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Les lobbyistes ont désormais leur code de déontologie en application de leur législation cadre, la Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme. Les membres du Barreau du Québec auront à travailler avec ce code à plus d'un titre: soit en tant que lobbyistes eux-mêmes, soit à titre de conseillers juridiques ou procureurs de personnes ou d'organisme faisant du lobbyisme. En outre, les avocats auront à se référer au code de déontologie en tant que titulaires de charges publiques pour jauger la conduite des lobbyistes qui entrent en communication avec eux.
Avant d'adopter ce code, le Commissaire au lobbyisme du Québec, Me André C. Côté, a consulté la documentation pertinente et les textes comparables, en particulier le code de déontologie des lobbyistes du gouvernement fédéral. Il a tenu des séances de consultation auprès de quatre groupes: les cabinets de relations publiques et les professionnels de la représentation; les grands regroupements de gens d'affaires; les milieux syndicaux; et les grands ordres professionnels, entre autres le Barreau du Québec. Le Commissaire a soumis un projet de code pour étude en commission parlementaire, puis a publié la version finale, laquelle est entrée en vigueur le printemps dernier.
Le Code établit des normes de conduite pour répondre aux deux objectifs de la loi cadre: favoriser la transparence des activités de lobbyisme et assurer leur sain exercice.
Lorsqu'ils utilisent les médias pour influencer l'opinion publique, les lobbyistes doivent respecter le droit du public à une information exacte, prescrit le Code. Ils doivent s'abstenir d'induire volontairement qui que ce soit en erreur. «Par exemple, un lobbyiste ne peut pas retenir une information qui viendrait invalider le dossier, explique Me Côté. Si on demande une étude sur l'innocuité d'un produit, on pense qu'il y a un devoir déontologique de la mettre dans le dossier, parce que cela est nécessaire à une prise de décision éclairée. »
Il est interdit aux lobbyistes, selon l'article 12, d'utiliser les renseignements confidentiels dont ils ont connaissance dans l'exercice de leurs activités à d'autres fins que celles de leur mandat.
Par ailleurs, selon l'article 13, une personne ne peut cumuler les fonctions de lobbyiste et de conseiller rémunéré d'un titulaire de charge publique, dans la même institution parlementaire, gouvernementale ou municipale, portant sur des questions qui sont reliées.
Cette idée de respect de l'intérêt public est liée à l'article 4, qui prévoit que «le lobbyiste doit exercer ses activités de lobbyisme dans le respect des institutions parlementaires, gouvernementales et municipales ainsi que des titulaires de charges publiques. Il doit en outre respecter le droit des personnes d'avoir accès en toute égalité à ces institutions.» Me Côté souligne: «À quelqu'un qui écrit dans sa déclaration au registre des lobbyistes des choses en cherchant à discréditer une institution, on pourrait dire qu'il sort de son rôle de lobbyiste. Par exemple, s'il écrit que tel organisme de commune renommée rend des décisions farfelues.»
Soulignons que les manquements au Code de déontologie sont soumis à des amendes allant de 500 à 25 000$, lesquelles sont doublées en cas de récidive. Le Commissaire au lobbyisme a des pouvoirs d'inspection et d'enquête, et il peut aussi faire rapport au procureur général, qui pourra réclamer au lobbyiste la valeur de toute contrepartie reçue ou payable en raison des activités liées au manquement. En cas de violation grave et répétée du Code, le Commissaire peut interdire l'inscription du lobbyiste concerné au registre des lobbyistes ou ordonner la radiation de son inscription.
Le Code permettra au Commissaire au lobbyisme de poursuivre son travail de sensibilisation auprès des personnes engagées dans le lobbyisme. «La législation a produit d'immenses changements, constate le Commissaire Côté. Bien des gens ont pris conscience de la nature de leurs obligations et des enjeux, mais il y a beaucoup de lobbyistes qui s'ignorent. » En effet, en mars, on comptait seulement 430 inscriptions au registre des lobbyistes.
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