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Le régime d'aide parentale sera financé par chacun d'entre nous à raison de 30 $ par an pour soutenir nos consÏurs et confrères pendant les quelques mois entourant la naissance ou l'adoption d'un enfant.
Au fédéral, les prestations d'assurance-emploi pour les congés de maternité et les congés parentaux ne s'appliquent encore qu'aux travailleurs salariés. Au provincial, le projet, qui semblait pourtant bien amorcé, s'il n'est pas mort au feuilleton, est cependant encore en dormance. En 2001, l'Assemblée nationale avait adopté à l'unanimité le projet de loi 140 créant un régime d'assurance parentale. En plus de prévoir des prestations plus généreuses que le régime fédéral actuel, ce programme avait le mérite de s'appliquer aussi aux travailleurs autonomes. Il ne restait qu'à négocier avec le gouvernement fédéral et à définir les modalités de financement du régime. Trois ans plus tard, nous attendons toujours la mise en vigueur du projet de loi 140.
En mai dernier, un sursaut d'espoir : un mois avant les élections fédérales, les deux paliers de gouvernement signaient une entente de principe pour la création d'un régime québécois d'assurance parentale sur la base du projet de loi 140.
On nous dit qu'une entente finale devrait être conclue, au plus tard le 1er février 2005, pour la mise en vigueur du régime, en 2006. Pour l'heure, deux obstacles restent à franchir : la négociation de l'apport financier du fédéral et le litige fédéral-provincial encore pendant en Cour suprême sur la compétence en matière d'assurance parentale.
Le besoin d'aide parentale pour nos membres travailleurs autonomes est plus que réel, il est criant, et nous ne pouvions simplement demeurer passifs en attendant la création d'un régime gouvernemental. Nous sommes donc passés à l'action.
Le développement et la mise sur pied du programme d'aide parentale est le résultat d'une véritable course à relais : d'abord lancée par le Comité sur les femmes, l'idée a été reprise par la Table de concertation des jeunes avec Me Sophie Gauthier, alors présidente du Jeune Barreau de Québec, qui a véritablement porté le flambeau et soutenu le projet jusqu'à son adoption par le Conseil général, en mars 2003, et par l'assemblée générale, le 31 mai suivant.
La contribution de Me Sophie Gauthier à la création du programme a d'ailleurs été reconnue récemment par le Barreau de Québec, qui lui a décerné le prix Louis-Philippe-Pigeon.
Celui-ci représente un grand pas en avant qui démontre une prise de conscience par nos membres de la dure réalité de la conciliation travail-famille. Car le défi de cette conciliation ne se limite pas à la période du congé de maternité. Nous l'oublions trop souvent. C'est après ce congé que la situation se corse. Atteindre un équilibre entre sa vie personnelle et professionnelle est un défi... tout au long de la vie.
En attendant de nouveaux pas en avant, espérons que notre initiative en matière d'aide parentale aux membres travailleurs autonomes soit contagieuse et que le programme fasse des petits.
Le bâtonnier du Québec,
Denis Mondor
dmondor@barreau.qc.ca
1 Voir l'article de Me Fanie Pelletier. La Chambre des notaires a mis en vigueur un régime semblable le 1er septembre dernier. Ce régime, calqué sur celui du Barreau, a été adopté le 9 octobre 2003, soit quelques mois après le nôtre.
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