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En acceptant les fonctions de bâtonnier, j'avais exprimé ma pensée à l'égard d'un barreau plus présent sur la place publique, plus présent au cœur même des grands débats de société. L'année n'a pas été de tout repos, elle a été riche en événements qui ont mis à rude épreuve notre système de justice et mis en évidence la formidable capacité du Barreau de naviguer en pleine tempête. La place publique a été un excellent endroit pour expliquer la justice, pour proposer des modifications constructives, pour mettre en valeur le potentiel de notre ordre professionnel en matière de protection du public et en matière d'éducation sociale. Si la justice a connu des soubresauts, notre justice, elle, au contraire, s'est améliorée.
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« Au Congrès de 2004, nous avons offert une tribune aux politiciens, aux juges, aux avocats, aux médias, aux spécialistes en communication, une tribune où aucun sujet n'a été tabou. Tous conviennent maintenant qu'il faut pratiquer la transparence, la visibilité et l'éducation sociale.
« J'ai entendu le juge de la Cour d'appel venir dire que le mode de nomination des juges devait être plus transparent, que les juges devaient faire de l'éducation sociale et juridique. Tous les intervenants semblent rendus au même niveau dans leurs intentions. Je crois que nous connaîtrons une période fertile en communications constructives de la part de tous les intervenants de la justice dans les prochaines années. »
(Extrait du premier discours de Me Denis Mondor à titre de bâtonnier.)
Pierre, permets-moi de témoigner de ton dévouement inconditionnel envers le Barreau, envers notre profession. Je t'ai regardé aller cette année avec un mélange d'admiration et de crainte. La détermination et l'acharnement dont tu as fait preuve pour mener à bien les dossiers complexes du Barreau du Québec n'ont probablement d'égal dans l'histoire que les 12 travaux d'Hercule! La justice, cette mal-aimée, comme tu l'as si bien dit, va t'en remercier.
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« Nous sommes en pleine campagne électorale. Avons-nous entendu quelque candidat -- de l'aspirant député jusqu'au premier ministre du Canada -- nous parler de justice? Quelle place occupe cette mal-aimée? Pourtant, elle est au cœur de notre société démocratique, qui est basée sur la règle de droit. Cette laissée-pour-compte, peut-être la croyons-nous acquise.
« Le manque de ressources dans le domaine de la justice, tant au niveau fédéral que provincial, est désolant. Je pourrais vous parler de la justice en région, des juges que l'on réclame dans plusieurs villes, de palais de justice non sécuritaires, de tribunaux administratifs dont la réforme était bien entreprise, mais qui semble à présent bien ralentie. Devons-nous être fiers d'avoir [à l'aide juridique] des seuils d'admissibilité s'élever au point d'exclure les travailleurs au salaire minimum? Je pourrais vous parler d'accès à la justice et de cet idéal d'égalité des justiciables envers les tribunaux. Je vous lance donc l'idée de mettre sur pied un Forum de la justice, où seront invités tous les intervenants afin de discuter et de réclamer l'amélioration de l'accès à la justice. C'est une priorité !
« L'École du Barreau met la dernière touche à un programme renouvelé de formation professionnelle. Il serait temps que la formation permanente suive le même exemple. Nous tiendrons une consultation sur la formation permanente le 17 septembre prochain, afin de connaître le point de vue de tous. N'oublions pas que la qualité de nos membres est tributaire de la qualité de leur formation.
« La gouvernance du Barreau est aussi à l'ordre du jour. Servons-nous vraiment notre cause en changeant de bâtonnier tous les ans? Regardons autour de nous, les représentants des ordres professionnels ayant la possibilité de faire leur marque sur plusieurs années : ne sont-ils pas des interlocuteurs plus forts, incontournables ?
« Je ne ferai pas seul mon bâtonnat, ce n'est qu'avec votre appui et votre collaboration que je remplirai cet honneur !»
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