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Denis Jacques est un homme d'une rigueur intellectuelle inégalable, d'une logique implacable, d'une ouverture d'esprit, toujours respectueux de l'opinion des autres, qui donne l'heure juste, sur qui vous pouvez compter en tout temps et qui ne ménagera aucun effort, même à son propre détriment, pour vous venir en aide, qui est toujours prêt à donner sa chemise, un homme avec un grand H. » C'est en ces termes que le bâtonnier du Barreau de Montréal, Me Bernard Synnott, a amorcé la présentation du juge Denis Jacques, qui recevait le Mérite du Barreau 2004.
L'honorable juge Denis Jacques. |
Comme le notait si justement Me Synnott, le juge Jacques a une feuille de route si longue qu'il n'est jamais assez de temps ni d'espace sur les diverses tribunes où il est invité pour en faire mention exhaustive. Assermenté juge à la Cour supérieure du Québec le 7 mai dernier, il reçoit, un mois plus tard, l'hommage de ses anciens pairs.
Admis au Barreau en 1978, il a exercé sa profession comme plaideur en droit du travail, en droit administratif et en droit professionnel. Me Line Ouellet, qui a pratiqué avec lui pendant 11 ans au sein du même cabinet, dépeint son ancien confrère comme un être d'exception tant pour sa compétence que pour ses qualités morales. Il a enseigné à l'École de formation professionnelle du Barreau de même qu'à la Faculté de droit de l'Université Laval, en plus de faire de nombreuses conférences lors de colloques, de congrès ou de séminaires de formation.
Le juge Jacques a toujours été très engagé au sein de son ordre professionnel, notamment aux Barreaux « de » et « du » Québec. Au premier, il fut tour à tour trésorier, conseiller, bâtonnier puis représentant des anciens bâtonniers. Au Barreau du Québec, il a été membre du Conseil général pendant huit ans et du Comité administratif pendant cinq ans. Il a occupé le poste du vice-président de ce Barreau en 1998-99 et, l'année suivante, il prenait place dans le fauteuil du bâtonnier. Il a axé ce dernier mandat prioritairement sur l'accessibilité à la justice, notamment en faisant la promotion de l'assurance protection juridique. Durant son bâtonnat, il fut un rassembleur, de dire Me Sophie Gauthier : « Tout le monde marchait dans la même direction. »
Président du conseil d'administration d'Éducaloi, organisme sans but lucratif dédié à la vulgarisation juridique et à la démystification de l'appareil judiciaire, il a de plus œuvré à la diffusion de l'information juridique pour les avocats. À cet égard, il leur a permis de consulter gratuitement le Répertoire électronique de jurisprudence du Barreau.
Il a aussi défendu la position du Barreau lors de commissions parlementaires à Québec et devant le Comité permanent de la justice à Ottawa. Il a siégé à moult comités des Barreaux « de » et « du » Québec ainsi qu'à l'Association du Barreau canadien. Membre à compter de 1997 du conseil de la Division du Québec de l'ABC, il est toujours membre votant élu de son conseil national. Défenseur du secret professionnel des avocats, il est intervenu à deux reprises devant la Cour suprême du Canada sur cette question.
Il fut par ailleurs vice-président de l'Union internationale des avocats, qui représente, par le truchement de ses associations, plus de deux millions d'avocats répartis dans quelque 110 pays. Et la liste se clôt sur un et cetera.
Quel constat fait-il de cet engagement sans fin? «Au fil des ans, jamais je n'ai regretté un instant les heures consacrées à mon ordre professionnel. Nous avons ensemble mis beaucoup d'énergie pour améliorer l'accessibilité à la justice, et nos efforts doivent se poursuivre. Le système de justice est la pierre angulaire de toute société démocratique. Même en ayant les meilleurs avocats, les meilleurs juges, si le système de justice n'est pas accessible, il perd beaucoup de sa valeur et de sa crédibilité.
« Pour que la justice soit accessible, le citoyen doit aussi pouvoir comprendre les règles de fonctionnement du système judiciaire. Je demeure convaincu que la vulgarisation juridique et la démystification du système de justice sont essentielles pour rapprocher le citoyen du système de justice et pour nous aider à retrouver sa confiance. »
Le juge Jacques s'est dit profondément touché par la marque d'appréciation de ses pairs que représente le Mérite du Barreau : «Cela me fait très chaud au coeur. »
Une page longue d'une histoire de 25 années, d'un quart de siècle d'engagement pour la défense et la promotion d'une justice plus accessible, vient de se tourner pour Denis Jacques. Nul doute qu'il emporte avec lui à la magistrature le désir ardant de plaider auprès de ses nouveaux pairs pour un plus grand accès à la justice.
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