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Bianca Jagger, ambassadrice pour la lutte contre la peine de mort auprès du Conseil de l'Europe |
Projet ambitieux s'il en est, abolir la peine de mort passe notamment par la ratification des traités internationaux et l'engagement du plus grand nombre de pays possible. Un réel défi, en ces temps de chasse aux terroristes.
En ouverture de ce congrès, orchestré par Ahmed Othmani, président de Penal Reform International (PRI), et Michel Taube, président d'Ensemble contre la peine de mort (ECMP), les représentants de 11 pays et organismes internationaux d'envergure, dont les Nations unies, ont réitéré leur engagement à l'égard de la Coalition mondiale contre la peine de mort. « Il n'existe pas de justice infaillible, et chaque exécution peut être celle d'un innocent, a affirmé, convaincu, le président de la République française, Jacques Chirac. Pour cela, et parce que la vie humaine est inviolable et sacrée, la peine de mort est inacceptable. »
Philippe Maurice, historien médiéviste, dernier condamné à mort français |
Ahmed Othmani, président de Penal Reform International |
L'Inde n'est d'ailleurs pas le seul État à avoir levé, en 2004, le moratoire interdisant la peine de mort sur son territoire. D'autres pays, comme le Liban, l'Indonésie et les Philippines, l'ont aussi fait. Une situation qui fait dire à Irène Khan, secrétaire générale d'Amnesty International, que « si la cause abolitionniste a beaucoup progressé depuis 30 ans, le chemin vers l'abolition universelle reste long et ardu ». Michel Taube partage entièrement ce point de vue. Ainsi, il déplore le fait que « 31 pays, dont la France et le Canada, n'ont pas encore, à ce jour, ratifié le 2e protocole facultatif relatif au Pacte des droits civils et politiques de l'Organisation des Nations unies, seul texte universel condamnant la peine de mort ». Il réprouve aussi le fait que des démocraties acceptent d'extrader des réfugiés ou des étrangers qui encourent la peine de mort dans leur pays d'origine. « Aujourd'hui, lorsqu'une exécution se produit, la peine de mort ne concerne plus seulement les Chinois, les Iraniens, les Américains, mais bien l'opinion publique internationale et tous les États qui ont aboli la peine de mort. La mondialisation des droits humains change la donne. On ne peut plus prétendre ne pas savoir ce qui se passe ailleurs. »
Piet De Klerk, ambassadeur pour les droits de l'Homme des Pays-Bas |
Les représentants des 11 pays partenaires de l'évènement ont tenu le même discours. Aussi, la Belgique, par la voix de sa porte-parole et conseillère, Maïté de Rue, a dit prôner « le refus absolu de la peine de mort », qu'elle a qualifiée de « guerre de la société contre les citoyens ».
L'ambassadeur pour les droits de l'Homme des Pays-Bas, pays assurant la présidence de l'Union européenne, Piet De Klerk, a convié les États abolitionnistes à condamner la tendance récente à réintroduire la peine de mort dans certains pays, affirmant que « il est de leur devoir de rester fermes sur leurs convictions par respect pour la vie humaine ».
Plusieurs participants, dont Bianca Jagger, ambassadrice de bonne volonté pour la lutte contre la peine de mort auprès du Conseil de l'Europe, ont rappelé le fait que, « quoi qu'en disent les partisans de la peine de mort, il a été démontré à maintes reprises que la peine capitale n'a pas d'effet dissuasif sur la criminalité ». Par contre, a-t-elle, souligné, « il est d'ores et déjà établi que dans un pays comme les États-Unis, qui pratiquent encore la peine de mort, plus de 100 personnes ont été relâchées au cours des dernières années parce qu'elles ont été trouvées innocentes, parfois quelques heures seulement avant leur exécution ».
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