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Voilà ce qu'avouait candidement Francis Vanier, interrogé sur son expérience d'une semaine au camp Aventures en cour d'Éducaloi. Il affirme avoir appris que le vrai travail d'un avocat, c'est de trouver la vérité.
La juge Carole Brosseau entourée des participants de l'Aventure en cour. |
Cet élève de l'école Chomedey-de-Maisonneuve, ainsi que 14 autres jeunes de 13 à 15 ans provenant de deux écoles secondaires du quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal, avaient une semaine pour s'initier au fonctionnement de l'appareil judiciaire. Le point culminant de ces activités, qui comprenaient une visite au palais de justice de Montréal et à l'Assemblée nationale, a été la simulation d'un procès en Chambre de la jeunesse, sous la présidence de la juge Carole Brosseau, le 9 juillet dernier. Lors de cette simulation, les jeunes devaient jouer les rôles des avocats, du procureur, de l'huissier, ainsi que de l'accusé et de la victime.Au-delà des clichés, notamment celui voulant que les juges portent une perruque et utilisent un marteau comme dans les films, les jeunes en avaient long à dire sur cette expérience. De l'avis de plusieurs, c'est la visite à l'Assemblée nationale qui a été la plus enrichissante, tandis que pour d'autres, c'est la démystification du rôle de tous les acteurs engagés dans le système judiciaire qui les a le plus fascinés. Yanick L'héreault, lui, affirme que la simulation de procès a été le seul moment de la semaine où tous les jeunes ont été sérieux. Dans la même veine, Marina Martinho assure que « les animateurs ont tous été super patients avec nous. Mais la semaine a été beaucoup trop courte! J'aimerais recommencer demain matin ».
Me Annick Gariépy, coordonnatrice de projets chez Éducaloi, explique que l'un des temps forts de la semaine a été le jeu « Qui est le juge? », bâti sur le même principe que la défunte émission de télévision La tête de l'emploi. En posant des questions à une avocate, à une policière, à une juge et à un responsable des communications, les jeunes devaient déterminer qui était le juge et qui était l'intrus. « À notre grande surprise, la juge Carole Brosseau a récolté beaucoup "d'intrus" », mentionne la coordonnatrice de projets d'Éducaloi. L'activité a eu beaucoup de succès. Le but, de l'avis de Me Gariépy, était en quelque sorte de simuler le travail des jurés lors d'un procès, et d'être en mesure de distinguer le vrai du faux.
Durant ces cinq journées d'activités bien remplies, les jeunes ont assisté à des conférences sur la loi et sur les trois pouvoirs, ainsi que sur le droit criminel et sur le fonctionnement et le déroulement d'un procès, tout cela afin d'accroître leurs connaissances du système judiciaire. Ils ont également assisté à un vrai procès au palais de justice de Montréal.
Alexis Martinez-Vanasse, plaignant; Yanick L'hérault, avocat de la défense; Bruno Elliott, huissier (debout derrière; Geneviène Benoit, « monitrice-souffleur »; Catherine Fiset-Gaudreau, avocate de la défense. |
Tout au long de la semaine, les jeunes ont préparé le procès simulé qui allait se tenir le vendredi et qui était relatif à une affaire de voies de fait. À l'issue de cette activité, sur les 15 participants du camp, plus de la moitié affirmaient vouloir devenir avocat plus tard!
La juge Carole Brosseau, de la Chambre de la jeunesse, elle, croit fermement qu'il ressortira certainement du groupe deux ou trois futurs avocats. « J'ai été impressionnée par la qualité de la préparation et des interventions des jeunes, note-t-elle. Je trouve que les gens d'Éducaloi ont bien choisi le groupe d'âge de ces jeunes, car ils sont assez matures pour comprendre ce qui se passe, et ils en sont à un moment déterminant dans la préadolescence pour leur permettre de faire des choix sur ce qu'ils veulent faire plus tard. »
Sébastien Vallée, accusé; et Yanick L'hérault, avocat de la défense. |
La juge Brosseau dit avoir été surprise de constater à quel point les jeunes étaient respectueux du décorum entourant la tenue d'un procès. « Alors que, comme juge, on peut s'interroger, surtout au tribunal de la jeunesse, est-ce que tout ce décorum-là est important, eh bien, j'ai un peu ma réponse et, à ce niveau là, l'expérience est très enrichissante pour moi parce que j'ai appris à travers eux l'importance que ça peut avoir », explique-t-elle. Et elle ajoute : « Je pense que c'est pour ça qu'il n'ont pas réussi à m'identifier au jeu "Qui est le juge?". Ils m'ont dit que j'étais habillée de façon trop colorée. Pour eux, un juge, c'est plus austère. »
Après un tel succès, est-ce que l'expérience sera reconduite l'année prochaine? « Comme il s'agissait cette année d'un projet pilote, en collaboration avec le Fonds jeunesse Québec et le Fonds régional d'investissement jeunesse, il faudra faire un post mortem et voir comment tout ça s'articulera », indique Me Gariépy, d'Éducaloi. Une collaboration avec les écoles participantes de cette année est encore possible, mais il paraît probable que les intervenants d'Éducaloi choisiront une autre école, voire un autre quartier. Ce type d'activité, conclut Me Gariépy, s'intègre à merveille dans le mandat de l'organisme, qui est d'informer et d'éduquer la population sur le monde juridique. À ce titre, Marina Martinho trouve que « c'est vraiment "cool" d'apprendre des choses en s'amusant ». Quant à Marie-Laurence Marquis, une autre participante du camp, elle espère que « les jeunes de l'année prochaine auront autant de "fun" que nous autres ».
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