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La section de Saguenay– Lac-Saint-Jean en bref

Redorer l'image de la profession

Guylaine Boucher

Avec ses huit palais de justice et sa dizaine de juges en fonction, le Barreau du Saguenay–Lac-Saint-Jean figure parmi les mieux pourvus en matière d'infrastructure et de ressources. Pour la bâtonnière, Me France Bergeron, la véritable lutte à mener se situe donc sur d'autres fronts que ceux traditionnellement défendus par les porte-parole des sections régionales. Depuis son entrée en fonction, l'image de la profession et l'accessibilité de la justice sont au coeur de ses initiatives.

M<sup>e</sup> France Bergeron
Me France Bergeron

«Il y a quelques années dans notre section, nous étions aux prises avec plusieurs cas de pratique illégale et d'empiétement dans notre champ de compétence. Nous sommes donc devenus plus vigilants et, malgré le fait que tout cela se soit résorbé, nous demeurerons plus sensibles que d'autres à la question», explique la porte-parole des avocats du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

C'est cette même trame de fond qui a contribué à sensibiliser les avocats de la région à la perception qu'entretient la population à leur égard. Et, malheureusement, concède France Bergeron, l'image n'est pas toujours bonne.

Une action vaut un plaidoyer

Pour renverser la vapeur, la bâtonnière a entrepris de jumeler un nombre grandissant de jeunes avocats à des organismes communautaires de la région. «On peut améliorer l'image de la profession de plusieurs façons. On peut placer de la publicité et espérer que les gens la voient ou l'entendent. On peut aussi le faire en agissant concrètement dans la collectivité. Comme je suis aussi présidente de Centraide pour la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, cette manière de faire les choses m'intéressait beaucoup.»

Aussi, dans une lettre adressée au tout début de son mandat à l'ensemble des avocats membres de la section, la bâtonnière conviait tout particulièrement les jeunes avocats à devenir membres des conseils d'administration d'organismes communautaires dans le besoin. Au total, une dizaine d'avocats, femmes et hommes, ont répondu à l'invitation. Chacun d'entre eux sera d'ici peu jumelé à un organisme de la région. «L'expérience fait le bonheur de tout le monde, affirme France Bergeron, ravie du fort taux de réponse. Les organismes communautaires peuvent compter sur des professionnels de qualité capables de les conseiller. Les avocats qui sont en début de carrière peuvent se construire un réseau et s'intégrer dans le milieu. Et, globalement, on peut améliorer l'image de la profession auprès de la population en montrant que les avocats viennent en aide aux plus démunis .»

La cour en direct

Inusitée, l'initiative n'est pas la seule activité organisée par la section du Saguenay– Lac-Saint-Jean pour rapprocher les avocats de la population. Le 27 août dernier, la section profitait de l'ouverture des tribunaux pour organiser un procès simulé en droit criminel. Une activité déjà réalisée auparavant, et qui a récolté encore une fois cette année beaucoup de commentaires positifs. « Tous les participants étaient des avocats. Chacun jouait un rôle précis : greffier, avocat de la défense, avocat de la couronne, accusé, etc. Ils ont simulé le déroulement d'un procès, et le juge Rosaire Larouche, qui avait accepté de se prêter au jeu, expliquait les procédures au fur et à mesure. Les personnes présentes ont aussi été invitées à se prononcer sur la culpabilité de l'accusé. Les gens ont très bien participé.»

Cap sur l'éthique

En plus de l'activité grand public, la rentrée des tribunaux offrait la possibilité aux avocats de la section d'assister à une conférence donnée par le juge en chef associé de la Cour supérieure, Robert Pidgeon. L'éthique devant les tribunaux et l'image à véhiculer dans les médias étaient au cÅ“ur des propos développés par le magistrat. «Depuis le début de mon mandat, précise

Me Bergeron, l'idée de rappeler aux avocats les attitudes à adopter devant les tribunaux et les médias était une priorité. L'éthique est fondamentale parce qu'elle influence le comportement des avocats et, plus globalement, la perception de la population à leur égard. La conférence donnée par le juge Pidgeon dans le cadre du dernier congrès du Barreau du Québec était très intéressante et je voulais que tous les avocats de la région puissent l'entendre.» Plus d'une cinquantaine d'avocats assistaient à l'évènement. C'est un signe, selon France Bergeron, «que l'excellence de la pratique intéresse les avocats».

Représentations et palais

Quant à la désuétude des palais de justice, un dossier souvent très chaud ailleurs en province, la bâtonnière Bergeron affirme se faire prudente sur la question. «Comme ailleurs, nous avons certains problèmes. Le palais de justice de Roberval, par exemple, est problématique. Le nombre de salles. notamment, est insuffisant. Des représentations sont faites annuellement auprès du ministère de la Justice depuis près de 10 ans pour rectifier le tir, mais la réponse est toujours négative. Cela dit, quand on compare notre situation à celle de certaines autres régions, on se console.»

La section de Saguenay-Lac-Saint-Jean en bref

319 avocats membres, dont 197 hommes et 122 femmes

8 palais de justice : Alma, Baie-St-Paul, Chibougamau, Chicoutimi, Dolbeau-Mistassini (Point de service), Jonquière, La Malbaie, Roberval

10 juges de la Cour du Québec

4 juges de la Cour supérieure

Source : Section Saguenay—Lac-Saint-Jean

 

 
 

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