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Publié dans un format de moins de 10 pages à ses débuts, le Journal, alors connu sous le nom de Barreau 69, était l'oeuvre d'une femme pleine d'énergie, qui a pris la barre avec brio pour amorcer un nouveau dialogue entre le Barreau et ses membres. Cette capitaine, Céline Petit-Martinon, a raconté au Journal du Barreau-cuvée 2004, les aventures qui ont jalonné les premiers pas de ce nouveau bébé.
Céline Petit-Martinon |
Fort discrète à propos de son âge, Mme Petit-Martinon n'hésite pourtant pas à se qualifier de « mémé flyée ». Même à l'âge de la retraite, la journaliste voyage toujours, tantôt au Maroc, tantôt aux Îles-de-la-Madeleine pour écrire des articles entre autres pour la revue Vins & Vignobles.
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Fondé sous le règne du bâtonnier Claude Gagnon, le Barreau 69 voulait se rapprocher de ses membres. C'est à Céline Petit-Martinon que l'on confie le poste de directrice de l'information.
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Dès la première année d'existence du Journal, lors d'une tournée du Québec, Céline Petit-Martinon a compris l'importance de ce média. « Les membres se plaignaient souvent de ne pas savoir ce que le Barreau faisait pour eux, relate-t-elle. À cette époque, ils voulaient que le Barreau prenne position et défende plus ardemment le rôle des avocats. »
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En plus de veiller à la publication du Journal, Mme Petit-Martinon avait pour tâche d'organiser réunions, congrès et conférences de presse et de superviser la publication de dépliants d'information.
Elle garde d'innombrables souvenirs de l'évènement qui a marqué son passage au Barreau : le Congrès international des avocats de 1970, à Montréal, et celui de 1971, à Paris. Le Barreau du Québec souhaitait à cette époque être reconnu comme un membre à part entière et non comme une sous-section du Barreau canadien. L'organisation du Service d'information du Barreau du Québec a tellement impressionné le bâtonnier de la Belgique qu'il ne s'est pas gêné pour le citer en exemple. Un p'tit velours dont elle n'est pas peu fière!
Dans les publications du Barreau 69 et les suivantes, les lecteurs pouvaient suivre la révision du Code civil, des questions touchant la protection du consommateur, les changements relatifs aux régimes matrimoniaux, la Chronique bête et méchante, papier humoristique sur le monde de la justice et les caricatures du célèbre Girerd, qui a ensuite dessiné pour La Presse. «Mon travail était de donner vie au Journal. Je ne voulais pas seulement le remplir de pages de règlements modifiés», conclut-elle.
Josée Boileau |
C'est en janvier 1996 que Josée Boileau devient rédactrice en chef du Journal. Elle débarque en même temps qu'un désir de renouveau. Le Journal du Barreau adopte à ce moment une nouvelle grille graphique et prend l'allure qu'on lui connaît aujourd'hui. «Je voulais que le Journal du Barreau soit agréable à lire sans être seulement axé sur la profession», explique Mme Boileau.
Elle publie, bien sûr, des nouvelles du Barreau et des articles de fond sans perdre pour autant sa vision généraliste. Grande curieuse de nature, Josée Boileau scrute alors l'actualité pour dénicher des sujets susceptibles d'intéresser le milieu juridique. On retrouve, dans les pages du Journal, des articles sur le scandale du sang contaminé, la responsabilité juridique des grands-parents ainsi que sur les tensions d'alors entre le ministère de la Justice et le Barreau.
Le coup de cÏur de la rédactrice, les grandes entrevues avec des gens du monde juridique qui font la manchette, sa façon à elle de montrer le côté humain de la profession. «Nos entrevues n'avaient pas à rougir. Elles étaient à la hauteur de ce qui était publié dans les grands quotidiens», déclare-t-elle fièrement.
La fonction de rédactrice en chef du Journal du Barreau était taillée sur mesure pour Josée Boileau. Elle se souvient toujours de son entrevue d'embauche, un matin de tempête où les rues de Montréal étaient impraticables. Elle voulait ce poste à tout prix. «C'était clair que le boulot m'était destiné. Le droit était un milieu que je connaissais bien, j'avais des amis avocats et je suivais l'actualité juridique.»
Après des études en droit, en journalisme et en sciences politiques et forte d'une grande expérience tant à La Presse qu'au Devoir et au magazine le Trente, elle décroche le poste.
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Une chance inespérée s'est présentée à elle à Radio-Québec, qui créait une nouvelle émission. Elle se lance alors tête baissée dans cette aventure qui n'a malheureusement pas débouché. Maintenant éditorialiste au quotidien Le Devoir, Josée Boileau ne garde que de bons souvenirs de son passage au Barreau. Un séjour de six mois, qu'elle juge avoir été beaucoup trop court.
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«Beaucoup de chroniques sont demeurées même après mon passage», constate M. Marin, en s'attardant sur la chronique Barreaux de section. «Souvent les barreaux des régions sont tellement occupés qu'ils ne prennent pas le temps d'envoyer les renseignements sur leur évènement. Ils n'étaient pas non plus ajustés à notre horaire de production.» Pour ne rien louper, Marius Marin avait alors mandaté un journaliste pour recueillir directement l'information. Il soutient que l'impact sur les activités des barreaux de section n'a pas tardé à se faire sentir.
Marius Marin |
Le Journal du Barreau était-il lu par la communauté juridique? Évidemment, les avocats sont captifs puisque l'abonnement est automatique. Mais je peux dire que le Journal était lu. Deux sondages ont permis de conclure qu'il était très consulté. Peut-être même plus en région», note M. Marin.
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La publication était aussi un lieu de débat. Il se souvient du fameux Scénario Singapour, un dossier de longue haleine qui stipulait que les avocats devenaient une entreprise de service. «C'était un virage à 180 degrés. Le dossier, très controversé, a fait jaser. C'était un brassage des mentalités. On a reçu beaucoup de lettres ouvertes. J'ai toujours pensé que le Journal est un lieu pour le débat. «a ne me gênait pas. Notre mission était aussi d'informer les membres sur la conclusion du rapport. On a donc publié un numéro spécial pour le vulgariser.»
Tout en étant un outil corporatif, le Journal du Barreau devait aussi répondre au besoin des membres. «C'est la mission du Barreau d'aider les avocats à être meilleurs», déclare M. Marin. Le Journal a épousé naturellement la cause en publiant des comptes rendus de formation pour les avocats. Autant celles données au Barreau qu'ailleurs au Québec, comme à l'UQAM et à l'Université de Montréal. «On m'a toujours permis de sortir du Barreau. C'est bien de le faire, et bien des corporations ne le permettent pas», se réjouit l'ancien rédacteur en chef.
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