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Journée d'étude sur la formation permanente

Les participants suggèrent la fin de l'autofinancement

Guylaine Boucher

Pour la première fois de son histoire, le 17 septembre dernier, le Barreau du Québec organisait une journée de réflexion sur la formation permanente. Objectif : analyser cinq hypothèses de développement susceptibles de remédier, entre autres, aux problèmes d'accessibilité vécus par les avocats pratiquant dans les régions. La centaine de participants à la journée de la réflexion ont recommandé, dans un premier temps, la fin de l'autofinancement du service tel qu'il existe en ce moment. Quand la formation permanente devient prioritaire...

«La formation permanente doit être une priorité pour le Barreau du Québec, au même titre que l'inspection professionnelle, par exemple. Aussi, les frais fixes administratifs qu'elle engendre doivent être assumés par le Fonds général, comme c'est le cas pour les autres services. Il n'y aucune raison que ce soit autrement. C'est la première chose à faire, avant même de penser à introduire la formation obligatoire ou une cotisation obligatoire, qu'elle soit créditable ou non.» Bâtonnière du Saguenay–Lac-Saint-Jean et animatrice d'atelier dans le cadre de la journée de réflexion, Me France Bergeron a, comme les autres avocats présents, réagi au mode de gestion imposé au service de formation permanente. Comme eux, elle s'est montrée en faveur de la quatrième hypothèse visant un repositionnement du financement pour le Service.

Le bâtonnier du Québec, M<sup>e</sup> Denis Mondor, le président du Comité consultatif de la formation permanente, M<sup>e</sup> Alain-Claude Desforges, et le directeur du service de la Formation permanente, M<sup>e</sup> Pierre Chagnon
Le bâtonnier du Québec, Me Denis Mondor, le président du Comité consultatif de la formation permanente, Me Alain-Claude Desforges, et le directeur du service de la Formation permanente, Me Pierre Chagnon

Repartir sur de nouvelles bases

Faisant corps, les participants à la journée d'étude ont en effet réclamé la levée de l'obligation d'autofinancement imposée au service de la Formation permanente dès 2005. «L'autofinancement imposé au Service en a fait une entité à part, obligée de se débrouiller seule, a déploré Me Sophie Gauthier, animatrice d'atelier pour l'occasion. Il faut mettre un terme à cela et viser un financement des coûts variables seulement et non ceux des frais fixes. La Chambre des notaires fonctionnerait, elle, de cette façon, et les choses vont bien. »

En plus d'être intégré au budget de fonctionnement général du Barreau, le Service devrait aussi être allégé de certaines responsabilités selon les participants à la journée de réflexion. Aussi, a expliqué Me Michel Tétreault, «on doit retirer du budget du service certains éléments comme les équivalences de formation et le congrès annuel et revoir certaines dépenses exorbitantes comme la publicité et le loyer. À l'heure actuelle, on a l'impression que l'on dit à la formation permanente : “ Faites un budget et vivez en vase clos, sauf quand on a besoin de vous. ” C'est inacceptable.»

Financer le changement

Concrètement, une fois mise en application, la recommandation avancée laisse derrière elle un manque à gagner de quelque 700 000 $ dans le budget du Barreau, soit l'équivalent des frais de fonctionnement attribuables au service. Pour combler cet écart, les participants à la journée de réflexion se sont dits ouverts à l'imposition d'une cotisation obligatoire. Pas question toutefois d'adopter cette approche d'emblée. «Pour savoir combien coûte vraiment la formation permanente comme priorité, il faut le vivre. Aussi, affirme France Bergeron, avant d'imposer une cotisation obligatoire, il faudrait fonctionner pendant une certaine période de temps avec le service intégré dans le fonds de roulement du Barreau et réagir ensuite.»

Une position qui trouve son écho du côté de la Côte-Nord. Selon sa bâtonnière, Me Brigitte Bhérer, «une analyse des budgets du Barreau devrait être faite avant de penser aller chercher de l'argent supplémentaire dans les poches des membres. On ne doit pas opter pour la solution facile.»

Peu importe les gestes posés, la majorité des participants à la journée de réflexion, dont Me Michèle Moreau, ont aussi réclamé une grande transparence dans le processus. «Nous ne voulons pas de grosse machine difficile à gérer. Si nous décidons de mettre de l'avant un fonds dédié à la formation permanente, qui pourrait aider par exemple les gens en région à suivre certaines formations, il faut que tout soit fait dans la plus grande transparence possible. Il faut gérer le changement de façon serrée.»

C'est aussi parce qu'ils craignent le développement d'un «mégaservice» très coûteux que les participants à la journée de réflexion ont rejeté en bloc (7 ateliers sur 8) la formation obligatoire. À l'opposé, plusieurs se sont montrés favorables à une utilisation accrue des nouvelles technologies, notamment pour l'organisation de formations en région. Ils ont aussi prôné la conclusion de partenariats avec certains organismes offrant déjà des formations, afin non seulement d'élargir les services disponibles, mais aussi, peut-être, pour en arriver à un éventuel partage des coûts. Une invitation à l'innovation que le bâtonnier du Québec, Denis Mondor, a affirmé avoir bien entendue. «Les messages lancés sont très clairs. Rien de tout cela ne restera sur les tablettes. Nous avons encore de belles semaines devant nous pour faire avancer les choses et nous le ferons», a-t-il dit en guise de conclusion.

Les recommandations avancées touchant l'ensemble du Barreau, elles seront présentées au Conseil général qui aura à prendre position sur la question.

 

 
 

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