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Mieux dormir, ça commence par la sauvegarde!

Jean-François Barbe

«Je connais une entreprise montréalaise de 120 employés où, chaque semaine, le responsable informatique effectue une copie de tout ce qui se trouve dans les boîtes de courriel et l'entrepose dans un coffret bancaire», affirme Gaétan Piché, conseiller en sécurité chez Victrix. Sans aller jusque-là, les lecteurs du Journal du Barreau ont tout de même intérêt à sauvegarder régulièrement leurs données informatiques, car l'ordinateur peut, en plein travail, déclarer forfait, que ce soit pour des raisons matérielles ou logicielles. «La plupart du temps, on peut récupérer ses données. Mais ce n'est pas une certitude, et cela peut être très difficile à faire lorsque le disque dur abandonne la partie. Si c'est le cas, les coûts de récupération peuvent être exorbitants», explique Alain Mercier, conseiller en sécurité informatique au Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM). Chose certaine, même si les données peuvent être récupérées, l'expérience reste stressante, toujours incertaine, et constitue un désagrément dont on souhaite se passer.

Raisons matérielles

Rarement, mais cela arrive, comme la chose est possible pour un moteur de voiture, le disque dur rend l'âme. Il peut aussi être un «citron» n'ayant jamais eu l'armature qu'il fallait pour tenir la route. Selon la cause du bris, le disque peut être réparé par un spécialiste local (pour quelques centaines de dollars) ou devoir être envoyé chez des réparateurs ontariens ou américains plus spécialisés, auquel cas la facture atteindra quelques milliers de dollars.

On peut cependant agir sur certaines causes, telle la surcharge de courant, qui entraînera une panne et, donc, la fermeture intempestive de l'ordinateur au même titre que n'importe quel électroménager. «Les bureaux de professionnels doivent se munir d'un appareil appelé Universal Power Supply (UPS), qui est une unité de secours qui régularise le courant et absorbe les surtensions en cas de panne. Disponible au coût de 75 $ ou 100 $, l'UPS procure une autonomie de quelques minutes, suffisante pour sauvegarder ses données. À 200 $ ou 300 $, il fournira de 20 à 30 minutes d'autonomie», note Philippe Giroux, directeur, pratique de sécurité chez ESI Technologies.

Raisons logicielles

Tous les logiciels comportent des défauts de programmation (par exemple, les incompatibilités entre programmes) qui peuvent fournir autant d'occasions de faire flancher l'ordinateur. À cela se superposent les fameux virus, programmes malicieux, piratages… et erreurs humaines.

Les conseillers en sécurité consultés par le Journal du Barreau sont unanimes sur ce point : le remède supposé à la perte de données peut être pire que le mal. En d'autres termes, on peut aggraver les choses si l'on tente de recouvrer soi-même des données perdues avec un logiciel bon marché spécialisé, de type File Scavenger ou File Recovery. Car tout dépend du diagnostic. Ainsi, par exemple, si les données ont disparu à cause d'un virus, il faudra avant tout avoir recours à un antivirus. Dans tous les cas… consultez un expert.

Sauvegarder adéquatement

Rien ne vaut la prévention. Dans les bureaux d'une certaine importance, les données stockées sur serveur sont automatiquement sauvegardées à intervalles réguliers. Les utilisateurs ont cependant la responsabilité de transférer leurs données sur le serveur : rien ne devrait rester uniquement sur le disque local. Dans un plus petit bureau, si les sauvegardes relèvent de l'individu et non de l'organisation, elles pourront s'effectuer sur divers supports tels disquette, cédérom, DVD ou disque dur externe à port USB. La différence réside dans la capacité de stockage, jusqu'à 120 gigaoctets dans le cas du disque dur externe à port USB. On s'assurera, si l'on choisit le cédérom (700 megs), qu'il soit réinscriptible.

On pourra même utiliser des services d'entreposage de données sur le Web - certains sont gratuits, tel le «Porte-document» de Yahoo. Utile, même fort utile dans le cas du télétravailleur, mais à réserver aux données peu «sensibles» uniquement.

Le principe de base, rappelle Alain Mercier, consiste à éviter que les données ne soient stockées qu'à un seul endroit. Cette recommandation évitera bien des pleurs et des grincements de dents!

Un conseil d'ami

Les logiciels de traitement de texte comportent des fonctions de sauvegarde automatique, souligne Philippe Giroux, directeur, pratique de sécurité chez ESI Technologies. Il faut s'assurer qu'elles soient activées. Par exemple, Word fournit cette fonctionnalité sous l'onglet «Outils». Cliquer sur «Options», puis cocher «Save AutoRecover info every» (dans la version anglaise) et spécifier l'intervalle en minutes entre les sauvegardes automatiques.

 

 
 

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