d'un bâtonnier entièrement dévoué à sa tâche, qui s'est fait un devoir de réaliser les « commandes » de l'Assemblée générale, du Conseil général et du Comité administratif du Barreau du Québec. « Il s'est soucié autant des finances du Barreau que de la protection du public », précise Me Doyon.

Durant la dernière année, le Barreau a eu une présence de tous les instants sur la place publique, ajoute-t-il, et c'est grâce au bâtonnier Gagnon. « Sa connaissance des dossiers, sa vision de l'avenir lui ont permis d'assumer avec grand succès le rôle de leader de la profession », conclut Me Doyon.

Président de la Division du Québec du Barreau canadien, Me Yves Tourangeau rappelle qu'avec le bâtonnier Gagnon, « l'atmosphère était empreinte de camaraderie et de respect, favorisant la complémentarité entre le Barreau canadien et le Barreau du Québec ». Il parle aussi de « personnalité », d'« engagement pour le plus grand bénéfice des avocats et avocates du Québec »

Complexité et continuité

De son côté, le bâtonnier Pierre Gagnon rappelle avec un peu d'humour que lorsqu'il a entrepris son bâtonnat, il y a un an, il a demandé à la Direction générale du Barreau du Québec une liste des dossiers en cours. Cette liste, qu'on s'est empressé de qualifier de non exhaustive, comprenait 46 points.

« Arrivé au terme de mon mandat dans quelques jours, ajoute-t-il avec philosophie, j'en transmettrai une nouvelle à mon successeur qui sera au moins aussi longue. »

Pour le bâtonnier Gagnon, tout le Barreau se résume dans cette phrase : la complexité de l'institution, l'éventail sans cesse mouvant de ses préoccupations, la continuité dans les objectifs poursuivis.

Protection du public et développement de la profession

Le bâtonnier Gagnon n'est pas du genre à dresser un bilan comptable de la dernière année.

« J'ai pris les dossiers un par un, certains diront que j'en ai menés plusieurs de front, ajoute-t-il, j'ai consulté et j'ai décidé. Mais en tout temps, j'ai senti l'appui de mes collègues du Comité administratif et du Conseil général, ce dont je les remercie. » Sa vision était double : la protection du public et le développement de la profession.

Pour lui, les dossiers d'assurance viennent sans doute en tête de liste.

D'abord, l'assurance juridique : « nous avons mené une campagne de promotion de l'assurance juridique comme jamais auparavant », dit-il. Le Barreau a ainsi conclu un dizaine de partenariats avec des assureurs et des courtiers. Avec l'appui du ministère de la Justice du Québec, il a sensibilisé les avocats et la population à ce moyen d'accès à la justice. C'est une voie à poursuivre sans aucun doute dans son esprit.

Pour les membres, l'assurance responsabilité professionnelle a été améliorée afin de couvrir les avocats associés à un confrère trouvé coupable de détournement sans qu'ils n'en soient ni les auteurs ni les complices. Le plafond de couverture de l'assurance responsabilité professionnelle a été porté à dix millions de dollars, sans franchise ni prime additionnelle.

Deux projets pilotes

La médiation en matière civile et commerciale est un autre sujet dont le bâtonnier Gagnon s'est préoccupé tout au long de l'année. Avec la collaboration du Barreau du Saguenay-Lac-Saint-Jean, un projet pilote a été lancé afin de faire connaître ce mode non judiciaire de règlement de litiges aux gens d'affaires de cette région.

Autre projet pilote, celui-ci avec la collaboration du Barreau de Québec, la mise en place d'actions de communications et d'un service de référence destiné aux personnes aux prises avec des questions relevant de la justice administrative.

Les retombées de ces deux projets seront analysées dans le but d'en assurer un suivi.

La justice administrative

Le Barreau a vu d'un bon œil la réforme des tribunaux administratifs proposée par le ministre de la Justice du Québec. « Nous avons été particulièrement satisfaits des mesures rehaussant le statut et l'indépendance des juges administratifs, souligne le bâtonnier Gagnon, principes sur lesquels nous insistions depuis des décennies. »

Autres propositions qui ont emporté l'appui du Barreau : l'intention du gouvernement d'ouvrir des bureaux régionaux pour les tribunaux administratifs afin de favoriser l'accès à la justice dans les régions et la réduction des délais, de même que l'empêchement qui sera fait aux avocats radiés d'y représenter des clients.

L'aide juridique

Comme c'est le cas depuis plusieurs années, l'aide juridique a fait l'objet de représentations vigoureuses de la part du Barreau tant au gouvernement fédéral que provincial. « Si la couverture offerte par le régime québécois demeure parmi les plus complètes au Canada, précise le bâtonnier Gagnon, les seuils d'admissibilité tout à fait inacceptables jumelés à un volet contributif irréaliste rendent l'aide juridique pratiquement inaccessible, par exemple, à toute personne gagnant aussi peu que le salaire minimum. »

Le Barreau a noté avec intérêt la mise sur pied par le ministre de la Justice d'un groupe de travail chargé de revoir le régime dans sa totalité.

« Il faudra maintenir notre collaboration avec le gouvernement afin de ramener l'aide juridique à un niveau qui permette de la qualifier de véritable mesure d'accès à la justice pour les démunis de la société », ajoute le bâtonnier Gagnon.

Sur la place publique

L'année 2003-2004 a vu le bâtonnier du Québec intervenir sur la place publique dans plusieurs débats et questions d'intérêt public. Parmi ceux-ci, on note les « mégaprocès » pour lesquels le Barreau a formulé une série de recommandations à la suite d'une réflexion menée par un comité spécial ; le « lobbyisme » ; le sort réservé aux juristes de l'État et aux substituts du Procureur général ; l'assurance juridique ; le mariage des conjoints de même sexe; la déontologie et la discipline des avocats ; la médiation ; la fixation des pensions alimentaires pour enfants ; la procédure de nomination des juges de la Cour suprême du Canada.

Pour le bâtonnier Gagnon, le Barreau du Québec a tenu ainsi le rôle que la société est en droit de s'attendre de lui.

« Je quitte le bâtonnat avec la satisfaction du devoir accompli, affirme-t-il. Au début de mon mandat, j'ai insisté sur la nécessité pour un bâtonnier de pouvoir compter sur l'appui du plus grand nombre de confrères et de consoeurs : je l'ai ressenti tout au long de l'année. À mon avis, c'est une preuve de la vigueur de notre profession et de l'unité qui la caractérise en dépit des saines divergences qui en opposent parfois les membres. Je me sens privilégié, termine-t-il, d'avoir bénéficié d'une telle confiance que je tâcherai de transmettre à ceux et celles qui assumeront à leur tour la lourde responsabilité de présider le Barreau. »

 

 
 

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